La température à Tomsk peut descendre en hiver en dessous de -40°C. Yakov Andreev / RIA Novosti

Ma sacrée jeunesse à Tomsk

À Tomsk, un habitant sur six est étudiant. Cette ville sibérienne de 550 000 âmes compte plusieurs universités réputées et accueille de nombreux étudiants venus des régions russes et de l’étranger. Un Italien, une Chinoise, une Allemande, un Malaisien et un Français racontent pourquoi ils ont choisi d’aller à Tomsk et ce que c’est qu’être étranger en Sibérie.

En Italie, je ne buvais du thé que quand j’étais malade

Angelo FalvinoAngelo FalvinoVoilà déjà sept ans qu’Angelo Falvino a quitté sa Naples natale pour venir étudier le russe à Tomsk. Au départ, il comptait rentrer chez lui à la fin de ses études. « J’avais toujours été attiré par la langue russe, confie-t-il. Et quand j’ai pris la décision d’aller en Russie, les relations russo-italiennes étaient au top – je me disais qu’à mon retour à Naples, maîtrisant le russe, je ne serais pas au chômage ! » Mais Angelo a finalement préféré rester. À 33 ans, il enseigne aujourd’hui l’italien à l’Université de Tomsk. Il est marié à une Russe et père d’une petite fille. « Je ne veux plus revenir en Italie ! », affirme-t-il.

Angelo a débarqué à Tomsk au mois de septembre. À son grand étonnement, il a découvert une ville ensoleillée, aux températures confortables. « J’ai été agréablement surpris, commente-t-il. En Italie, tout le monde pense que la Sibérie, c’est l’Arctique toute l’année ! »

En revanche, sa première impression sur les Russes a été mitigée. « Je viens d’un pays où les gens sourient tout le temps. Mais ici, tout le monde a l’air froid au début. Je croyais qu’ils étaient durs. Pourtant, j’ai compris peu à peu qu’il s’agissait simplement d’un autre tempérament, d’une autre façon de communiquer. C’est différent, mais ce n’est pas moins bien, c’est tout aussi normal », commente le jeune homme.

Angelo a aussi été surpris de voir à quel point le thé est populaire en Russie. « Vous en buvez tout le temps ! En Italie, le thé est considéré comme un médicament contre les maux de ventre. Nous n’avons même pas de théières dans les maisons : nous buvons principalement du café ! », s’étonne-t-il. Plus généralement, au début, Angelo a été décontenancé par beaucoup de choses en Russie. « J’ai été terrifié par l’arrivée de l’hiver, je n’avais pas les vêtements adaptés », se souvient-il. Le bania et les baignades dans l’eau glacée pour l’Épiphanie laissent aussi le jeune Méditerranéen de marbre.

« Quand j’ai vu ces gens sauter dans l’eau en plein hiver, je les ai crus tous fous. Essayer moi-même ? Et si je fais un infarctus ? En même temps, je sais qu’il ne faut jamais dire jamais… », conclut-il.

Les Russes sont moins travailleurs que les ChinoisChuania TsiuChuania Tsiu

Chuania Tsiu est arrivée à Tomsk il y a deux ans pour étudier le russe à l’Université. […]

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Inna Doulkina

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Arythmie : à voir pendant la Semaine du cinéma russe à Paris

La Semaine du cinéma russe vient d’ouvrir à Paris. Si vous n’aviez qu’un film à voir, optez pour Arythmie. Le réalisateur, Boris Khlebnikov, a réussi à faire un film dont les Russes parlent dans les cafés et aux arrêts de bus, qui les fait applaudir à l’issue de la séance et quitter la salle en pleurant. Arythmie est un film fidèle, juste et tendre sur la Russie d’aujourd’hui et ceux qui l’habitent. Un film dans lequel les Russes se reconnaissent et se disent : « Ça parle de nous ! » Au centre du récit : un jeune ambulancier. Tous les jours, Oleg va secourir chez elles des personnes ayant composé le 103. Ce numéro qu’en Russie, on appelle quand on a soudain mal, que l’on subit un traumatisme, une douleur aïgue – quand on a besoin d’aide ici et maintenant. Alors, une équipe d’ambulanciers vient chez vous, vous fournit les premiers secours et vous emmène à l’hôpital si besoin. Ce système de « Secours rapide » (Skoraïa Pomoch) a été créé en URSS en 1926. Sauf qu’il subit depuis quelques années des coupes budgétaires drastiques, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 novembre 2017
Opinions

Que reste-t-il de 1917 ?

