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Valentina Lisitsa : « À Donetsk, les gens se battent pour aller voir un concert de musique symphonique ». Valentina Lisitsa Crédits : TASS

Valentina Lisitsa : « À Donetsk, les gens se battent pour aller voir un concert de musique symphonique »

La pianiste Valentina Lisitsa, originaire de Kiev, a joué avec les plus grands dans les salles les plus prestigieuses du monde, du Carnegie Hall à la Grande salle de la Société philharmonique de Vienne. Ces dernières années, les vidéos de ses enregistrements devenaient de plus en plus populaires sur YouTube. Mais en janvier 2015, l’Orchestre symphonique de Toronto, à la veille d’un concert, lui a expliqué qu’un autre soliste jouerait à sa place et signifié la rupture de son contrat. En cause : le soutien ouvert que la pianiste affiche au Donbass dans le conflit ukrainien. Après ce scandale, la pianiste a quitté le Canada, où elle avait résidé de longues années, pour la France, qui comprend sa position politique. Sur le continent européen, la pianiste a donné l’un de ses premiers concerts dans le parc du Komsomol de Lénine, à Donetsk, le 22 juin. Un correspondant de Rousskiï Reporter a rencontré Valentina Lisitsa après cette représentation, lors de laquelle elle a interprété la Symphonie n°7 de Chostakovitch, qui avait résonné pour la première fois dans Léningrad assiégée.

Rousskiï Reporter : Comment êtes-vous entrée en conflit avec la diaspora ukrainienne du Canada ?

Valentina Lisitsa : Je me suis toujours intéressée à la politique. À l’époque où j’étais étudiante, l’Ukraine a connu son premier « Maïdan pour l’indépendance », c’étaient les années 1991-1992. Et naturellement, j’ai été emportée par ce nouveau sentiment patriotique, je portais la chemise traditionnelle et je parlais l’ukrainien – bref, je connais bien cette maladie. J’en suis guérie et je suis immunisée, mais je sais comment pensent les gens qui soutiennent Maïdan. À cette époque, même nous, les musiciens, ne voulions qu’une chose : nous séparer de la Russie. Il nous semblait que dès que nous nous débarrasserions de cette dépendance, nous commencerions à vivre ! Tout le monde attendait un miracle, mais il n’est pas arrivé.

En 2013, quand ces gens sont descendus sur Maïdan, ça donnait l’impression qu’ils voulaient rejoindre l’Europe parce qu’ils étaient las de la corruption, de devoir payer pour tout, et ils pensaient qu’en Europe, tout allait bien. Mais ensuite, avec ces assassinats – que personne, d’ailleurs, n’a l’intention d’élucider –, Maïdan a commencé de coûter plus cher, les choses ont pris une autre tournure.

La plus grosse crise, en ce qui me concerne, ça a été Odessa, le 2 mai. Je suivais Twitter, je regardais Life Stream en direct… et j’ai vu ces gens qu’on a enfermés dans ce bâtiment et brûlés vifs, aux cris de « Gloire à l’Ukraine ! » – ils ont été assassinés comme à Khatyn [nom d’un village en Biélorussie où, le 22 mars 1943, les Allemands ont brûlé vifs 149 habitants, ndlr]. J’ai vu à la télévision, ensuite, l’émission de Savik Chouster, j’ai vu les gens applaudir et crier : « C’est bon, ils ont brûlé ces salopards de séparatistes, hourrah ! » C’était terrifiant, ça a signé la fin de toutes les illusions. Et alors, je me suis retournée contre Maïdan, et j’ai commencé, sur mon compte Twitter, @ValLisitsa, de traduire tout ce qui se passait.

J’ai commencé à faire des traductions pour le site Slavyangrad. J’ai fait connaissance avec les gens qui l’animent, par correspondance, naturellement, vu qu’ils sont tous d’Ukraine – de Marioupol, de Donetsk, de Lougansk. Je suis certaine qu’ils ne font pas de contrefaçons, je savais qu’une des filles avait un neveu qui s’abritait des bombardements dans une cave, qu’un des types avait sa mère de quatre-vingts ans à Marioupol, qui ne pouvait pas quitter la ville. J’ai commencé à traduire en anglais et à poster des articles et des témoignages. […]

