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Konstantin Melnik : « Jusqu’à l’âge de 22 ans, je n’ai pas éprouvé une fois la sensation de satiété »

Konstantin Melnik : « Jusqu’à l’âge de 22 ans, je n’ai pas éprouvé une fois la sensation de satiété »

Konstantin Melnik est le petit-fils de Evgueny Botkine, médecin de famille du dernier empereur russe. Le 17 juillet 1918, Evgueny Botkine fut fusillé avec les membres de la famille impériale. Son descendant vit à Paris. Écrivain français célèbre, Konstantin Melnik fut aussi, dans le passé, un membre éminent des services secrets du général de Gaulle.

Itogui : Un hôpital moscovite porte le nom de votre arrière-grand-père, Sergueï Botkine. Parlez-nous de lui, s’il vous plaît…

Konstantin Melnik : Sergueï Petrovitch était le onzième enfant de la famille. Son père, dès l’enfance, l’avait rangé « chez les idiots », menacé même de le faire soldat. Et effectivement : à neuf ans, le garçon avait du mal à différencier les lettres. C’est Vassily, l’aîné des fils, qui a sauvé la situation. Ils ont embauché un bon précepteur domestique et il s’est rapidement avéré que Sergueï était tout à fait doué pour les mathématiques. Il pensait intégrer la faculté de mathématiques de l’université de Moscou mais Nikolas Ier a publié un décret interdisant aux personnes d’origine non noble l’entrée de toutes les facultés, excepté médecine. Il ne restait d’autre choix à Sergueï que de devenir médecin.

Les talents de médecin de Sergueï Botkine se sont révélés rapidement ; il a insufflé, dans son travail, une philosophie de la médecine jusqu’alors inconnue en Russie : il faut soigner non la maladie mais le malade, qu’il faut aimer. Sergueï Botkine a fondé un hôpital pour les pauvres, qui porte son nom jusqu’à présent et ouvert un dispensaire gratuit. Diagnosticien d’exception, il bénéficiait d’une renommée telle qu’il fut invité en tant que médecin auprès de la Cour, devenant ainsi le premier médecin impérial russe. La fonction avait jusqu’alors été occupée seulement par des étrangers, habituellement des Allemands. Botkine a guéri l’impératrice d’une maladie grave et est parti avec Aleksandr II sur les champs de bataille de la guerre russo-turque. Il est mort en décembre 1889.

I : Etant donné le cursus de votre arrière grand-père, pourrait-on dire que médecin est la profession héréditaire des Botkine ?

K.M. : Oui. D’ailleurs, mon grand-oncle Sergueï aussi fut médecin. Toute l’aristocratie de Saint-Pétersbourg se faisait soigner chez lui. Ce Botkine était un lion mondain : il menait une vie sulfureuse, remplie d’aventures amoureuses passionnées.

I : Et votre grand-père ?

K.M. : Evgueny Botkine était différent, pas mondain. À la différence de son frère aîné, il n’a pas ouvert de rentable cabinet privé mais il est allé travailler à l’hôpital pour les pauvres Mariïnsky. Et quand la guerre russo-japonaise a commencé en 1905, Evgueny est parti pour le front, où il dirigeait l’infirmerie de campagne et secourait les blessés sous le feu.

Revenu d’Extrême-Orient, mon grand-père a publié le livre Ombres et lumière de la guerre russo-japonaise, recueil des lettres qu’il écrivit du front à sa femme. D’un côté, il y célébrait l’héroïsme des soldats et des officiers, de l’autre, il s’indignait de l’incapacité du commandement et des machinations voleuses de l’intendance. C’est étonnant mais le livre n’a subi aucune censure. Plus encore, il est arrivé dans les mains de l’impératrice Aleksandra Fedorovna qui, l’ayant lu, a déclaré qu’elle souhaitait que l’on fasse venir l’auteur en qualité de médecin de sa famille. Mon grand-père est ainsi devenu le médecin impérial de Nikolaï II.

« Là-bas n’est pas la place d’une demoiselle de votre âge »

I : Et quels étaient les rapports du docteur Botkine avec les figures monarchiques ?

K.M. : Avec le tsar, Botkine entretenait des relations de camaraderie. Une sympathie sincère s’est établie entre Botkine et Aleksandra Fedorovna. En dépit de ce que l’on entend souvent dire, la tsarine n’était pas un jouet obéissant aux mains de Raspoutine. Pour preuve, […]

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Traduit par Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARFA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, l’armée américaine a mis au point ces systèmes pour ses propres besoins stratégiques, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019
Économie

L’adresse aux pauvres

Augmentation des allocations aux enfants handicapés, aide au remboursement de crédits immobiliers, réindexation des retraites inférieures au minimum vital… Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, retransmis en direct par cinq chaînes nationales, le 20 février, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.Invité à commenter le discours du président à l’Assemblée fédérale sur le plateau de la chaîne Rossia 24, le ministre des Finances, Anton Silouanov, a évalué ces mesures de soutien aux plus démunis entre 100 et 120 milliards de roubles par an (entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros).Ces fonds seront dégagés grâce à une « meilleure exécution budgétaire », a précisé M. Silouanov. « Nous avons déjà mis en branle toutes les ressources du Fisc et des Douanes, afin de rendre la gestion de l’argent public encore plus efficace. Nous nous assurerons des recettes supplémentaires en étendant la couverture du tissu économique par le contrôle fiscal, c’est-à-dire en réduisant la part des échanges qui échappent encore à l’impôt, donc en luttant contre la fraude », a-t-il expliqué.Les mesures d’aide aux familles nombreuses, aux propriétaires endettés et aux retraités ne permettront pas d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat des Russes, en chute constante depuis cinq ans.« En outre, toutes les économies réalisées au cours du présent exercice budgétaire, d’ordinaire reportées sur l’exercice suivant, serviront, cette année, à mettre en œuvre les mesures annoncées par le président », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 février 2019

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