Le Courrier de Russie

Laetitia Becker, une louve française au secours des ours de Carélie

Laetitia et ses enfants, Ioakim et Saima. Crédits : Nina Fasciaux / LCDR

Laetitia Becker vit en Russie depuis dix ans, dont sept passés à réintroduire des loups dans leur milieu naturel, aux environs de Tver. Installée dans le nord de la Carélie depuis 2011, où elle travaille à la réhabilitation des oursons, cette biologiste strasbourgeoise de 32 ans mène une vie russe à la fois radicale et authentique. Reportage dans une Russie à l’état sauvage.

A voir : notre vidéo en page 4

Une louve et un ours brun

Un voyage en Russie commence souvent par une longue litanie de chiffres : 1 500 kilomètres, 50 heures de train, voiture 3, couchette 16. Une vitesse de croisière oscillant entre 60 et 120 km/h, un trajet parsemé d’arrêts d’une minute ou d’une heure, des centaines de lacs, des millions de bouleaux.

C’est très au nord sur la carte, Kostomoukcha. Située à une trentaine de kilomètres de la frontière finlandaise, en Carélie, cette ville se trouve quasiment sur la même latitude qu’Arkhangelsk. La zone frontalière étant étroitement surveillée, il m’a suffi de quelques heures après que j’ai quitté Saint-Pétersbourg pour avoir droit à mon premier interrogatoire douanier : « Ah, vous allez voir cette nana, là, avec les animaux ? », suivi d’un second, au réveil, le lendemain matin : « Et qu’est-ce que vous allez faire, avec cette nana et ses animaux ? », puis d’un dernier, à l’arrivée, en gare de Kostomoukcha. Cette fois, les questions furent si précises que je me suis demandé si ce n’étaient pas eux, les gardes-frontières, qui allaient écrire un article sur moi.

C’est notre ami Iouri Krassovski qui viendra te chercher. Tu verras : il est grand, barbu et costaud : je reçois ce message de Laetitia Becker en descendant du train. « Bon sang, me dis-je, mais quelle description pourrait autant correspondre à n’importe quel Russe ?! »

Pourtant, je reconnais Iouri, et Iouri me reconnaît. La description était fidèle, précise. Pour plus d’exactitude, il aurait simplement fallu ajouter que Iouri ressemble lui-même à un ours brun : j’apprendrai plus tard que lorsque le directeur général de la réserve naturelle de Kostomoukcha, qui avait dans un premier temps proposé son territoire pour la réhabilitation des ours, a changé d’avis, c’est Iouri qui, spontanément, a proposé son terrain, à 50 km au nord de la ville.

S’ajoutent donc, au décompte de chiffres, 1h10 de voiture et 5 minutes de bateau à moteur – jusque chez Iouri. Je lui demande combien de lacs compte la région, impressionnée par la quantité de ceux que nous voyons défiler sur la route. « Quatre cent mille ? », hasarde-t-il. Après vérification, 60 000 lacs et 27 000 rivières – ce qui reste un chiffre tout à fait respectable.

La ville de Kostomoukcha ne date que du début des années 1980, avec le lancement de l’usine de traitement du minerai de fer. Symbole de la coopération russo-finlandaise, elle fut en grande partie construite par les Finlandais.

Laetitia Becker nous rejoint sur la rive après que nous avons accosté sur « l’île aux oursons », suivie de près par ses enfants : Ioakim (Kima), trois ans et demi, et Saima, un an et des poussières. Un coup d’œil circulaire me renseigne sur le décor : face au lac, un tipi abritant un barbecue, une isba, et la forêt boréale s’étendant à perte de vue. Le Québec peut aller se rhabiller.

En plongeant mes yeux dans ceux de Laetitia, je crois rêver : pour la deuxième fois de la journée, j’ai en face de moi un être humain dont la ressemblance avec un animal est saisissante. Laetitia a le regard à la fois doux, joueur mais glaçant d’une louve, et ses petits, qui lui grimpent dessus à longueur de journée, ne font que renforcer cette impression.

