Disparus dans la province russe

Disparus dans la province russe

C’est bien connu : débarquer à Moscou n’est, pour un Français, pas si effrayant que ça. La communauté francophone est là pour vous aider à vous intégrer au mieux dans la société en expliquant où trouver la meilleure vodka et les balalaïkas pour les cadeaux souvenirs. Mais si votre mission vous amène en pleine province russe, sans consulat ni baguette de chez Volkonsky ? Le Courrier de Russie a recueilli les leçons de survie de trois Français à Rybinsk.

Expatriation dénaturée

« Il y a ici quelque chose de très différent comparé à la province française, raconte Michel Ranger, directeur adjoint du programme SaM 146. En France, si vous êtes étranger – ou simplement pas du coin –, il est extrêmement difficile de s’intégrer. Alors qu’ici, bien que la ville ait été fermée à l’époque soviétique, on est très bien accueilli et accepté. Nous ne sommes pas isolés ».Installé à Rybinsk depuis trois ans, ce grand barbu à col ouvert aurait l’air tout à fait russe si ce n’était cette écharpe à carreaux autour du cou. Après 15 allers-retours en Russie pour le département des achats du groupe Safran, Michel, séduit par le pays et assoiffé de découvertes, a accepté un poste au sein du projet SaM146.Nous sommes assis dans le restaurant rybinskois Barkhat, sous un lustre, aux pieds d’un samovar. La carte propose un choix tout à fait moscovite et des prix deux fois moins élevés.La conversation se poursuit avec Christel Gayet, directeur des opérations industrielles Russie, et Hervé Davoux, ingénieur marque production, tous deux chez Snecma. Christel n’a pas l’attitude des grands directeurs et on ne ressent pas, avec lui, la distance qu’établissent souvent les gens occupant des postes importants.

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Vera GAUFMAN

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