Alissa Ganieva

Alissa Ganieva : « Au Daghestan, c’était la femme qui gérait tout! »

Alissa Ganieva, originaire du Daghestan, a 27 ans. En 2012, elle remportait le prix littéraire Début pour sa nouvelle La Paix sur toi, Dalgat !, qui retrace le quotidien d’un jeune homme à Makhatchkala, capitale de cette république du Caucase Nord. Le Courrier de Russie a interrogé Alissa sur sa vision du Caucase d’aujourd’hui.Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre enfance.Alissa Ganieva : J’ai vécu mes premières années dans le village de Gounib, dans les montagnes du Daghestan. C’est un lieu très symbolique pour les Russes et les Caucasiens parce que c’est là où, en 1859, l’armée impériale a capturé l’imam Chamil, le célèbre chef de guerre des armées caucasiennes. Dans ma petite enfance, je ne parlais qu’avar, la langue de mes ancêtres. Mais quand j’avais cinq ans, mes parents ont déménagé à Makhatchkala, capitale de la région. Les premiers mois, à l’école, j’étais silencieuse parce que même si je comprenais le russe, je ne pouvais pas encore le parler. Aujourd’hui, c’est en russe que je parle et que j’écris mes nouvelles, mais je n’ai pas totalement oublié l’avar non plus. Je le parle avec mes grands-parents, par exemple.LCDR : Pourquoi avez-vous décidé de faire vos études à l’Université littéraire de Moscou ?A.G. : C’était une décision difficile. Mes parents ne voulaient pas me laisser partir mais ont dû finalement céder à mon choix. Au début, Moscou m’a enchantée. Cette ville m’a donné une bouffée d’air frais, une sensation de liberté intérieure. C’était formidable de se promener dans les rues sans que personne ne te reconnaisse. Je n’étais plus obligée de respecter les conventions.
A Makhatchkala, je ne pourrais pas faire du vélo
LCDR : Quelles sortes de conventions ?A.G. : La vie au Daghestan est très réglementée. Par exemple, à Makhatchkala, je ne pourrais pas faire du vélo.

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Vera GAUFMAN

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