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

L’inquiétante nébuleuse des centres de désintoxication privés en Russie

Le 28 novembre dernier, la directrice du centre de désintoxication Phénix, situé en banlieue de Moscou, a été mise en examen dans l’affaire de la mort, en octobre 2017, de l’acteur Dmitri Marianov, qui y était soigné pour sa dépendance à l’alcool. Une première en Russie. Les centres privés de « thérapie par le travail », pullulent dans le pays. N’étant pas considérés comme des établissements médicaux, ils sont très peu contrôlés. Patients privés de droits, enlevés en pleine nuit ou réduits en esclavage… les Izvestia ont mené l’enquête.Il aura fallu plus d’un an – et un travail de fourmi – pour traîner le centre Phénix devant les tribunaux. Après avoir épluché les relevés de communications téléphoniques de toute la petite ville de Lobnia, où le centre est situé, et mené des dizaines d’interrogatoires, les enquêteurs ont fini par établir la responsabilité de la directrice, Oxana Bogdanova. Mise en examen fin novembre, elle risque jusqu’à six ans d’emprisonnement.L’enquête a en effet établi que Dmitri Marianov aurait pu survivre s’il avait été pris en charge, dès le matin du jour de sa mort (le 15 octobre 2017) par un chirurgien vasculaire.Selon des sources policières, à son arrivée au centre Phénix, le 5 octobre 2017, l’acteur, âgé de 47 ans, présentait déjà des risques de thrombose veineuse. La direction de l’établissement le met pourtant sous injections d’halopéridol (antipsychotique) et de phénazépam (anxiolytique), pourtant censés être prescrits exclusivement par un médecin. De plus, les piqûres sont effectuées par d’autres patients, et non par des membres du personnel soignant…Dmitri Marianov. Crédit : IzvestiaLe matin du 15 octobre, alors que Dmitri Marianov se plaint de fortes douleurs aux reins et à la jambe, Mme Bogdanova refuse d’appeler le SAMU, affirmant que l’homme cherche simplement un moyen de s’enfuir du centre. En réalité, poursuivent les enquêteurs, il faisait une hémorragie interne, consécutive à une déchirure de la veine iliaque.On peut supposer que la célébrité du patient, « morceau de choix » pour les centres de ce genre, a joué, en l’occurrence, en sa défaveur : la directrice a probablement craint une « mauvaise publicité ».Enlèvements « sur commande »Mais c’est aussi la célébrité de Marianov qui a permis de révéler l’affaire. Les cas de personnes se retrouvant placées, contre leur gré ‒ puis quasiment « otages » ‒ dans ces centres de désintoxication privés sont, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 janvier 2019
Économie

Coût de la vie en Russie : les hausses d’impôt prévues en 2019

Alors que les Russes voient leurs revenus réels chuter de façon constante depuis cinq ans, ils doivent se préparer à une nouvelle augmentation du coût de la vie cet hiver. En cause, principalement, les hausses de la TVA et du coût du carburant, qui vont se répercuter sur les prix de tous les produits de consommation courante. Le portail d’information News.ru passe en revue les mauvaises nouvelles.Avec l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2019, de la hausse des taxes sur le carburant, la Chambre russe des comptes (dirigée, depuis mai 2018, par l’ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine) s’attend à une nouvelle flambée des prix de l’essence et du diesel. Les taxes sont en effet passées de 8 200 à 12 300 roubles (de 107 à 160 euros environ) sur la tonne d’essence, et de 5 600 à 8 500 roubles (de 73 à 111 euros environ) sur la tonne de diesel.Essence, tabac, alcool…Si la Banque centrale ne prévoit qu’une augmentation de 4,5 % sur les prix du carburant au détail – soit d’environ deux roubles le litre – les experts, plus pessimistes, tablent sur le double. Quoi qu’il en soit, en pratique, cette hausse n’interviendra pas avant début avril : réunis à l’appel du gouvernement russe en octobre dernier, les dirigeants des grandes compagnies pétrolières ont accepté de geler leurs tarifs jusqu’au 31 mars. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 janvier 2019
Culture

Zaporojets, la voiture qui valait mille bouteilles de vodka

À la fin du mois de novembre 1960, la première ZAZ 965 sortait de l’usine automobile Kommunar, dans la ville de Zaporojié, en Ukraine soviétique. Aujourd’hui pièce de collection, la « Zaporojets » devient rapidement le véhicule familial le plus vendu en URSS. Sofia Krakova (Gazeta.ru) revient sur l’histoire et les différents modèles de cette voiture « balèze et bon marché », adorée des Russes. Reconnaissable entre toutes, la ZAZ 965 est immédiatement surnommée « la Bossue » pour la forme de sa carrosserie, qui rappelle celle de sa grande sœur italienne, la Fiat 600. Pour le reste, tout l’en distingue : autre moteur, autre boîte de vitesses, autre suspension et pneus élargis. La Zaporojets ne compte pas plus de 27 chevaux sous le capot… ou plus exactement, sous le coffre – les bagages étant relégués à l’avant, à la place habituelle du moteur –, mais les plus téméraires réussissent à pousser leur « Zazik » jusqu’à 90 km/h. « Savez-vous pourquoi la Zaporojets a le coffre à l’avant ? Parce qu’à une telle vitesse, il faut surveiller ses bagages ! », affirme une blague de l’époque. Les Russes n’ont jamais cessé de « charrier » la ZAZ 965, n’épargnant ni son aspect extérieur ni ses caractéristiques techniques, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 décembre 2018

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