De Tver à la Carélie, sans eau ni électricité

Arrivée en Russie en 2004 comme éco-volontaire sur la station biologique de Tchysti Les, dans la région de Tver, Laetitia y a séjourné et vécu jusqu’en 2011, parmi les loups que le centre de réhabilitation accueille chaque année. À l’origine de ce centre : le biologiste russe Vladimir Bologov et son mentor, le docteur Valentin Pajetnov. Ce dernier a mis en place une méthodologie de réhabilitation des ours, éprouvée sur plus de deux cent individus ces trente dernières années – et que Vladimir a adaptée aux loups à partir de 1993.

Entre 2008 et 2011, de nombreux reportages de la télévision française ont relaté, dans un mélange d’effroi et d’admiration, la vie que Laetitia menait alors « sans eau et quasiment sans électricité », dans un village d’une poignée d’habitants. On y voit la jeune femme creuser des trous dans la glace, chaque matin, pour se ravitailler en eau, nourrir les loups puis faire ses courses auprès d’un mini-fourgon qui approvisionne une fois par semaine les hameaux les plus reculés de Russie en aliments de première nécessité.

Aujourd’hui installée à cheval entre la Finlande et la Carélie avec ses deux enfants, nés de son amour pour le biologiste Vladimir, Laetitia raconte pourquoi, en 2011, elle a quitté la région de Tver : « Nous voulions tester nos méthodes de réhabilitation sur une île, qui constitue pour les animaux un enclos naturel loin de toute vie humaine. La Carélie (et ses 400 000 lacs !) s’est imposée naturellement. » C’est donc toujours sans eau ni électricité que Laetitia et Vladimir séjournent régulièrement sur l’île aux oursons, dans la bicoque de Iouri – et là, sans que la télévision ne s’aventure dans ces contrées lointaines du Nord russe.

« Les animaux que nous récupérons sont blessés ou orphelins », explique Laetitia. Les oursons perdent souvent leur mère dans leur milieu naturel – notamment à cause de la chasse à la tanière – ou sont tout simplement rejetés par les zoos dans lesquels ils sont nés.

« Cette année, nous avons quatre ours, dont trois viennent de la forêt. La mère ours est très facilement perturbée dans la tanière, et si un chien ou un humain passent à côté, elle part en abandonnant ses petits. C’est ce qui est arrivé à deux des oursons que nous avons ici. Le troisième a été trouvé dans un arbre, on suppose qu’il a perdu sa mère. Le dernier vient d’un éleveur qui possède des ours mais ne veut pas garder les bébés », raconte Laetitia, pendant que Kima lui donne des coups de pied dans le dos et que Saima lui grimpe sur le visage : « Eux aussi, ils sont un peu sauvages… », admet-elle, désignant sa progéniture.

Une fois pris en charge, les oursons orphelins passent d’abord par le centre de quarantaine de Veles, à Saint-Pétersbourg. Puis, Laetitia les garde jusqu’à ce qu’ils puissent retrouver leur liberté.

Selon la « méthode Pajetnov », si le loup peut être relâché à un an, l’ours l’est dès six mois. « On peut les libérer dès l’apparition des premières myrtilles, à la mi-juillet », précise Laetitia. En Carélie, cependant, les ours trouvent à manger plus tard dans l’année, du fait du climat nordique, et sont donc gardés dans des enclos pour être nourris et passer des tests avant d’être libérés sur l’île – qu’ils quitteront ensuite, lorsqu’ils se sentiront prêts.

Pour les oursons, le danger vient des gloutons et des prédateurs venus du ciel, ainsi que des mâles adultes – car lorsque les petits meurent, la femelle rentre de nouveau en chaleur.

