Françoise Scelle-Hébert : « En Russie ou ailleurs, les problèmes sont les mêmes »

Françoise Scelle-Hébert est arrivée à Iaroslavl en 1995, à l’âge de 17 ans. Puis, elle a décrété qu’elle se sentait chez elle en Russie et s’est installée à Moscou, où elle a fait des études de journalisme. Elle est aujourd’hui professeur de français au lycée américain de la capitale russe.Le Courrier de Russie : Vous êtes arrivée jeune, vous avez déjà vécu plus longtemps en Russie qu’en France. D’où venez-vous ?Françoise Scelle-Hébert : Je viens de Sérent, dans le Morbihan. Et oui, je suis arrivée en Russie il y a presque vingt ans – j’avais 17 ans lorsque j’ai atterri à Iaroslavl.LCDR : Comment ça s’est fait ?F. S-H. : Ma famille faisait partie d’une association qui s’appelle l’AFS, dont l’activité consiste à envoyer des jeunes à l’étranger, un peu partout dans le monde, à la rencontre d’autres cultures, sans même forcément en apprendre la langue. Les jeunes (des mineurs) sortent complètement du système scolaire français pendant un an.LCDR : Et vous avez choisi la Russie. Pourquoi ?F. S-H. : Je voulais partir en Jamaïque ! Il n’y avait plus de place, je suis partie là où il y avait de la place...LCDR : Sans parler russe, donc ?F. S-H. : Je savais dire oui/non/je veux une douche. Je suis allée à l’école russe à Iaroslavl : en première partie de journée, j’étais dans la classe équivalente au CP, et l’après-midi, on m’envoyait en terminale. J’étais obligée d’aller à l’école, même si je n’ai absolument rien compris les trois premiers mois.
Je me suis retrouvée dans un trois pièces qui faisait à peu près la taille de mon salon
LCDR : Quelles ont été vos impressions, à l’arrivée ?F. S-H. : Eh bien, quand je suis arrivée dans l’appartement de la famille hôte... bon, il faut dire que je viens d’un petit village, où on ne connaît pas trop la vie en appartement. Et ma famille est aisée : j’avais toujours eu une grande maison. Je me suis retrouvée dans un trois pièces qui faisait à peu près la taille de mon salon. Et en bas de l’immeuble – littéralement, une autoroute. Je me suis dit que je ne tiendrais pas, c’était gris, c’était laid, c’était dur... j’ai pleuré pendant un mois.LCDR : Mais vous n’avez pas lâché ?F. S-H. : Je ne pouvais pas – j’avais ma fierté, j’avais dit à tous mes copains que je partais en Russie, j’étais « cool », et puis finalement, c’est comme le reste, on s’y fait. À l’époque, il n’y avait pas Internet, j’ai mis un mois à recevoir ma première lettre et deux pour mon premier colis – ma famille d’accueil me transmettait les avis de passage, mais je ne savais pas ce que c’était,

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Nina Fasciaux

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