Coupe du monde : le miracle de la normalité

Le déroulement parfait de la Coupe du monde en Russie a surpris les Russes eux-mêmes. Pour Evgueni Zuenko, rédacteur en chef du quotidien sportif Sport-Express, la normalité de la compétition est justement son plus grand miracle.

Ce mois-ci, un miracle s’est produit en Russie. Le pays n’a pas lancé de nouveaux missiles, n’a envahi personne par surprise, n’a pas pris le monde entier de court avec un de ces coups de théâtre géopolitiques dont il a le secret. Pourtant, il s’est passé quelque chose d’inattendu : la Russie s’est conduite comme un pays normal. Un pays bienveillant avec une capitale gigantesque et multiculturelle, qui a accueilli des centaines de milliers de touristes et organisé l’événement sportif le plus populaire qui soit : la Coupe du monde de football.

« On prédisait des hordes d’ultranationalistes et de hooligans, des esclaves nord-coréens, la police faisant la chasse aux LGBT, des cadavres de chiens errants, etc. »

L’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie était, dès le départ, vouée aux controverses. Son attribution avait le parfum du scandale ; les Anglais, concurrents malheureux, crièrent à la fraude et à la corruption. Puis vinrent s’ajouter la crise ukrainienne, la Crimée, les sanctions, la Syrie et l’affaire Skripal. Même dans le domaine purement sportif, se succédèrent le scandale de dopage, les révélations de Rodchenkov, […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Traduit par Léo Vidal-Giraud

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Quand les Soviétiques inventaient le cinéma en 3D

Fondé en 1929 pour équiper en caméras la jeune industrie cinématographique soviétique, l’Institut expérimental de cinématographie a inventé le cinéma en trois dimensions dès les années 1940. Aujourd’hui, le laboratoire survit grâce à des commandes privées, tandis que les prototypes prennent la poussière dans un vieil immeuble stalinien du centre de Moscou. C’est l’un de ces grands ensembles néo-classiques staliniens que l’on trouve à travers Moscou, avec ses arches monumentales, ses colonnades en brique beige et ses bas-reliefs défraîchis à la gloire du prolétariat. Alentour, de vastes esplanades, de larges artères encombrées de voitures et des rues baptisées en l’honneur des héros du travail socialiste. Nous sommes dans la Moscou stalinienne, celle du soviétisme triomphant d’après-guerre. L’Institut scientifique expérimental de cinématographie et de photographie (NIKFI) y occupait autrefois un bâtiment entier, juste en face de l’académie des cadres du Parti communiste de l’Union soviétique. Aujourd’hui, cette dernière est devenue une université d’économie, tandis que le NIKFI s’est ratatiné. Seuls deux étages d’une petite aile de lui sont réservés, dans un édifice qu’il partage désormais avec un centre d’affaires, une banque, deux restaurants japonais, une pizzeria et une agence de voyages. Si l’immeuble date des années 1950, l’histoire du NIKFI remonte à la fin des années 1920. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 novembre 2018
Société

Explosion en Crimée : ce que l’on sait

Les faits Mercredi 17 octobre, vers midi, une bombe artisanale explose dans un institut technique de la ville de Kertch. L’explosion est suivie d’une fusillade. Le bilan humain s’établit à 19 morts et 47 blessés, dont plusieurs sont dans un état critique.L’état d’urgence est proclamé à Kertch et la surveillance du Pont de Crimée renforcée. Des blindés sont déployés dans les rues.Sur les réseaux sociaux russes, la thèse de l’attentat est aussitôt évoquée. Le sénateur russe Franz Klintsevitch parle d’une éventuelle « piste ukrainienne »,[…] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 octobre 2018
Politique

À Moscou, les hipsters n’iront pas voter

Les élections du maire de Moscou sont prévues le 9 septembre. Malgré tous les efforts de la municipalité pour stimuler la participation, l’absence d’une réelle concurrence face au maire sortant Sergueï Sobianine, soutenu par le pouvoir, détourne les classes aisées de l’élection. 14H le samedi après-midi, c’est l’heure de pointe au marché Danilovski. Sous la grande coupole de béton qui réverbère les conversations et crée une rumeur permanente, une foule plutôt jeune, composée pour l’essentiel de familles et de couples venus avec leurs enfants en bas âge, arpente les allées entre les magasins de légumes biologiques, les stands vendant des smoothies « détox » à base de mangue et de chou kale et les échoppes proposant, à la mode street food, la cuisine des meilleurs restaurants de Moscou. La concentration de barbes élaborées, de tatouages et de sneakers de marque atteint des niveaux inquiétants.Tracts électoraux et tomates bio Près de l’entrée principale, entre une boutique de kvas artisanal et un maraîcher vendant des produits fermiers russes (du dernier chic en ce moment), un jeune homme distribue à la cantonade prospectus et badges aux couleurs (blanc, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 septembre 2018