Rencontre avec un commandant islamiste du Daghestan

Suspecté d’avoir commandité un assassinat, Saïd Amirov, ex-maire de la capitale du Daghestan, a été arrêté le 1er juin 2013. Point d’orgue d’une série de meurtres et d’attentats ayant touché le Daghestan ces dernières années, et alors que la république bascule un peu plus chaque jour dans l’islamisme, Le Courrier de Russie a voulu se pencher sur l’envers du décor de cette république russe dont on dit qu’elle sera la prochaine Tchétchénie. Dossier à retrouver sur notre site jusqu’au 21 juin.L’homme pénètre dans la pièce et emplit tout l’espace de sa personne. Il porte un pantalon et un blouson couleur camouflage. Une épaisse barbe noire lui descend jusqu’à la poitrine.R.R. : Pourquoi avez-vous décidé de vivre dans la forêt, armé ?Le combattant : Ce n’est pas moi qui ai choisi. Je n’ai rien dans cette vie qui m’obligerait à m’y accrocher. J’ai dû partir pour la forêt avec un automatique dans les mains.R.R. : Pour quelle raison ?Le combattant : Pour que l’homme se distingue de la femme. Allah a crée l’homme avec une barbe. Et moi, j’ai gardé la barbe. J’ai commencé d’observer les normes de l’islam – de la façon dont je les comprenais. Ont commencé de se réunir autour de moi des jeunes gens qui aspiraient à la même chose. Ils venaient chez moi, posaient des questions. J’aidais ceux qui étaient dans l’épreuve.R.R. : Dans quelle épreuve ?Le combattant : Ils étaient pourchassés par les organes de sécurité.R.R. : Pourquoi ?Le combattant : Pour leur aspect.R.R. : Et vous ?Le combattant : Ils se sont mis à me pourchasser quand j’ai commencé de les aider et que je suis devenu célèbre pour ça.R.R. : Comment ils vous pourchassaient ?Le combattant : Ils venaient chez moi. Faisaient des perquisitions.R.R. : Ils vous ont frappé ?Le combattant : Je ne me suis pas laissé prendre. Je prie le Tout-puissant pour ne pas tomber entre leurs mains vivant.R.R. : Pour quelle raison ?Le combattant : Ils (les organes de sécurité) portent atteinte à la dignité de l’être. Ils humilient. Et nous voyons ceux qui sont passés entre leurs mains. Ils deviennent tout à fait mauvais.
Nous châtions celui qui boit, qui fume, qui se drogue
R.R. : Parce que vous, vous ne torturez personne ?Le combattant : Non. Qui vous a dit ça ? Nous ne sommes pas des bêtes sauvages. C’est sûrement à la télévision qu’on vous a raconté ça sur nous. Nous ne sommes pas des monstres, nous sommes des gens ordinaires, nous observons simplement les normes de la charia. Nous nous efforçons de le faire – dans la mesure de nos connaissances. Nous châtions celui qui boit, qui fume, qui se drogue.R.R. : Comment ?Le combattant : D’abord, nous avons avec lui une conversation, nous expliquons qu’il ne faut pas vivre comme ça. Si c’est quelqu’un qui bafoue les règles de la charia, nous le frappons avec des bâtons.

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Julia Breen

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