Les deux fondatrices du mouvement moscovite

Moscou : la guérilla des jardiniers militants

Le magazine Ogoniok a rencontré les « guérilleros-jardiniers » de la capitale russe. Certes, ils se désignent ainsi eux-mêmes, mais ils ne s’occupent ni de sabotage au service municipal des espaces verts ni de faire dérailler les tondeuses à gazon. Ils ont même renoncé aux « bombes de graines » artisanales. Et s’ils se sont effectivement retranchés, ce n’est pas en forêt mais dans les jardins botaniques moscovites. En partisans dignes de ce nom, ils sont regroupés en unités formées spontanément, s’organisant de façon autonome et qui agissent comme de véritables armées parallèles pour pallier l’apathie de celles des fonctionnaires.

Semeurs publics

Si le mouvement de « guérilla jardinière » est apparu dans les années 1970 aux États-Unis, en Russie, cette initiative citoyenne est toute nouvelle. Liolia Jvirblis, une des fondatrices du mouvement moscovite, explique le recours à cette figure symbolique : « Le guérilléro se cache, il agit la nuit. L’idée vient de pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, où la moindre parcelle de terre est une propriété privée – donc sacrée – et où le simple fait de planter quelque chose librement, même des fleurs, est passible d’une amende. Les militants qui veulent rendre leur ville plus verte plantent aussi la nuit. Sauf qu’en Russie, personne ne nous dit rien ! » Lilou Pergou, autre co-fondatrice, ajoute que les passants qui tombent sur les guérilleros-jardiniers en train de creuser la nuit imaginent souvent qu’ils enterrent un cadavre…

En 2012, Liolia Jvirblis, Lilou Pergou et six autres Moscovites lançaient leur guérilla-jardinière, et les brigades commençaient de semer illégalement dans les lieux publics. Les activistes ne sont pas des botanistes – Liolia étudie la sociologie, Lilou est diplômée en philosophie – et ne cherchent pas à s’ériger en jardiniers professionnels. Au contraire, ils ont en permanence recours à ces derniers pour demander conseil. Avant de rejoindre le mouvement, Liolia a habité un temps l’Ecoloft, […]

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Mathieu Lemoine

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

Les chiffres de la semaine du 18/11 – 76% des Moscovites saluent toujours leurs voisins

Chaque vendredi, tous les chiffres qui ont marqué la semaine. Lundi 18 novembre – 60 C’est, en pourcentage, la part de Moscovites qui n’achètent jamais de nourriture dans les kiosques ou les échoppes de rue, selon une étude de la FOM (Fondation de l’opinion publique). Il ressort de l’enquête que les amateurs de shawarmas, pirojkis et autres hot-dogs sont surtout des hommes, âgés de 18 à 45 ans, de niveau d’éducation moyen, alors que les personnes ayant reçu une éducation supérieure et celles dont le revenu dépasse 30 000 roubles par mois en consomment rarement. L’étude précise également que 70% des sondés se rendent régulièrement dans les fast-foods, et 78% fréquentent les restaurants, bars et cafés. 33% des Moscovites vont au restaurant plusieurs fois par an, et ils sont 45% à s’y rendre sans occasion particulière. 20% des Moscovites préfèrent les restaurants de cuisine russe, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

22 novembre 2013
Société

Être marin en Russie : « Nous sommes des brutes à l’âme sensible »

La revue Bolchoï Gorod est allée rencontrer Igor Filitchkine, capitaine au long cours, marin depuis 46 ans. Il partage ses anecdotes sur le poisson, la vie en mer, les conditions spartiates à bord, les maladies sexuellement transmissibles et les femmes. Quitter la terre ferme J’ai toujours associé la mer à la liberté et la volonté de l’homme. Je savais que la mer n’a ni rail ni sentier, que c’est un immense espace empli de routes inexplorées avec, quelque part, de belles mulâtres vivant au milieu des palmiers. Autour de moi, tout était gris, et j’avais envie de couleurs, de m’échapper loin, loin de ma patrie soviétique. À dix-huit ans, encore étudiant, j’ai pris pour la première fois un bateau jusqu’aux îles Canaries. Nous avons quitté un port russe protégé de fil barbelé et de contrôles interminables pour débarquer dans un pays sans barrières, sans chaînes. À 300 mètres du quai, il y avait un immense bâtiment vert de cinq étages, c’était une maison de tolérance pour marins solitaires. En voyant tout cela, ma tête s’est mise à tourner. J’ai eu envie d’être plus souvent dans ce paradis de liberté – là où la CIA ne viendrait pas nous chercher et où les prostituées ne sont pas des espionnes. Bref, là-bas, tout le monde se foutait de nous. Alors, j’ai compris que je me trouvais dans l’autre monde, et que celui dont parlait la propagande soviétique inculquée à l’école était un vaste délire. Quelque chose dans mon cerveau a changé. J’ai pris conscience de la différence fondamentale avec les gens de l’autre monde. Nous, citoyens soviétiques, étions programmés sur l’idéologie, les jeunesses communistes, les valeurs morales et la paix, alors que les Américains n’étaient intéressés que par le business individuel et l’argent. Le premier voyage J’étais en période de formation sur un navire lorsque nous avons heurté des récifs à pleine vitesse, le troisième navigateur, alcoolisé, avait confondu les directions. Nous avons échappé au naufrage de justesse. Tout le bateau a été souillé de mazout, mille tonnes de pétrole ont coulé dans la mer, causant une perte financière considérable et une pollution terrible. Trois heures plus tard, des hélicoptères sont venus nous secourir. Nous sommes revenus bredouille à la maison. Le quotidien du marin À ma sortie de l’Académie navale, j’ai été affecté dans l’Extrême-Orient, à Sakhaline. La traversée a duré six mois, c’était un travail exigeant, pénible et salissant. Tout était organisé selon un emploi du temps précis : pêcher pendant quatre heures d’affilée, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

22 novembre 2013
Société

Revue du 21/11: l’opposant Oleg Cheïne agressé à l’arme blanche

Vous êtes pressé et accroc à l’actu, vous ne lisez pas la presse russe et vous avez peur de rater une nouvelle importante ? Le Courrier de Russie la décortique pour vous chaque jour, en quelques lignes. La Packard de Staline au cœur d’une querelle entre la Bulgarie et Chicago Une voiture blindée ayant appartenu à Staline et actuellement exposée dans un musée de Chicago est au centre d’une querelle juridique depuis que l’État bulgare soutient qu’elle lui a été volée dans un musée en 1992 et exige sa restitution. Le propriétaire actuel du véhicule, Wayne Lensing, a expliqué à une chaîne de télévision locale avoir acheté sur eBay cette pièce de collection, une Packard Super 12 de 1937, pour son musée, sans avoir connaissance de l’affaire. Sofia affirme que le véhicule avait été offert par Staline au Premier ministre bulgare de l’époque. The Moscow News La Biélorussie va extrader le directeur d’Ouralkali Les autorités biélorusses ont donné leur aval pour extrader le directeur général de la compagnie russe de potasse Ouralkali, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2013