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Coupe des confédérations : une répétition générale pour la Russie avant 2018

La Coupe des confédérations 2017, principal tournoi de football de l’année, débute samedi 17 juin en Russie. Le magazine russe Ogoniok revient sur l’histoire et les particularités de ce tournoi, ainsi que sur les principales innovations auxquelles doivent s’attendre les supporteurs russes.

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Les pays participants à la Coupe des confédérations 2017 sont la Russie, l’Allemagne, l’Australie, le Chili, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Portugal et le Cameroun. Crédits : FIFA

Ce qui est certain, avec cette Coupe des confédérations, c’est que la grande nouveauté ne sera pas liée avec les équipes venues en Russie. Cette première a en réalité déjà eu lieu il y a six mois – en décembre 2016 précisément, quand, à la 29e minute de jeu de la demi-finale du championnat du monde entre les Colombiens de l’Atletico et les Japonais du Kashima Antlers, l’arbitre hongrois Viktor Kassai a brusquement sifflé un arrêt de jeu et couru vers la limite latérale du terrain. Là, les arbitres de réserve lui ont montré sur un écran que deux minutes plus tôt, l’Atletico avait fait une faute dans la surface de réparation et qu’il fallait accorder un penalty.

Kassai l’a fait, le club japonais a gagné le match, et les Colombiens n’ont pu s’en prendre qu’à la malchance et à la fichue assistance vidéo à l’arbitrage, introduite pour la première fois à l’occasion de ce tournoi. Quelques mois plus tard, la FIFA, malgré une vague de mécontentement, déclarait que l’assistance vidéo à l’arbitrage avait bien sa place dans le football. Et la prochaine compétition directement concernée serait la Coupe des confédérations 2017.

Un tournoi test

Plus généralement, la Coupe des confédérations a un destin assez inhabituel. Elle est née en 1992 en Arabie saoudite, quand le roi Fahd ben Abdelaziz Al Saoud a décidé d’organiser une compétition de football chez lui, en invitant des champions issus de trois confédérations : l’Afrique, l’Amérique centrale et du Nord et l’Amérique du Sud. À quatre, les participants d’alors – Argentine, États-Unis, Côte-d’Ivoire et Arabie saoudite – se sont disputés le premier trophée ; et ils ont été les premiers à mettre en circulation la formule, désormais familière, de « tournoi des champions ».

Depuis, les équipes concourent désormais à huit et la Coupe est passée sous l’aile de la Fédération internationale de football. Mais du point de vue sportif, elle demeure une compétition disputée exclusivement par des champions. Plus les hôtes du tournoi.

Or, malgré un panel de participants désormais représentatif, la Coupe des confédérations de la FIFA continue d’être considérée par beaucoup comme un tournoi « test ». Cette réputation est liée en premier lieu au fait que le pays organisateur a l’occasion d’y mettre à l’épreuve en conditions « de combat » ses nouveaux stades, hôtels t autres infrastructures et d’en tirer des conclusions afin de se préparer à accueillir le Championnat du monde de football (qui a traditionnellement lieu un an après la Coupe des confédérations).

D’ailleurs, la Coupe des confédérations sert, depuis sa toute première édition, d’espace de lancement pour diverses idées nouvelles et audacieuses : depuis la technologie sur la ligne de but jusqu’à l’assistance vidéo à l’arbitrage, qui vient d’être introduite pour la prochaine édition. Concernant les matchs à Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan et Sotchi, cela signifie que les arbitres vont désormais visionner les moments contestés, et que leurs assistants pourront leur suggérer d’intervenir au cas où quelque chose leur aurait échappé.

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Entrainement de l’équipe d’Allemagne à Sotchi. Crédits : FIFA

Les savoir-faire russes

Ainsi, le tournoi qui doit se dérouler du 17 juin au 2 juillet sera l’occasion pour les supporteurs de découvrir, outre les innovations technologiques introduites par la FIFA, des savoir-faire spécifiquement russes, mis au point précisément en vue du championnat du monde de football en 2018.

La première de ces inventions est le passeport du supporteur – ce document qui sera indispensable pour assister à tous les matchs. Ce sont les événements tristement célèbres en France, l’année dernière, au moment du championnat d’Europe, qui ont poussé les autorités russes à décider de réitérer l’expérience olympique de Sotchi lors du championnat du monde de football en 2018. Les désordres de Marseille ont en effet porté un coup à l’image de tout le football russe. Et le passeport du supporteur est précisément LA mesure préventive qui doit permettre d’éviter ce genre de débordements et de redorer le blason de la discipline.

Du strict point de vue de la sécurité, le passeport du supporteur permet d’identifier les contrevenants et de prendre contre eux des mesures adéquates. Mais le document ouvre aussi toute une série de possibilités aux supporteurs ordinaires. En particulier, la gratuité des transports publics dans les villes organisatrices et entre elles. Il faut dire que cet aspect a soulevé des questions chez certains supporteurs, sur le thème : Le billet gratuit, c’est super, mais faire deux jours et demi de train pour aller d’Adler (Sotchi) à Kazan, c’est un plaisir dont on se passerait aisément… Dans le même temps, au moment du Championnat du monde 2018, les distances entre les villes seront encore plus grandes, et alors, les supporteurs devront choisir : soit faire de sérieuses économies en voyageant gratuitement, mais longtemps – soit se débrouiller pour trouver, seuls, des moyens de transport alternatifs.

Le passeport du supporteur offre aussi un avantage de taille pour les étrangers : pendant toute la durée du championnat, ils n’auront pas besoin de demander de visa russe – il leur suffira, pour entrer sur le territoire, de présenter leur passeport de supporteur accompagné du ou des billets pour les matchs. À noter toutefois, rappellent les organisateurs : le passeport du supporteur ne fonctionnera pas encore dans sa pleine mesure lors de la Coupe des confédérations. Mais si cette expérience partielle s’avère réussie, le document ouvrira, au moment du championnat de 2018, de nouveaux avantages : réductions dans les musées, les théâtres et autres lieux culturels et de loisir.

Clip promotionnel de la Coupe des confédérations 2017 en Russie

Les pays participants à la Coupe des confédérations 2017 sont la Russie, l’Allemagne, l’Australie, le Chili, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Portugal et le Cameroun. Les matchs sont organisés à l’Otkrytie Arena de Moscou, à la Kazan-Arena, au Stade Krestovski de Saint-Pétersbourg et au stade olympique Ficht à Sotchi. La première rencontre oppose, samedi 17 juin, la Russie à la Nouvelle-Zélande.

Traduit par Julia Breen

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