La légende du « match de la mort »

Vie et mort d’une légende tenace du football soviétique : le match héroïque du Dynamo Kiev contre l’occupant allemand.

Nous sommes le 9 août 1942. Dans Kiev occupée par les nazis, d’anciens joueurs du Dynamo Kiev affrontent l’équipe de la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, fierté du IIIe Reich. Il s‘agit, pour les occupants, de démontrer aux yeux du public la supériorité de la race aryenne sur les « sous-hommes » slaves. L’enjeu est énorme. En coulisses, les Russes ont été prévenus : s’ils gagnent, ils seront fusillés. C’est alors que se produit l’impensable : malgré la faim, la peur, la brutalité de l’adversaire, malgré la partialité de l’arbitre allemand, le FC Start se transcende et l’emporte par cinq buts à trois devant un public en délire. Immédiatement après le match, ses joueurs sont poussés hors de terrain à coups de crosse et abattus.

L’histoire est connue dans tous les pays de l’ex-URSS. Dès 1943, la presse soviétique s’en fait l’écho. Un film russe, Troisième mi-temps, en a été tiré en 1962. Aujourd’hui encore, une statue commémore, près du stade du Dynamo Kiev, le sacrifice de ces joueurs. C’est le mythe fondateur du club. Il n’y a qu’un problème : l’histoire est entièrement fausse.

Le « match de la mort » a pourtant bel et bien eu lieu, opposant le FC Start au « Flakelf ». Le premier était un club formé par d’anciens joueurs du Dynamo après la prise de Kiev par les Allemands ; […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Léo Vidal-Giraud

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Quand les Soviétiques inventaient le cinéma en 3D

Fondé en 1929 pour équiper en caméras la jeune industrie cinématographique soviétique, l’Institut expérimental de cinématographie a inventé le cinéma en trois dimensions dès les années 1940. Aujourd’hui, le laboratoire survit grâce à des commandes privées, tandis que les prototypes prennent la poussière dans un vieil immeuble stalinien du centre de Moscou. C’est l’un de ces grands ensembles néo-classiques staliniens que l’on trouve à travers Moscou, avec ses arches monumentales, ses colonnades en brique beige et ses bas-reliefs défraîchis à la gloire du prolétariat. Alentour, de vastes esplanades, de larges artères encombrées de voitures et des rues baptisées en l’honneur des héros du travail socialiste. Nous sommes dans la Moscou stalinienne, celle du soviétisme triomphant d’après-guerre. L’Institut scientifique expérimental de cinématographie et de photographie (NIKFI) y occupait autrefois un bâtiment entier, juste en face de l’académie des cadres du Parti communiste de l’Union soviétique. Aujourd’hui, cette dernière est devenue une université d’économie, tandis que le NIKFI s’est ratatiné. Seuls deux étages d’une petite aile de lui sont réservés, dans un édifice qu’il partage désormais avec un centre d’affaires, une banque, deux restaurants japonais, une pizzeria et une agence de voyages. Si l’immeuble date des années 1950, l’histoire du NIKFI remonte à la fin des années 1920. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 novembre 2018
Société

Explosion en Crimée : ce que l’on sait

Les faits Mercredi 17 octobre, vers midi, une bombe artisanale explose dans un institut technique de la ville de Kertch. L’explosion est suivie d’une fusillade. Le bilan humain s’établit à 19 morts et 47 blessés, dont plusieurs sont dans un état critique.L’état d’urgence est proclamé à Kertch et la surveillance du Pont de Crimée renforcée. Des blindés sont déployés dans les rues.Sur les réseaux sociaux russes, la thèse de l’attentat est aussitôt évoquée. Le sénateur russe Franz Klintsevitch parle d’une éventuelle « piste ukrainienne »,[…] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 octobre 2018
Politique

À Moscou, les hipsters n’iront pas voter

Les élections du maire de Moscou sont prévues le 9 septembre. Malgré tous les efforts de la municipalité pour stimuler la participation, l’absence d’une réelle concurrence face au maire sortant Sergueï Sobianine, soutenu par le pouvoir, détourne les classes aisées de l’élection. 14H le samedi après-midi, c’est l’heure de pointe au marché Danilovski. Sous la grande coupole de béton qui réverbère les conversations et crée une rumeur permanente, une foule plutôt jeune, composée pour l’essentiel de familles et de couples venus avec leurs enfants en bas âge, arpente les allées entre les magasins de légumes biologiques, les stands vendant des smoothies « détox » à base de mangue et de chou kale et les échoppes proposant, à la mode street food, la cuisine des meilleurs restaurants de Moscou. La concentration de barbes élaborées, de tatouages et de sneakers de marque atteint des niveaux inquiétants.Tracts électoraux et tomates bio Près de l’entrée principale, entre une boutique de kvas artisanal et un maraîcher vendant des produits fermiers russes (du dernier chic en ce moment), un jeune homme distribue à la cantonade prospectus et badges aux couleurs (blanc, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 septembre 2018