Mikhaïl Yasnov : « J’ai ainsi intégré, par amour et désir pour la rime, le goût de la kacha »

Mikhaïl Yasnov : « J’ai ainsi intégré, par amour et désir pour la rime, le goût de la kacha »

On raconte qu’il y avait à New York, sur le pont de Brooklyn,
un mendiant aveugle. Un jour, quelqu’un lui demanda combien les passants lui donnaient
par jour en moyenne.
Le malheureux répondit que la somme atteignait rarement deux dollars.
L’inconnu prit la pancarte que le mendiant portait sur la poitrine,
et sur laquelle était mentionnée son infirmité.
Il la retourna et écrivit quelques mots sur l’autre face.
Un mois plus tard, il revint voir le mendiant qui se jeta à son cou :
– Monsieur, comment vous remercier ?
Je reçois maintenant dix et jusqu’à quinze dollars par jour.
C’est merveilleux. Qu’avez-vous écrit sur ma pancarte ? »
– C’est très simple, répondit l’homme,
il y avait « aveugle de naissance »,
j’ai mis à la place « le printemps va venir, je ne le verrai pas ».

(histoire rapportée par Roger Caillois dans Art poétique).

Mikhaïl Yasnov :  « J’ai ainsi intégré, par amour et désir pour la rime, le goût de la kacha »Mikhaïl Yasnov :  « J’ai ainsi intégré, par amour et désir pour la rime, le goût de la kacha »

Le Courrier de Russie : Georges Nivat nous disait récemment que la poésie russe était mal traduite en français. Qu’en pensez-vous ? Comment cela s’explique-t-il ?

Mikhaïl Yasnov : Nous avons souvent des discussions assez animées avec Georges sur le sujet.

[…]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Propos recueillis par Daria Moudrolioubova