« Savoir se nourrir ne leur pose pas de problème par la suite. Le seul risque est l’empoisonnement, car la mère n’a pas montré à l’ourson ce qui est bon ou mauvais. En revanche, l’instinct d’hibernation est naturel. Parfois, certains ont du mal à faire correctement leur tanière, c’est tout », poursuit la biologiste. Elle précise que les ours de Carélie, qui seraient au nombre de 3 000, sont à 98 % herbivores : « Pour qu’ils pêchent, il faut que le poisson soit à portée de main, vulnérable, comme lors de la remontée du saumon au Kamtchatka. Autrement, ce sont de vraies vaches brouteuses ! », s’amuse-t-elle. Les ours ne sont pas les seuls à brouter : en se promenant dans la forêt près de chez Iouri (voir vidéo en page 4), Saima et Kima mangent en quantité les airelles de l’année passée, conservées par la glace hivernale : « Moi aussi, je les préfère après l’hiver, c’est moins acide », commente la jeune maman en tendant quelques baies à sa petite dernière.

Le loup, carnivore, apprend à chasser de façon autonome, sans ses parents. Il commence par courir après un papillon, puis après une souris, un lézard, un oiseau, un lièvre, un sanglier… et ainsi de suite. « À l’instar des chiens, le loup est très joueur. Au début, il s’amuse, puis un jour, il mord : et avec cette première morsure, l’instinct de chasse s’éveille – le loup fait le lien avec la source de nourriture », explique la scientifique.

Loin des yeux, loin du cœur

Un des oursons recueillis en 2015. Crédits : Laetitia Becker

L’aspect le plus important – et le plus difficile, sans doute – dans le processus de réhabilitation instauré par Valentin Pajetnov et Vladimir Bologov, consiste à ce que le prédateur adopte un comportement adéquat vis-à-vis de l’homme : « C’est-à-dire qu’il en ait peur ! Nous ne voulons pas prendre le risque de les voir s’approcher des villages. Un animal sauvage, en entendant un homme au loin, s’en va naturellement », explique la jeune femme.

Pour se méfier de l’humain, admet la spécialiste, le meilleur moyen demeure le fait de grandir parmi les siens : « Le problème est le risque de socialisation à l’homme en substitut de la mère. Dans le cas d’animaux nés en captivité, même si l’humain n’est pas loin, ils sont socialisés à leurs parents : l’homme continue de représenter un danger. Mais en l’absence de la mère, l’ours se socialise à un homme – et c’est là que ça devient dangereux. » Laetitia précise que l’ours a, en effet, un comportement de suivi – qui, dans la nature, le sauve, puisqu’il ne quitte pas sa mère jusqu’à ses trois ans. Mais sans elle, l’ourson risque de suivre n’importe qui – y compris un être humain.

Afin d’éviter cela, une seule personne est habilitée à approcher les ours et à les nourrir pendant toute la période de réhabilitation. Sur l’île, c’est Anne-Lise qui s’en charge. À presque 25 ans, cette jeune étudiante en agronomie originaire d’Aix-en-Provence a été nommée, au sein de l’équipe de stagiaires de Laetitia, « responsable des oursons », jusqu’à ce que ces derniers soient relâchés (voir vidéo en page 4).

« Le matin, au réveil, je prépare la nourriture pour les petits – de la kacha à base d’avoine et de lait de riz pour les plus jeunes et des croquettes pour les plus grands. Puis, je vais voir à l’enclos si tout va bien, car on a souvent des oursons qui s’évadent. Lorsque ça arrive, on doit leur courir après, les attraper par le collier et les ramener… ça peut durer toute la journée », s’amuse la jeune fille. Elle est aussi chargée d’étudier leurs comportements respectifs : « L’un des oursons attend que les autres aient fini de manger pour approcher la nourriture, je dois donc le surveiller, car j’ai l’impression qu’il maigrit. Un autre entre en état de stress dès que je m’approche de l’enclos, ce qui est très bon signe : cela veut dire qu’il a peur de moi et qu’il est encore à l’état sauvage », explique-t-elle. Lorsqu’elle n’est pas avec les oursons, elle analyse les données enregistrées lors de tests comportementaux, afin d’établir le lien entre les traits de personnalité des animaux et le taux de survie dans la nature.

