Coupe du monde : le miracle de la normalité

Le déroulement parfait de la Coupe du monde en Russie a surpris les Russes eux-mêmes. Pour Evgueni Zuenko, rédacteur en chef du quotidien sportif Sport-Express, la normalité de la compétition est justement son plus grand miracle.

Ce mois-ci, un miracle s’est produit en Russie. Le pays n’a pas lancé de nouveaux missiles, n’a envahi personne par surprise, n’a pas pris le monde entier de court avec un de ces coups de théâtre géopolitiques dont il a le secret. Pourtant, il s’est passé quelque chose d’inattendu : la Russie s’est conduite comme un pays normal. Un pays bienveillant avec une capitale gigantesque et multiculturelle, qui a accueilli des centaines de milliers de touristes et organisé l’événement sportif le plus populaire qui soit : la Coupe du monde de football.

« On prédisait des hordes d’ultranationalistes et de hooligans, des esclaves nord-coréens, la police faisant la chasse aux LGBT, des cadavres de chiens errants, etc. »

L’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie était, dès le départ, vouée aux controverses. Son attribution avait le parfum du scandale ; les Anglais, concurrents malheureux, crièrent à la fraude et à la corruption. Puis vinrent s’ajouter la crise ukrainienne, la Crimée, les sanctions, la Syrie et l’affaire Skripal. Même dans le domaine purement sportif, se succédèrent le scandale de dopage, les révélations de Rodchenkov, […]

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Traduit par Léo Vidal-Giraud