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Fabrice Disdier :  « Ce qui nous unit le plus, entre Français et Russes, c’est qu’on adore râler »

Fabrice Disdier : « Ce qui nous unit le plus, entre Français et Russes, c’est qu’on adore râler »

Fabrice Disdier est arrivé dans le monde russe par l’Est de l’Ukraine… francophone. Puis, après un séjour de trois ans en Sibérie, il a finalement pris la tête du CREF à Moscou, un centre d’apprentissage de langues en Russie. Rencontre.Le Courrier de Russie : Quel a été le parcours qui vous a amené jusqu’à la Russie ?Fabrice Disdier : Je suis un banlieusard, je viens de Bondy, en Seine-Saint-Denis. J’ai suivi des études d’Histoire qui m’ont permis, lorsque j’ai été appelé à faire mon service militaire, d’être lecteur dans l’armée. Comme je n’avais pas spécialement envie ni d’être à Paris ni de vivre en caserne, j’ai demandé à être envoyé n’importe où – à vrai dire, je pensais surtout aux DOM-TOM… Finalement, ce fut, au choix, Riyad, Minsk ou Kiev : j’ai choisi Kiev. Je ne parlais pas russe et je ne connaissais pas grand chose du pays – si ce n’est que je me disais que cela devait ressembler à ce que j’avais vu à Budapest ou Prague. Je suis arrivé en 1999, accueilli à Borispol, de nuit, par la mission militaire à Kiev. C’était noir, il n’y avait pas de lumière… je suis allé dans un magasin pour acheter de quoi manger – je ne comprenais absolument rien et j’ai acheté des yaourts… Voilà.LCDR : C’était comment, Kiev en 1999 ?F. D. : Je dois admettre que j’ai pas mal déprimé les premiers temps, je me demandais comment j’allais survivre dans ce merveilleux pays. J’ai ainsi passé une année à vivre en parfait expatrié : j’enseignais le français auprès des services militaires ukrainiens mais je n’avais aucune relation avec mes élèves, je ne fréquentais que des compatriotes. Comme je m’ennuyais, j’ai proposé mon aide à l’Institut français. C’est comme ça que, finalement, je me suis retrouvé directeur du Centre français de Donetsk – personne ne voulait aller là-bas. Je visitais les écoles, j’encourageais les étudiants à apprendre notre langue. Nous n’avions aucun moyen matériel pour soutenir ces écoles, mais à l’époque tout ce qui venait de France, même un vieux journal usagé, était bienvenu. Je fus ainsi le premier Français à me rendre à Slaviansk.LCDR : Et ça vous a plu, cette vie dans l’Est ukrainien ?F. D. : Oui. Vous savez, il y avait en Ukraine un vrai attachement à la France et aux Français, et les Ukrainiens eux-mêmes étaient très attachants. Je m’y suis fait des amis, des gens avec qui je suis encore en contact aujourd’hui. Et puis, je trouvais mon boulot passionnant : être le micro-ambassadeur de la France dans la région, c’était intéressant et ça constituait un vrai défi. Bon ce n’était pas très joyeux non plus,

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Nina Fasciaux