Pour subvenir aux besoins du projet, Laetitia a donc créé dans un premier temps, en 2008, l’association Lupus Laetus, basée en France, afin de recueillir des dons et couvrir les frais pour la construction des enclos, la nourriture, l’équipement technique. Mais les dons sont sporadiques et la jeune femme a désormais lancé son auto-entreprise : elle accueille des stagiaires français qui payent pour le logement, la nourriture et l’accompagnement pédagogique et scientifique, ainsi que des touristes ayant le goût de l’aventure.

Les stagiaires de Laetitia, une trentaine cette année et majoritairement français, sont répartis entre la Russie et la Finlande, ce pays voisin où Laetitia vit aujourd’hui du lundi au jeudi pour ses enfants – le système scolaire finlandais est mondialement reconnu – bien qu’elle n’ait « rien contre l’école russe », s’empresse-t-elle d’ajouter.

Les loups et la Russie : une équation à deux inconnues

Tous les jeudis soir, Laetitia entame ainsi avec Kima et Saima un tumultueux voyage en Carélie pour se joindre aux étudiants français qui travaillent sur place : elle doit parcourir 40 kilomètres du village finlandais de Hirvelä à la frontière, passer la douane, puis faire encore quelques dizaines de kilomètres de piste jusqu’à l’île aux oursons. Je m’étonne d’ailleurs de la résistance de ses deux bambins, trimbalés chaque semaine dans cette nature sauvage, souvent hostile. Un univers qui constitue pourtant le motif principal de l’attachement de leur mère à la Russie.

« Nulle part ailleurs, on ne trouve pareille nature – aussi vierge, intacte. Les Russes sont habitués à vivre avec elle, en toute simplicité. Pour rien au monde, je ne pourrais quitter la Russie pour retourner en France. Et j’aime le froid… lorsque le printemps arrive, l’hiver me manque déjà », confie la jeune femme.

Je me fais l’avocat du diable en objectant qu’elle aurait tout aussi bien pu choisir le Canada, ou… « Sûrement pas, me coupe-t-elle. C’est beaucoup trop civilisé. Et cette façon qu’on les Nord-Américains de vouloir imposer leur culture et leur vision au monde… je me sens beaucoup plus proche de la culture russe, argumente-t-elle, avant de poursuivre : Les stagiaires qui viennent ici repartent avec une autre vision des choses. L’un d’eux m’a confié avoir été choqué, à son retour en France, par le luxe que représente un lave-vaisselle, et par la façon dont les actualités, qu’il n’avait plus l’habitude d’entendre chaque jour, résonnaient différemment en lui. »

Une vie sauvage que Laetitia a pourtant abandonnée partiellement – un peu à regret, comme pour les loups, dont le manque se lit dans ses yeux.

Le couple a en effet été confronté au refus des habitants du village voisin de l’île aux oursons, Voknavolok, de voir réintroduire des loups.

« Une dame nous a par exemple expliqué qu’ici, dans le temps, les loups mangeaient les gens. Mais à force de poser des questions, nous avons découvert qu’il s’agissait d’un lynx, qui avait tué un mouton…, soupire la jeune femme. Je ne comprends pas : quand l’homme était encore chasseur-cueilleur, le loup était vénéré. Mais avec la sédentarisation, le loup a commencé de s’attaquer aux animaux domestiques, notamment aux moutons – et il est devenu l’ennemi numéro 1. Dans les religions monothéistes, la brebis est sacrée, elle représente la pureté – et le loup, le diable. Ça a joué sur les mentalités », analyse-t-elle.

