Viktor Ianoukovitch serait arrivé à Moscou la nuit du 24 au 25 février et serait descendu à l’hôtel Ukraine, situé près de la gare de Kiev. Cette information a été confirmée par une source proche de la direction de l’hôtel.

Viktor Ianoukovitch. Source : chavezcandanga / Flickr
Viktor Ianoukovitch. Source : chavezcandanga / Flickr

Selon cette même source, le président déchu et un groupe de gens auraient passé la nuit du 25 au 26 février au restaurant de l’hôtel, situé au onzième étage.

Les services spéciaux russes auraient assuré sa sécurité lors de son séjour.

Aujourd’hui, selon la source du quotidien économique russe RBK Ianoukovitch serait au sanatorium présidentiel de Barvikha, dans les environs de Moscou. Parmi les gens qui accompagnent Ianoukovitch il y aurait aussi l’ex-procureur ukrainien Viktor Pchonka. Le journaliste de RBK affirme avoir rencontré un homme lui ressemblant dans le hall de l’hôtel Ukraine le 26 février.

Il est pourtant exclu que Ianoukovitch se trouve en Russie, selon Mikhaïl Marguelov, chef du comité sur les affaires internationales au Conseil de la Fédération. « La Russie ne lui accorderait pas l’asile politique », a-t-il déclaré.

Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov a quant à lui annoncé le 26 février qu’il ne savait pas où Ianoukovitch est acuellement. « Je ne dispose pas d’information à ce sujet », a-t-il dit.

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné le 26 février au ministère de la défense de conduire une vérification soudaine de l’aptitude au combat des troupes des districts militaires central et occidental, ainsi que d’un certain nombre de forces spéciales, a déclaré mercredi le ministre de la défense de la Fédération de Russie et général des armées, Sergueï Choïgou.

Les zones concernées sont celles en bleu et vert sur la carte. Crédits : Wikipedia.ru
Les districts militaires concernés sont en bleu et vert sur la carte. Crédits : Wikipedia.ru

« Selon les ordres du président de la Fédération de Russie, aujourd’hui, à 14h, l’alerte a été donnée pour les troupes du district militaire central ainsi que les unités et troupes stationnées sur son territoire, la 2èmearmée du district militaire central, les commandements de la défense aérospatiale, des troupes aéroportées, de l’aviation militaire au long cours et du transport aérien militaire », a déclaré Choïgou en réunion du ministère de la défense de la Fédération.
Choïgou précise que Poutine a ordonné de vérifier la préparation des troupes en cas d’interventions militaires pour la résolution de crises présentant une menace pour la sécurité nationale, mais aussi d’interventions anti-terroristes ou visant à parer à des catastrophes sanitaro-épidémiologiques et technogènes.
La vérification s’effectuera du 26 février au 3 mars, en deux étapes.
Cette annonce intervient en pleine crise en Ukraine, la Crimée ayant réclamé l’aide de la Russie suite à la destitution du président Viktor Ianoukovitch le week-end du 23 février et la constitution imminente d’un gouvernement issu de la révolution ukrainienne qui faisait rage depuis fin novembre 2013. Si Vladimir Poutine ne s’est encore pas exprimé publiquement sur ce sujet, le Premier ministre Dmitri Medvedev avait jugé le 23 février que c’était «une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d’une révolte». «Il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement», avait-t-il dit.
Toutefois, le président russe a déjà ordonné à plusieurs reprises des inspections soudaines des troupes russes depuis son retour au Kremlin en 2012 : la dernière, visant les troupes d’Extrême-Orient, avait eu lieu en juillet dernier.

Alors que le Premier ministre russe Dmitri Medvedev exprimait sa défiance vis-à-vis du gouvernement provisoire ukrainien, la Russie a envoyé une délégation parlementaire en Crimée le 24 février.

Le port de Sébastopol. Crédits: crimea.ua
Le port de Sébastopol. Crédits: crimea.ua

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a exprimé sa défiance vis-à-vis du gouvernement provisoire ukrainien, lors d’une conférence de presse, à Sotchi, le 24 février. « Nous ne serions prêts à reprendre nos relations économiques avec l’Ukraine que dans le cas où elle se doterait d’un pouvoir légitime, fondé sur la Constitution, a-t-il déclaré. Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev en masques noirs et avec des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec lui. »

Pour M. Medvedev, la reconnaissance du gouvernement provisoire ukrainien par certains pays ne serait que le résultat d’un « détournement des faits ».

Le même jour, une délégation parlementaire russe, dirigée par le président du comité de la Douma pour les affaires de la CEI Leonid Sloutsky, est arrivée à Simferopol, capitale administrative de la république autonome ukrainienne de Crimée. M. Sloutsky a confié à RIA Novosti que la Russie était en train de mettre en place des mesures concrètes d’encadrement des familles ukrainiennes qui ne souhaitent pas se détacher de la langue russe.

Le lendemain, des journaux ukrainiens, citant la page Facebook du journaliste local de Novyi Kanal Oleg Krioutchkov, ont écrit que la Russie serait prête à délivrer des passeports russes aux résidents de Crimée et à examiner rapidement une éventuelle demande d’annexion de la république au territoire russe. Ces informations n’ont toutefois pas été confirmées officiellement.

Pour mémoire, l’abolition du statut de langue régionale protégée pour le russe, votée par le Parlement ukrainien le 23 février, a instantanément provoqué une vague de manifestations dans toute la partie russophone de l’Ukraine. C’est à Sébastopol que la tension a été le plus fortement ressentie, où plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont élu un nouveau maire (à la place de Vladimir Yatsouba, nommé par Kiev), l’homme d’affaires russe Alekseï Tchaly, et où le drapeau tricolore russe orne désormais la façade de la mairie.