Eric Le Provos : « Je ne suis pas un Français qui va se plaindre de ne plus avoir de fromage »

Originaire de Saint-Malo, Eric Le Provos, fondateur de plusieurs restaurants français en Russie, vit à Moscou depuis 1991. Rencontre avec le chef du bistrot Le Provos, ouvert en novembre 2015, en plein embargo alimentaire. Récit à la première personne.

« Va voir comment c’est, chez les communistes ! »

Dans les années 1980, j’ai travaillé sur des bateaux de croisière, dans les Caraïbes, et à mon retour en France, en novembre 1991, je ne supportais plus mon pays. Je voulais repartir à l’étranger mais je ne savais pas où. Mon père, qui avait fait l’école hôtelière et travaillé dans la restauration il y a bien longtemps, a vu une annonce dans un journal spécialisé : une société cherchait un chef pour un restaurant à Moscou. Pour moi, c’était un nulle part sans intérêt – j’avais 27 ans et je voulais partir dans les pays chauds. Mais mon père a réussi à me faire changer d’avis. Il m’a dit : « Tu as déjà été chez les capitalistes, aux États-Unis – va voir comment c’est, chez les communistes ! » Et je me suis dit Pourquoi pas ?, et que je pourrais de toute façon revenir si ça ne me plaisait pas. J’ai envoyé un CV et, deux jours plus tard, je recevais un coup de fil. J’ai atterri à Moscou le soir du 24 décembre 1991. Je devais travailler dans un restaurant suisse quelque part dans le centre-ville.

« Sans-papiers pendant six mois »

Je suis arrivé à l’aéroport de Cheremetievo, où la décoration faisait penser à d’énormes boîtes de caviar collées au mur. Les douaniers n’étaient pas très rigolos. Et puis, j’ai compris que je n’avais pas l’adresse de là où j’allais. J’ai mis longtemps à parvenir à demander au chauffeur du taxi, qui ne comprenait pas l’anglais, de m’emmener devant le Kremlin. Tout cela faisait un drôle d’effet ! Je me suis donc retrouvé, en cette soirée d’hiver de décembre 1991, sur la place Rouge, et il faisait tout noir ! J’ai fini par tomber sur un restaurant américain dont le chef était français, il m’a indiqué la route.

Au bout d’un an dans ce restaurant suisse, j’ai souhaité faire autre chose, mais je ne voulais pas quitter le pays. […]

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Rusina Shikhatova

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le retour du grand roman russe

En 2015, le premier roman de Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, s’imposait dans la littérature russe, devenant aussitôt un best-seller national. Ce récit de la dékoulakisation, qui conduit le lecteur du Tatarstan à la Sibérie est aujourd’hui traduit en 16 langues. Le Courrier de Russie a rencontré sa traductrice française, Maud Mabillard. Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre première rencontre avec Zouleikha… Maud Mabillard : J’ai découvert ce texte alors que j’étais à Krasnoïarsk, en Sibérie, près du lieu de l’action du livre. On m’en avait parlé avec un enthousiasme rare, et je m’étais précipitée dans les librairies, mais elles étaient toutes en rupture de stock… J’ai fini par le trouver et appris que l’éditeur pour lequel je travaille possédait les droits de traduction. Je travaillais à l’époque sur une autre traduction, dont l’action se passait aussi en Sibérie : La zone d’inondation, de Roman Sentchine, qui parle de la destruction d’un village. Or le roman de Gouzel Iakhina parle de la construction d’un village… LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour vous ? M.M. : Outre le récit extraordinaire, très cinématographique, plein d’aventures, ce roman est très beau, le style, la langue en sont très harmonieux. Et je savais que si j’échouais à rendre la force de cette écriture, la moitié du livre serait perdue. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile : préserver la mélodie du texte, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 février 2018
En régions

Norilsk, une ville nickel

Située au-delà du cercle polaire, Norilsk est considérée comme la ville de plus de 150 000 habitants la plus septentrionale, la plus froide et l’une des plus polluées du monde. Le Courrier de Russie a tenté de comprendre ce qui se cachait derrière tous ces superlatifs. Reportage. Ville fermée Norilsk se situe à près de 3 000 kilomètres de Moscou, dans le nord de la région de Krasnoïarsk, à 300 km au nord du cercle polaire. Toutefois, pour vous y rendre, il vous faudra traverser près de la moitié du pays. Aucune voie ferrée ou route ne reliant la ville, le moyen le plus rapide de gagner Norilsk est l’avion (4 heures de vol). Par la mer, le trajet – en brise-glace – depuis Mourmansk prendrait une semaine. Norilsk a longtemps été une cité fermée, peuplée exclusivement des employés et ouvriers du combinat de nickel et de leurs familles. Une tendance qui perdure relativement aujourd’hui : seuls les citoyens russes peuvent entrer librement dans la ville ; les étrangers doivent obtenir une autorisation préalable. Le Saint-Pétersbourg polaire Les bâtiments du centre de Norilsk, construits à la fin des années 1940, forment un ensemble architectural unique, qui n’est pas sans rappeler Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard : Vitold Nepokoïtchitski, l’architecte de la ville, a étudié dans la capitale du Nord et considérait l’école d’architecture de Leningrad comme la seule valable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2017
Économie

Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg. Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre. La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2017