À en croire Laetitia, les Russes sont plus tolérants à l’égard de l’ours, qui constitue un des symboles forts du pays. « Les gens sont attendris quand ils voient arriver les oursons chez nous, ce qui n’est pas le cas pour les louveteaux, dit-elle, avant de poursuivre : C’est étonnant, car il n’y a pas de preuves de loups s’attaquant à l’homme, alors que chaque année, des gens meurent suite à des attaques d’ours. »

La scientifique remarque en outre que la région de Kostomoukcha n’a pas de meute véritablement installée : à l’en croire, il y aurait même moins de loups du côté russe que du côté finlandais – où ils sont tous répertoriés par les scientifiques. « Nous avons entamé une étude pour en connaître les raisons – peut-être est-ce dû à l’abondance des rennes et des élans, plus nombreux côté européen. Une différence qui est d’ailleurs à imputer à l’homme, car le braconnage est plus répandu ici qu’en Finlande. Culturellement, les Scandinaves sont très loyaux, et les quotas sont respectés. Mais comme le disent les Russes, si leurs pensions et leurs salaires étaient corrects, les gens n’auraient pas besoin de braconner… »

Par ailleurs, en plus du braconnage sur les cervidés, qui sont un gibier pour les loups, la chasse aux loups elle-même est autorisée en Russie, et même récompensée.

D’après un recensement de 2010, il y aurait 50 000 loups en Russie – contre 301 en France en 2014.

« La Russie est le pays d’Europe à la plus forte population de loups, mais c’est parce que le territoire est immense. La densité de leur population est particulièrement élevée dans les régions de Tver et de Pskov, et dans une moindre mesure en Sibérie et en Carélie. Mais le problème que nous rencontrons est le même qu’en France : la peur irrationnelle du loup », regrette Laetitia.

Laetitia Becker. Crédits : Nina Fasciaux / LCDR

Le projet de réhabilitation des loups, que Vladimir mène toujours dans la région de Tver, n’aurait toutefois pas pu voir le jour en France. Comme le signale Laetitia, dans l’Hexagone, seuls les animaux ne représentant pas un danger sont réhabilités : oiseaux, écureuils, hérissons… « Et même bientôt des escargots », ironise-t-elle. Elle raconte ainsi que récemment, une louve, qui avait été percutée par une voiture et soignée en France, aurait pu être relâchée – mais le préfet local a refusé, et l’animal est resté en captivité.

« Les Italiens et les Espagnols savent très bien cohabiter avec les loups, s’insurge-t-elle. Mais en France, toute communication autour du loup est bloquée, et autant les bergers que les écologistes campent, de leurs côtés respectifs, sur des positions beaucoup trop radicales. »

Laetitia explique que les Espagnols et les Grecs font aussi de la réhabilitation d’ours : « Nous avons participé à un congrès en Grèce sur le sujet, et des Espagnols qui recueillent chaque année des oursons se sont montrés intéressés par notre méthode. Je m’étonne toujours que le travail de Pajetnov reste méconnu : on a l’impression que dès lors que ce n’est pas publié en anglais, les Européens ne sont pas au courant de ce qui se fait ailleurs. Il y a une espèce de fracture : lorsque les scientifiques veulent publier quelque chose sur le loup en Russie, par exemple, ils ne disposent d’aucune donnée, alors que les études existent – et l’expertise est immense sur l’ensemble de l’ex-URSS. Mais personne ne fait l’effort de solliciter un traducteur ! », s’indigne Laetitia.

Plus généralement, la jeune femme s’agace de la méconnaissance et du mythe qui entourent la Russie. Elle cite notamment l’ignorance quasiment absolue, côté occidental, de l’existence en Russie des zapovedniks, « ce système de réserves strictes unique au monde ».

« Les surfaces sont immenses et extrêmement bien préservées, car elles ont été créées dans un but exclusif d’observation naturelle. Longtemps, les seules personnes autorisées à y pénétrer étaient les scientifiques. Désormais, les zapovedniks doivent se financer eux-mêmes et se sont donc ouverts aux touristes, mais avec des limites : les visiteurs doivent posséder un laisser-passer et être accompagnés, et n’empruntent que des itinéraires spécifiques », explique-t-elle.

Et il va sans dire que, si des touristes parviennent un jour jusque dans la région de Kostomoukcha, après quelques dizaines d’heures de train et une coquette somme de chiffres en tous genres, Laetitia saura où leur montrer des ours – un business qui pourrait d’ailleurs lui permettre de financer son souhait le plus cher : acheter un collier de suivi pour chacun de ses petits protégés.