Cédric Gras

Cédric Gras : « Il faut que les Russes osent dire : regardez comme nous sommes formidables »

Nominé pour le prix Bouvier 2014, qui récompense, en France, les ouvrages d’écrivains voyageurs, Cédric Gras s’est fait connaître grâce à ses deux premiers livres, qui relataient ses séjours en Russie. Présent en CEI depuis huit ans, il dirige aujourd’hui l’Alliance française de Donetsk, dans l’Est de l’Ukraine. Rencontre avec un amoureux du « monde russe ».Le Courrier de Russie : Pourquoi la Russie ?Cédric Gras : Je n’ai aucune origine russe, et je n’ai même pas atterri ici grâce à mes études – de géographie – mais via le monde de l’alpinisme : je grimpais en Amérique du Sud, dans l’Himalaya... Je crois que j’ai rencontré des alpinistes russes une fois, au Pakistan. Ils m’avaient fasciné, d’abord parce qu’ils sont excellents et aussi parce que c’étaient des gens sympathiques, des moujiks, des vrais : c’est là que j’ai posé un pied dans le monde russe.LCDR : Qu’avaient-ils de si « sympathique » ?C.G. : C’étaient des chouettes gars. Ils avaient ce côté viril... Une virilité qui vous pousse non à rouler en Mercedes pour impressionner les filles montées sur des talons, mais à vouloir décrocher la lune, à faire des ascensions dangereuses, rudes et hostiles. Une sorte de calme mélangé à un certain courage : ce sont des qualités communes aux alpinistes du monde entier, et les Russes sont nombreux. Mais avant ça, je n’avais aucune raison de me tourner vers la Russie, même pas par mes lectures !
J’ai fini par parler russe avec mes camarades chinois
LCDR : Racontez-nous la suite…C.G. : Je suis arrivé en Russie dans le cadre d’un séjour Erasmus en 2005 : au départ, je devais aller à Leipzig, mais au dernier moment, j’ai opté pour Omsk, car c’était l’université la moins chère que j’avais trouvée. Je me suis inscrit à des cours de russe et me suis retrouvé avec des Chinois dans un foyer horrible qui fermait à 23h tous les jours. Mais finalement, Omsk a très bien rempli son rôle, puisque j’ai fini par parler russe avec mes camarades chinois.LCDR : Et ensuite ? C.G. : Ensuite, je suis parti à Vladivostok pour ouvrir une Alliance française – c’était l’occasion, puisque j’y étais. C’était ça ou Iakoutsk : la ville où, selon la légende, l’hiver dure la moitié de l’année – et c’est bien réel. Le climat à Vladivostok est beaucoup plus clément, et j’y suis resté trois ans. Puis j’ai entamé une thèse de géographie qui avait pour sujet l’Extrême-Orient russe méridional,

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Nina Fasciaux

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