L’UE doit lever ses sanctions contre la Russie, mais il faut que Moscou fasse le premier pas, a annoncé l’ex-président français Nicolas Sarkozy, intervenant à l’occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, jeudi 16 juin.

Nicolas Sarkozy, ce jeudi 16 juin, au Forum économique international de Saint-Pétersbourg
Nicolas Sarkozy, jeudi 16 juin, au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Crédits : francais.rt.com

«  Je suis de ceux qui pensent qu’il faut lever les sanctions, que nous avons suffisamment de problèmes comme ça, et que c’est le plus fort qui doit tendre la main le premier, a déclaré Nicolas Sarkozy à Saint-Pétersbourg, avant d’ajouter après une longue pause : Et le plus fort, c’est la Russie et c’est le président Poutine. »

Le président du parti Les Républicains a expliqué s’être entretenu avec le dirigeant russe la veille du forum et lui avoir proposé de lever les contre-sanctions visant les produits européens et américains. «  Je souhaite que Monsieur Poutine annonce le premier la levée de l’embargo alimentaire, et que nous, les Européens, suivions ce mouvement de suppression des sanctions, et que le gouvernement ukrainien applique Minsk-2 », a ajouté M. Sarkozy.

 Le politicien français a également déclaré qu’il s’apprêtait à évoquer prochainement la question du prolongement des sanctions à l’encontre de la Russie avec le commissaire européen Jean-Claude Juncker, également présent à Saint-Pétersbourg. «  Je lui dirai combien il faut faire attention avant de voter la prolongation des sanctions », a affirmé M. Sarkozy.

L’ex-président s’est en revanche prononcé contre une suppression du régime de visas entre la Russie et l’Union européenne, ajoutant que ce n’était pas lié à une quelconque « méfiance envers les Russes » mais que le moment n’était simplement pas bien choisi. « Nous sommes en guerre », a-t-il souligné, faisant référence à l’état d’urgence en France.

M. Sarkozy a aussi profité de son intervention pour proposer à la Russie de participer à la création d’un système européen commun de défense aérienne. « Je veux que l’Europe se dote d’un bouclier anti-missiles mais associons les Russes à ce travail  », a noté le leader du parti des Républicains, ajoutant que sans les Russes, les pays occidentaux ne seront pas non plus en mesure de résoudre la question syrienne. Pour Nicolas Sarkozy, Moscou « doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour qu’il y ait une seule coalition [en Syrie], et pas deux ».

A noter que la semaine dernière, le Sénat français a adopté une résolution invitant le gouvernement à entamer un assouplissement progressif des sanctions contre la Russie. L’Assemblée nationale avait approuvé une demande similaire dès la fin avril dernier. Le Kremlin a salué cette initiative, rappelant que les autorités russes « avaient averti dès le départ qu’elles considéraient le dialogue par les sanctions comme parfaitement infructueux ».

Rappelons que les sanctions économiques ont été adoptées en mars 2014 suite au rattachement de la Crimée à la Russie et en réponse à la « déstabilisation délibérée » de la situation en Ukraine par Moscou. Alors qu’elles devaient expirer fin juillet 2015, ces mesures restrictives ont été prolongées une première fois le 22 juin 2015, avant d’être reconduites en décembre 2015, les portant ainsi jusqu’en juillet 2016.

Discours en intégralité de Nicolas Sarkozy à l’occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg

En visite à Moscou, le ministre français de l’économie, Emmanuel Macron, a déclaré, dimanche 24 janvier, que la France souhaitait lever les sanctions occidentales contre la Russie à l’été 2016 si les accords de Minsk étaient respectés.

Emmanuel Macron à l'ambassade France, dimanche 25 janvier. Crédits : Silvère Milion
Emmanuel Macron à l’ambassade de France à Moscou, dimanche 24 janvier. Crédits : Silvère Milion/FB

« Nous sommes inscrits dans un processus, celui de Minsk, qui scande les relations entre la Russie et l’Union européenne, entre autres. Mais il y a des relations qui ont commencé bien avant et qui doivent se poursuivre, parce que l’objectif de ce processus est le retour à la normale. Et l’objectif que nous partageons toutes et tous, c’est de pouvoir lever les sanctions à l’été prochain, parce que ce processus aura été respecté », a indiqué le ministre, évoquant les accords signés début 2015 dans la capitale biélorusse et visant à mettre fin au conflit dans l’Est de l’Ukraine, sous la médiation conjointe de Paris et de Berlin.

L’Union européenne a adopté des sanctions économiques contre Moscou suite au rattachement de la Crimée, en mars 2014, et pour le rôle présumé de la Russie dans le conflit est-ukrainien. Fin décembre 2015, Bruxelles a prolongé de six mois ces mesures – qui visent les secteurs bancaire, pétrolier et de défense – alors qu’elles arrivaient à échéance fin janvier 2016. En réponse aux sanctions, la Russie a introduit, début août 2014, un embargo sur l’importation de la plupart des produits agroalimentaires européens.

Selon le ministère français de l’économie, les échanges commerciaux franco-russes ont atteint 17 milliards d’euros en 2014, soit une baisse de 6,6 % par rapport à 2013. Pour Bercy, cette réduction du volume des échanges est due à la contraction des exportations françaises vers la Russie (-12,1%, soit 6,7 milliards d’euros), pénalisées notamment par cet embargo russe sur les produits européens.