Faits divers littéraires… ou pas

Avez-vous déjà remarqué que, presque systématiquement dans les romans de Dostoïevski, vient à un moment ou à un autre une scène au cours de laquelle un personnage jette des billets, au choix : par terre, au feu, ou à la figure de quelqu’un ? Les raisons ne sont pas forcément les mêmes, mais dans tous les cas, à l’argent est opposée une idée supérieure, une chose à laquelle on peut sacrifier ce bien matériel pourtant essentiel.

De la neige, des chats, des raviolis géorgiens

J’avais évoqué, il y a deux ans, le village d’Oïmiakon, très connu en Russie malgré sa population de seulement cinq cents habitants : situé dans l’extrême nord-est russe, en République de Sakha, il est en effet l’un des lieux d’habitation les plus froids de Russie et, en janvier 2019, il s’était illustré pour avoir proposé un marathon (un vrai, de quarante-deux kilomètres) par… -52 degrés. L’épreuve avait réuni pas moins de seize sportifs, ce qui, quand on y pense, n’est pas si mal au vu des conditions.

Chroniques bancaires insolites

J’avais évoqué, dans un article de juillet 2019 sobrement intitulé Fête du slip, la profusion des célébrations diverses et « Journées nationales de… » en Russie, dont certaines sont franchement bizarres. Parallèlement à des commémorations païennes et des « journées nationales » célébrant un jour le verre à facettes soviétiques, le lendemain les chats de Saint-Pétersbourg, chaque corps de métier ou presque a la sienne. Nous fêtons donc aujourd’hui les… employés de banques.

Problème… solution ?

J’ai commencé ma semaine en prenant des nouvelles du malheureux étudiant d’Omsk de la dernière chronique, qui suivait ses cours en ligne, perché au sommet d’un bouleau de huit mètres. Son histoire a, depuis, fait le tour de la Russie, et il est même passé dans l’émission de télévision du comique Ivan Ourgant. Avec tout ce raffut, impossible d’ignorer le problème ‒ il a donc été reçu le week-end dernier par Alexandre Bourkov, le gouverneur de la région d’Omsk.

Trois faits divers pour relativiser votre début d’hiver

On me rétorquera peut-être à la lecture de ce titre que l’hiver n’a pas encore officiellement commencé, puisque nous ne sommes qu’en novembre ; certes, mais n’avez-vous pas, pour autant, une sensation d’hiver ? Ce froid dont on avait perdu l’habitude, cette nuit qui tombe en fin d’après-midi, ce confinement qui nous prive des quelques divertissements destinés à oublier la saison qui arrive ? N’est-ce pas suffisant pour se croire en hiver, et même, pour se dire : «Mon hiver commence mal» ?

Au feu !

Cette semaine s’ouvre en Russie le procès du lycéen qui a incendié son établissement scolaire en janvier dernier afin de ne pas avoir à retourner en cours. J’avais évoqué ce fait divers il y a quelques mois, et retomber dessus à cette occasion m’a laissée songeuse : pourquoi trouve-t-on, en Russie, autant d’événements petits ou grands liés au feu ? Par exemple, il existe une interminable page Wikipédia exclusivement dédiée aux incendies de Moscou dans l’histoire, c’est dire !

Brèves de presse gogoliennes

Coronavirus ou pas, les périodes rythmant l’année s’enchaînent implacablement, voire se chevauchent – et je le dis en connaissance de cause, ayant reçu avant même la Toussaint un catalogue de jouets pour Noël. Dans la presse russe commencent également à arriver les premières brèves «spécial fêtes de fin d’année», où des faits divers absurdes ou sordides se jouent sur fond d’une poétique atmosphère de flocons et de cadeaux.

Marina Ougodskaïa, la Cendrillon des élections municipales

En chinant les informations insolites de la semaine passée, j’ai découvert que j’étais, en septembre, passée à côté d’une étonnante histoire semblant tout droit sortie d’un conte. Les élections municipales russes ont beaucoup occupé la presse internationale, et j’avais moi-même dressé le palmarès des bureaux de vote les plus insolites : la démocratie à tout prix avait en effet vu des troncs d’arbres se transformer en tables de vote et des coffres de voiture en isoloirs de fortune.

Gardez le sourire !

Quand il n’y en a plus, il y en a encore : vous vous croyiez sorti des gros titres sur le coronavirus ? Tout repart à la hausse, y compris les obligations sanitaires, et cela rend visiblement nerveux un certain nombre de personnes – notamment lorsqu’il s’agit de faire la queue cinq heures avant de pouvoir effectuer un test PCR. La suite de ce moment désagréable en soi est également source d’angoisse : résultat disponible dans vingt-quatre heures… ou quarante-huit… ou même trois, cinq, huit jours.

Comment lutter (inefficacement) contre le destin

L’inauguration de petits monuments locaux revient souvent dans mes chroniques : j’ai récemment évoqué une statue élevée en l’honneur des pelmeni, puis, il y a un an celle dédiée à la scie… Et encore, je vous passe les inaugurations régulières de toilettes publiques en plastique ou de nouveaux emplacements à poubelles, qui se font toujours en grande pompe avec présence du maire et ruban rouge coupé aux ciseaux, sous le regard de quelques habitants s’étant déplacés pour l’occasion.