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Evelyne Enderlein : « La Russie est un pays des impossibles possibilités »

Professeur émérite à l’Université de Strasbourg, ex-directrice des études slaves, Evelyne Enderlein a connu la Russie sous l’Union soviétique, sous Gorbatchev et sous Poutine : elle a vécu la pénurie à Moscou dans les années 1970, le chaos des années 1990 et l’effervescence des années 2000. Evelyne Enderlein est également auteur du livre Femmes en Russie soviétique, 1945-1975. Elle explique au Courrier de Russie son attachement à la langue et au peuple russes.Le Courrier de Russie : Comment en êtes-vous arrivée à étudier le russe ?Evelyne Enderlein : Je suis née à Paris, dans la banlieue ouest, où il y avait beaucoup d’immigrés russes. En particulier, non loin de chez nous, résidait Marina Tsvetaeva. Nos voisins immédiats étaient des émigrés de la première vague d’origine aristocratique. Cette famille me plaisait énormément. Ils avaient une petite fille, à peu près de mon âge, qui est devenue ma meilleure amie. J’étais souvent chez eux, j’entendais cette langue qui m’a absolument fascinée par sa beauté et sa musicalité. Ce qui me plaisait aussi, c’est leur culture, leur raffinement, le côté extrêmement esthète de cette famille.J’étais très attirée. Étant partis en 1918, ils ne parlaient que russe et vivaient à la russe. Dans leur maison, c’était une véritable petite Russie, avec samovar, toutes les habitudes de la vie aristocratique : le piano, les séances de chant, des réceptions très élégantes, même s’ils n’avaient pas beaucoup d’argent. Ils s’étaient recréé un semblant de patrie.Puis, je suis entrée au lycée pour apprendre le latin, le grec ancien, l’allemand, l’anglais – pour faire des humanités, comme toute jeune fille de bonne famille. Et il s’est trouvé que notre professeur d’allemand était une femme d’origine juive, issue de l’émigration. Elle nous a proposé des cours de russe où je me suis précipitée. Ça a été décisif dans ma vie, parce que c’est à ce moment là que je suis tombée amoureuse de la langue. C’est une relation que je pourrais caractériser d’érotique.LCDR : Quand êtes-vous allée pour la première fois en URSS ?E.E. : En dernière année de lycée, j’ai passé un concours national de russe. La plupart de mes concurrents étaient des Russes, des fils et des filles de l’émigration qui parlaient beaucoup mieux que moi. Mais ma grande chance fut que le concours était écrit. J’ai décroché le premier prix, ce qui m’a valu trois semaines dans la colonie de vacances internationale Artek, en Crimée, en 1966. C’était un endroit tout à fait privilégié. J’étais très jeune quand j’y suis allée et je suis revenue totalement enthousiaste, parce que je n’ai vu que la beauté. J’ai été bien reçue, j’avais l’impression d’avoir vécu un séjour paradisiaque. Je garde toujours ma cravate rouge de pionnière dans un de mes tiroirs.

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Vera GAUFMAN

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