Georges Polinski : « Je ne suis pas venu en Russie payer moins d’impôts, je suis venu mourir ici »

Georges Polinski : « Je ne suis pas venu en Russie payer moins d’impôts, je suis venu mourir ici »

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Originaire de Roubaix, Georges Polinski est arrivé en URSS le 27 février 1989, et a décidé d’y mourir – allant jusqu’à prendre la nationalité russe. Fondateur d’Europa Plus, la fréquence la plus écoutée du pays, et du groupe Europa Media Group, qu’il a quitté il y a un an, Georges est également, dit-on, l’ami du président Poutine. Il se raconte au Courrier de Russie.

Le Courrier de Russie : Que faites-vous ici ?

Georges Polinski : Je suis arrivé en Union soviétique pour deux jours, les 27 et 28 février 1989. J’arrivais dans l’idée de simplement venir voir. Je ne savais rien de l’URSS, je ne savais même pas placer la Russie sur une carte.

LCDR : Pourquoi la Russie ?

G.P. : Pas la Russie, l’URSS !

LCDR : D’accord. Alors pourquoi l’URSS ?

G.P. : Cela m’amusait de venir ici – l’URSS était un symbole, et je suis tombé fou amoureux du pays. Pourtant, personne ne m’attendait, l’aéroport de Sheremetievo était gris et sale, infesté de gens armés. Je suis descendu à l’hôtel Kosmos, j’avais une chambre en hauteur. Quand j’ai vu la tour d’Ostankino, je me suis dit que j’allais y installer ma radio.

Parce que ça semblait impossible

LCDR : Pourquoi ?

G.P. : Parce que ça semblait impossible. En 1989, j’étais en train de créer un réseau de radios en France, Kiss FM. Quand j’ai dit que je partais, tout le monde a dit que j’étais fou. Mais qu’est-ce qu’une idée de génie, sinon une idée folle qui a réussi ? Lorsque je suis arrivé, le mot publicité n’existait pas. Il n’y avait pas d’annonceurs. Monter une radio privée dans un pays où il n’y a pas de recettes semblait pour le moins irrationnel. Vous savez, je fais partie des enfants de la FM : j’ai collaboré aux premières radios pirates, à Campus Lille en 1975, j’ai monté Radio Riposte en 1981 pour le parti socialiste. Ma première radio commerciale, c’était à Nantes, en 82. Ce n’était pas le premier risque que je prenais, ni le dernier.

LCDR : Qu’est-ce qui vous a tant plu, au point de rester ?

G.P. : L’hôtel Kosmos lui-même. Dans l’entrée, cette espèce de hall de gare, il y avait des machines à sous partout. À l’époque, on parlait de la Perestroïka sans vraiment comprendre ce que c’était. Mais les machines à sous, ça, c’était le signe que les choses étaient réellement en train de changer. Au bout de quelques mois, en juin 89, j’émettais les premières émissions en direct. Et un an après, je montais ma radio : Europa Plus. C’était en avril 90.

LCDR : Qu’est-ce qui vous a fait croire que ça marcherait ?

G.P. : Rien. J’en avais juste envie : je veux, je peux, je fais. À l’époque, il n’y avait pas d’études marketing. En même temps, c’était facile comme tout : j’avais fait tellement d’erreurs en France, il m’a suffi de ne pas les reproduire ici et je suis passé pour un génie !

Je ne voulais pas que mon projet soit piloté par le KGB

LCDR : De qui vous êtes-vous entouré ? De Français ?

G.P. : Non, l’équipe comptait très peu de Français. J’ai considéré que c’était une radio soviétique, pour les Soviétiques, faite par des Soviétiques. En revanche, je me suis assuré d’un capital majoritairement français – je ne voulais pas que mon projet soit piloté par le KGB. […]

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Nina Fasciaux

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17 décembre 2015
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17 juillet 2015
Des grenouilles dans la vodka

Catherine Joffroy : « J’ai voulu prendre, à 18 ans, la nationalité soviétique »

Catherine Joffroy est avocate associée au sein du cabinet Dentons. Venue en Russie en 1978, alors qu’elle n’était qu’une adolescente, elle ne s’en est jamais détournée et y séjourne, depuis, plusieurs mois par an. Rencontre avec une férue de la Russie. Le Courrier de Russie : D’où venez-vous ? Catherine Joffroy : Je suis née dans l’est de la France, puis ai grandi à Toulouse. LCDR : Pourquoi la Russie ? C.J. : Mon père, professeur de médecine, voulait que j’apprenne le russe : en tant qu’anti-communiste, il pensait qu’il fallait connaître la langue de l’« ennemi ». Il disait : Si ton ennemi d’aujourd’hui devient ton ami de demain, ce que je te souhaite par-dessus tout, tu auras dix ans d’avance sur tout le monde. Ce qui était assez visionnaire ! Si ça a d’abord impliqué de changer de lycée, ça voulait dire aussi me rendre en URSS dès l’adolescence. Au départ, j’étais contre, évidemment, mais ensuite, je suis tombée totalement amoureuse de la langue russe : ça a été pour moi une véritable révélation, un coup de foudre. LCDR : À quand remonte votre premier séjour en Russie ? C.J. : À 1978 – j’avais 15 ans. Pour les mineurs, à l’époque, la seule possibilité de voyager en Union soviétique était de passer par l’association France-URSS, très engagée dans le combat pour le communisme. LCDR : Et ça vous a plu ? C.J. : À partir de cette année 1978, j’ai passé en URSS deux à trois mois par an tous les ans, soit la totalité des vacances scolaires – même l’hiver ! J’étais complètement accro ! Nous apprenions le russe et le marxisme-léninisme, et nous séjournions dans des camps de pionniers. Plus je découvrais le pays, plus ça me plaisait. « Rien dans les magasins, rien sur les étagères, mais tout sur la table » LCDR : Qu’est-ce qui vous plaisait ? C. J. : J’ai découvert des gens de tous horizons, de toutes cultures, ce furent des années vraiment fabuleuses. Ces années n’avaient rien à voir avec la Russie d’aujourd’hui. Les gens n’avaient rien, et moins ils possédaient, plus ils donnaient : rien dans les magasins, rien sur les étagères, mais tout sur la table. Il y avait une solidarité très spécifique, une entraide véritablement fraternelle qui, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 juillet 2015