Formule à Sotchi. RIA Novosti

Les sept tentatives d’organiser une course de Formule 1 en Russie

C’est ce dimanche 12 octobre qu’aura lieu la première édition du Grand Prix de Russie de Formule 1. La course se tiendra sur l’Autodrome de Sotchi, spécialement construit pour l’occasion. Sports.ru se souvient des sept tentatives échouées d’accueillir le Grand prix en Russie.

  • Années 1960, Touchino

Le premier projet sérieux d’organisation d’une course de Formule 1 date de l’URSS des années 60. La conception du circuit automobile avait été confiée à la chaire d’ingénierie de l’Institut technique de construction des routes de Moscou, une délégation de la Fédération du sport automobile d’URSS s’était rendue sur l’étape de Silverstone, et on était prêt à construire la piste n’importe où : sur la chaussée de Minsk ou les carrières de Lioubertsy. Finalement, le choix s’est fixé sur le territoire de la rivière Skhodnya, à Touchino.

Cause de l’échec

Le projet s’est avéré trop grandiose : hôtel de 5000 places, tribunes pour 150 000 visiteurs. Le coût total, en valeur de l’’époque, atteignait 40 millions de roubles, et on a finalement décidé de renoncer à la construction.

  • Années 1980, Monts-aux-Moineaux

On n’est revenu à l’idée de la tenue d’un Grand Prix à Moscou que quinze ans plus tard. Bernie Ecclestone, qui était déjà alors une figure clé de la Formule 1 et le propriétaire, en pratique, de tous les droits commerciaux, ne cachait pas son intérêt pour l’organisation d’une telle étape.

« Les Jeux olympiques se tiennent dans un pays une fois tous les 50 ans au mieux, alors qu’une course de Formule 1, on peut l’organiser chaque année », proclamait Bernie à l’époque.

En juin 1982, il a écrit une lettre au secrétaire général du Bureau central du PCUS Leonid Brejnev, et reçu son accord. Brejnev, qui passait pour un grand amateur de sport automobile, était certainement plus intéressé que quiconque en URSS à la conduite du Grand Prix. Mais c’est à Ecclestone que cela tenait le plus à cœur : il voulait, envers et contre tout, organiser une course de l’autre côté du « rideau de fer ». Au nom du Grand Prix, l’Anglais était même prêt à s’acquitter de toutes les dépenses.

Finalement, un accord préalable a été obtenu – la course devait se dérouler en août 1983 sur le Mont-aux-Moineaux, et avait même été inscrite au calendrier du championnat du monde.

Cause de l’échec

Tout a échoué à cause du manque d’intérêt du gouvernement de l’URSS après la mort de Brejnev, et celle également du vice-président de la Fédération internationale de sport automobile, Afanassiev (qui était une des figures-clés de la préparation du Grand Prix). […]

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Opinions

Va au diable, Davos !

Les oligarques russes Viktor Vekselberg (président du conseil d’administration du groupe Renova), Oleg Deripaska (PDG des entreprises Rusal et En+ GroupRusal) et Andreï Kostine (directeur de la banque VTB), sous le coup des sanctions américaines, ont été priés par les organisateurs du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, de ne pas se rendre à la prochaine édition de l’événement, en janvier 2019. En réponse, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a prévenu que, si cette décision était maintenue, l’ensemble des officiels et des grands patrons du pays pourraient, eux aussi, refuser d’y participer. Dans un édito pour Gazeta.ru, Mikhaïl Zakharov revient sur cette éventualité d’un boycott russe de Davos. L’interdiction signifiée de facto à certains hommes d’affaires russes de participer au prochain forum de Davos pourrait provoquer un scandale encore plus retentissant, sur le plan symbolique, que le énième train de sanctions américaines. En pratique, les conséquences seraient comparables : désagréables, mais pas fatales. Toutefois, si la Russie, dans son histoire récente, ne compte plus les sanctions occidentales, elle n’a, en revanche, jamais manqué un seul Davos. Le boycott qui se profile a, lui, toutes les chances d’être total : si les hauts fonctionnaires et les présidents des grands conglomérats d’État ne vont pas à Davos, personne n’ira. Davos en Russie est, en effet, un peu plus que Davos. Pour notre élite politique et économique, le forum fait office de grande parade annuelle des réalisations et des réussites du pays. Davos est un peu à la Russie d’aujourd’hui ce que le parc des expositions VDNKh était à l’URSS. À ceci près que les banquiers et les vice-Premiers ministres ont remplacé les éleveuses de porcs et les bergers… « Planète tellurique » Durant de nombreuses années, Davos a été la « planète tellurique » des grands patrons russes. C’est là que se règle, en 1996, la question de savoir si Boris Eltsine sera ou ne sera pas le premier président de la Fédération ; si la Semibankirchtchina – les sept oligarques les plus puissants du pays pendant les années 1990 – en avait décidé autrement (en préférant Ziouganov, par exemple), […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

