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Zakhar Prilepine : « Et si on déménageait tous à Moscou ? »

Zakhar Prilepine : « Et si on déménageait tous à Moscou ? »

On ne vit pas pareil à Moscou et dans le reste de la Russie. En province, souvent, on travaille beaucoup pour gagner peu : les offres d’emploi sont limitées et les salaires suffisent à peine à ne pas mourir de faim. Ce n’est peut-être pas le cas à Tioumen ou Kazan, qui font partie des rares régions aisées, mais c’est vrai pour l’immense majorité des villes et villages russes. Rien d’étonnant, donc, à ce que les habitants de la province, principalement les jeunes, fassent des pieds et des mains pour quitter leur contrée natale et aller s’installer à Moscou : ce paradis de beaux parcs, de restaurants chics et de boutiques à la mode. Cette ville où l’on peut gagner suffisamment d’argent pour participer à la grande fête de la consommation moscovite, qui jamais ne s’arrête. Rares sont ceux qui résistent à la tentation. L’écrivain russe Zakhar Prilepine est de ceux-là, refusant de quitter sa Nijni Novgorod natale. Dans un billet amer, l’écrivain souligne et analyse cette anomalie du développement russe où, dans un pays aussi immense, on a une seule ville riche pour des milliers de pauvres. Et si on déménageait tous à Moscou ? Tout le pays vaurien. Toute la province voudrait rejoindre lâchement Moscou, tout le district fédéral de la Volga, tout Astrakhan accrochée à son cafetan, tout l’Oural assis sur sa bosse, toute la taïga périphérique, tous les trous perdus des terres noires, toute la région de Moscou même,

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Julia Breen