Natalia Oleneva a pris la direction du kolkhoze Vetlouga, situé dans la région de Kostroma

Un kolkhoze à 22 ans : chiche ?

Natalia Oleneva a pris la direction du kolkhoze Vetlouga, situé dans la région de Kostroma, à seulement 22 ans. Deux ans plus tard, l'exploitation, criblée au départ de deux millions de roubles de dettes, commençait à enregistrer ses premiers bénéfices. Rencontre.Quarante kilomètres séparent la ville de Charia, dans la région de Kostroma, du village de Rojdestvensky. Le taxi nous dépose en face du bâtiment de l'administration agricole – une petite maison jaune située dans la rue centrale, entre l'ancienne Maison de la culture et un pilier auquel est accroché un vieux téléphone public hors d'usage. Le village semble plus animé que Charia : des jeunes filles en carriole sur la route défoncée, des femmes courant avec des sacs de l'épicerie, des types accroupis occupés à boire des bières devant le magasin et un grand-père pas encore tout à fait sobre qui répare la serre de son potager. À gauche de la rue principale, on distingue un autre village perdu, entouré de forêt : quelques maisons en ruines et de vieilles routes.- Où peut-on trouver la responsable du kolkhoze ?, demandons-nous à un homme d'une soixantaine d'années, vêtu d'un vieux veston d'officier et d'une marinière. - Vous êtes qui, vous ? - Journalistes. De Moscou. - Non, c'est vrai ? De Poutine ?, répond l'homme, laissant tomber pour un moment la réparation de son tracteur. - Non. - Je vois. De Medvedev alors. Allons-y, je vous accompagne.Il nous conduit au magasin local, vers une jeune femme en jeans, blouson de cuir court et escarpins noirs.- J’arrive tout juste de la ville, entame Natacha – comme pour justifier sa tenue, peu banale à la campagne. Plus tôt dans la matinée, elle est allée à Charia, déposer une demande de subvention. Si elle l’obtient, le kolkhoze bénéficiera d’1,5 million de roubles pour son développement.Son bureau se situe dans un bâtiment de bois d'un seul étage, datant de la période tsariste. Sur la table, face à nous, trône encore une vieille statuette ornée d'une faucille et d'un marteau...Comment vous êtes-vous retrouvée à travailler dans un kolkhoze ?Je travaille ici depuis avril 2011. J'ai commencé en tant qu'économiste puis je suis devenue présidente, en août de la même année. Mon prédécesseur n'avait même pas le bac, c'était un ancien chauffeur. Quand j'ai pris les commandes, le destin du kolkhoze semblait tout tracé : il serait partagé entre les manitous locaux, il ne restait qu’à plier boutique et signer les papiers. Sauf que j’étais là. Les fondateurs du kolkhoze ne voulaient pas voir l’exploitation dissoute et ils m’ont fait confiance. À l’époque, j'étais déjà diplômée de l'académie agricole.Plus généralement, comment vous êtes-vous retrouvée à la campagne ?Je suis née à Moscou mais j'ai grandi ici. Je suis allée à l'école à la campagne. Mon père est originaire du coin.

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Thomas Gras

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