4 décembre 2018
Culture

Vladimir Sorokine : « Gelée, la pourriture n’a pas d’odeur »

Vladimir Sorokine est l’un des plus grands écrivains russes contemporains. Il vient de publier, en août, un nouveau recueil de nouvelles, intitulé Le Carré blanc, du nom de l’une d’entre elles, consacrée au metteur en scène Kirill Serebrennikov.Le glacis soviétique qui recouvre le présent, les opritchniks [redoutable milice d’Ivan le Terrible, ndlr] ordinaires, la vie textuelle sur Facebook et les bienfaits d’une conscience claire… : l’auteur s’entretient, pour la revue Meduza, avec le critique de cinéma Anton Doline. Anton Doline : Votre précédent roman, Manaraga, laissait une impression de légèreté, presque de bonheur. À l’inverse, Le Carré blanc est oppressant. Le futur y est une sorte de présent qui s’éternise, tissé de passé, sorte de boucle temporelle dans laquelle nous sommes tous coincés, sans issue possible. Vladimir Sorokine : Certainement parce que la Russie s’est installée dans une situation très particulière. J’entends beaucoup de jeunes gens dire qu’ils ne voient pas l’avenir comme un vecteur. Le présent semble avoir ralenti, puis s’être arrêté, et il est peu à peu recouvert, écrasé par le passé. Et devant, il n’y a qu’un mur. Probablement ces impressions existentielles transpercent-elles dans Le Carré blanc. C’est un livre sur aujourd’hui, où hier est présent, et même omniprésent. « La glace du passé se glisse dans nos vies, apportant avec elle le froid et l’odeur de l’époque soviétique, ses débris. » A. D. : Dans près de la moitié des nouvelles du recueil, je me suis surpris à penser que tout était absolument familier, sans que l’on puisse dire à quelle époque on se trouve. On reconnaît la langue, les vêtements, et dans le même temps, on ne sait pas si l’on est en 2018 ou en 1984. Le banquet du récit L’ongle, par exemple : quand se déroule-t-il ? V.S. : Il s’agit des années 1980 : d’un morceau de ce glacier parvenu jusqu’à nous. La glace du passé se glisse dans nos vies, apportant avec elle le froid et l’odeur de l’époque soviétique, ses débris : « TASS est autorisé à annoncer… » ; les nouvelles normes d’éducation patriotique ; les « héros du travail » ; la peur des « Organes » de police et de justice ; les dénonciations ; les procès absurdes, montés de toutes pièces ; les « baptêmes » de pionniers sur la place Rouge… À ceci près qu’aujourd’hui, les pionniers peuvent aussi aller faire de vraies prières. Dans ce passé qui nous asphyxie, tout se mélange et s’inverse. J’ai l’image d’une machine à voyager dans le temps qui serait tombée en panne. Elle est figée. Et nous devons soit la débrancher, soit la faire redémarrer. A. D. : Dans l’art, la glace est généralement le symbole de choses éphémères : elle fond. Pas dans vos livres. Au contraire, chez vous, la glace gèle tout autour ; c’est le début d’un âge de glace, qui recouvre peu à peu les phénomènes et les choses… V.S. : La Russie est gelée. Je n’ai rien inventé ; tout le monde parle d’hiver politique. Dans ce livre, je voulais transmettre l’odeur de ce glacier. A. D. : Mais cet hiver permanent dans lequel nous vivons semble nous convenir, nous nous y sentons à l’aise… V.S. : Oui : gelée, la pourriture ne sent rien. La plupart des gens ne perçoivent pas ces odeurs. Mais j’ai les narines sensibles à tout ce qui est soviétique. Anton, puis-je vous poser une question ? Vous dites que ce recueil est sombre, mais avez-vous ri ? A. D. : D’un rire franc ? Jamais. C’est ce qu’on vous reproche d’ailleurs : de rire à propos de choses dont on ne doit pas rire. À propos de l’affaire Serebrennikov… V.S. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 septembre 2018
Société