Le centenaire de la révolution, en Russie, est tout sauf une grande fête. Certes, quelques indécrottables communistes défileront en brandissant des portraits de Lénine dans des rues portant son nom – chaque ville et village de Russie en comptant au moins une. Mais c’est tout. Le temps des parades et des festivités collectives est révolu. Voici douze ans déjà que le 7 novembre, jour anniversaire de la révolution, n’est plus férié en Russie. Le pouvoir semble tout faire pour zapper la date, passer au-dessus le plus vite possible – et tourner la page. Et c’est vrai que la date est gênante. Et qu’aujourd’hui, dans les hautes sphères, on ne sait trop qu’en faire. Même le plus grand musée russe, la galerie Tretiakov, a préféré s’abstenir de formuler une lecture claire de la révolution. L’exposition consacrée au centenaire de l’événement frappe par son absence de tranchant. La galerie s’est contentée d’aligner des œuvres peintes en 1917 par des artistes de différents mouvements – images de vie très éloignées des bouleversements historiques. Tout dernier instant de calme avant la tempête. Intéressant à observer mais n’offrant aucune clé pour la compréhension : que s’est-il vraiment passé en Russie en 1917 ? La révolution, en définitive, a-t-elle apporté plus de bien ou de mal au peuple russe ? A-t-elle été, pour l’humanité, un fléau ou une providence ? Que reste-t-il à retenir de cet événement décisif de l’histoire mondiale ? Faut-il le regretter ou saluer son avènement ? Toutes questions qui demeurent sans réponse pour les Russes aujourd’hui. Dans les sondages, seuls 11% d’entre eux déclarent considérer la révolution de 1917 de façon positive. 25% la qualifient d’injustifiable, et 57% n’ont pas d’avis définitif sur la question. Le pouvoir se garde bien, lui aussi, d’interpréter de façon précise les événements d’Octobre. Certes, l’événement est trop massif, trop important, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 novembre 2017
Culture

« Notre mission est la promotion de la littérature russe à l’étranger »

Depuis cinq ans déjà, la Russie soutient activement la traduction des auteurs russes en langues étrangères. Plus de 40 romans, nouvelles et essais ont déjà été publiés en français avec le concours de l’Institut de la traduction, basé à Moscou. Son directeur, Evgueni Reznitchenko, explique au Courrier de Russie comment l’institut sélectionne les projets qu’il soutient, et en quoi publier un jeune auteur peut être plus intéressant pour une maison d’édition qu’un grand nom. Le Courrier de Russie : Sur quoi travaille l’Institut de la traduction ? Evgueni Reznitchenko : Notre mission première est la promotion de la littérature russe contemporaine à l’étranger. Si nos classiques sont assez largement traduits, les auteurs actuels restent souvent méconnus dans les autres pays – et nous œuvrons à y remédier. Notamment en organisant, partout dans le monde, des manifestations visant à faire connaître la littérature russe contemporaine, mais aussi en soutenant des traducteurs et des éditeurs étrangers qui publient des auteurs russes. LCDR : L’Union soviétique avait un important programme de soutien aux traducteurs. Peut-on dire que vous vous inscrivez dans la même lignée ? E.R. : Oui et non. À l’époque soviétique, l’État embauchait des traducteurs étrangers, les faisait venir et travailler en URSS, puis publiait les ouvrages traduits et les envoyait de par le monde, aux sièges des partis communistes, qui devaient se charger de les distribuer. Mais en réalité, on ne sait pas ce qu’il est advenu de la plupart de ces milliers de livres. Aujourd’hui, nous travaillons tout à fait différemment : la Russie conclut avec des éditions étrangères des partenariats afin de mener des projets communs. Et chacun met la main à la pâte : nous finançons la traduction, et l’éditeur se charge d’assurer la publication et la promotion. Nous ne sommes plus la seule partie intéressée, comme autrefois. Dans la répartition des tâches actuelle, tous s’investissent, et chacun sort gagnant. LCDR : Comment sélectionnez-vous les projets à soutenir ? E.R. : Chaque année, entre le 1er octobre et le 31 décembre, des éditeurs du monde entier nous soumettent leurs intentions de publier des œuvres d’auteurs russes. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

31 octobre 2017
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