La Table ronde ossète

Laurent Alibert enseigne la littérature au Collège Universitaire Français de Moscou. Ses recherches visent à comparer le cycle arthurien et les légendes nartes des Ossètes. Il explique au Courrier de Russie pourquoi il regrette que les Français connaissent l’Ossétie par la prise d’otage de Beslan et la guerre russo-géorgienne de 2008, mais non pour sa culture qu’il juge passionnante.Le Courrier de Russie : À quel moment et pour quelles raisons vous êtes-vous intéressé à la culture ossète ?Laurent Alibert : Il y a plusieurs raisons, directes et indirectes. Tout d’abord, je me suis intéressé à la culture ossète par le biais de mes recherches et lectures personnelles. Cela remonte à bientôt dix ans et c’est lié à ma passion pour les mythologies. J’ai lu une traduction des Narty Kaddžytæ (légendes nartes des Ossètes) du grand chercheur français Georges Dumézil, ainsi que ses études sur ces légendes. Alors qu’il s’agit d’un matériau important et passionnant, cette mythologie était bien moins connue en France que les légendes celtiques ou scandinaves. Et j’étais intrigué.Quelques années plus tard, après les légendes, j’ai découvert la langue et la culture ossètes. Le goût de la langue m’est venu par la sonorité particulièrement exotique des noms de personnages et de lieux. L’ossète est d’ailleurs un objet intéressant pour les linguistes, car c’est la dernière langue vivante de la branche nord-est iranienne. J’ai alors commencé à fréquenter les cours d’ossète de l’INALCO (Institut des langues et civilisations orientales) à Paris, puis j’ai fait connaissance avec des gens de l’« Association Ossète en France ». Ainsi, j’ai bientôt pu commencer à lire les légendes nartes dans le texte original.[lcdr] : Quid des raisons indirectes ?[abbr]Laurent Alibert[/abbr] : Elles transparaissent dans le sujet de ma thèse de doctorat : j’y compare les légendes nartes au Roman de Jaufré, une œuvre du cycle arthurien écrite en occitan par un auteur anonyme de la fin XIIe-début XIIIe siècle. Les deux cultures, pour moi, ne sont pas qu’un objet d’étude. La sensibilité aux langues minoritaires me vient de ma famille : mes grands-parents parlaient occitan et ils me l’ont appris quand j’étais adolescent.

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Maria Gorkovskaya

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