Grigori Sverdline : « L’urgence est de ne pas laisser les gens mourir de froid ou de faim »

À 38 ans, Grigori Sverdline, dirige la plus ancienne organisation pétersbourgeoise d’aide aux sans-abri : Notchlejka [Asile de nuit]. Interviewé par Nouria Fatykhova, coordinatrice du programme Démocratie de la Fondation Heinrich Böll Russie pour Colta.ru, il revient sur son parcours, le fonctionnement et les principes de son organisation, mais aussi sur sa perception de l’engagement caritatif. Nouria Fatykhova : Notchlejka existe depuis 1990… Grigori Sverdline : Oui. L’organisation a été créée par un groupe d’amis, dont un ancien SDF. À l’époque, la mairie distribuait des cartes d’alimentation, mais en fonction de la propiska, l’adresse de résidence officielle ‒ les sans-abri n’y avaient donc pas accès. Ce groupe d’amis est allé voir l’adjoint d’Anatoli Sobtchak, le maire de l’époque, qui leur a dit : « Ce n’est pas très règlementaire, mais puisque vous êtes là, vous n’avez qu’à leur distribuer ces cartes d’alimentation vous-mêmes ». Et on leur a attribué un bureau au 10 rue Pouchkinskaïa. Le lieu était occupé, à l’époque, notamment par des artistes. C’est ainsi qu’est apparue l’organisation Notchlejka, dans une cave… N.F. : Vous avez commencé à faire du bénévolat dès l’époque de la fac, pendant vos études d’économie… G.S. : Effectivement, j’accompagnais les tournées du bus de nuit de Notchlejka une fois par semaine, pour distribuer de la nourriture. Après mes études, j’ai travaillé dans une banque. Je revenais du travail, le soir, épuisé et, croyez-moi, je n’avais pas la moindre envie d’y aller, je me demandais ce qui m’avait pris de me lancer là-dedans alors que j’aurais pu rester tranquillement sur mon canapé… Mais à la fin des tournées, toute cette fatigue et cet agacement avaient disparu comme par enchantement, et j’étais heureux, satisfait. Après la banque, j’ai fait du marketing. J’ai travaillé un an ou deux et je gagnais bien ma vie, puis, lassé, j’ai démissionné pour partir pendant quelques mois, faire de l’alpinisme, entre autres. Et quand je n’ai plus eu d’argent, je suis revenu et j’ai retrouvé du travail. Mais vers l’âge de 30 ans, j’ai compris que cette vie était triste à mourir et qu’elle me donnait la nausée. Je me suis donc demandé où je pourrais me rendre utile, consacrer mes journées à des activités ayant un sens pour moi. J’ai réfléchi pendant un an environ, j’ai même songé à devenir secouriste en montagne, parce que je faisais de l’escalade depuis plusieurs années… Alors que j’avais finalement décidé de créer une structure caritative grâce à tout ce que j’avais appris dans le marketing, j’ai rencontré par hasard la directrice de Notchlejka de l’époque, Zoïa Solovieva, qui m’a proposé d’intégrer son équipe. Six mois plus tard, Zoïa est partie s’installer en Allemagne, et mes collègues m’ont choisi pour la remplacer. N.F. : Donc, vous prenez la tête de Notchlejka. Et ensuite ? G.S. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

30 juillet 2018

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