Bertrand Hedouin : « En Russie, on n’arrive pas. L’arrivée, c’est la mort »

Bertrand Hedouin : « En Russie, on n’arrive pas. L’arrivée, c’est la mort »

Bertrand Hedouin a fait des affaires en Russie pendant près de quinze ans. Puis il s’est lassé et a voulu retourner à ses premières amours – le théâtre. Alors qu’il mûrissait le projet de monter une école de théâtre pour handicapés, il est tombé d’un toit et est devenu lui-même partiellement – et provisoirement – invalide. Rencontre.

La version en russe

Le Courrier de Russie : Qu’avez-vous fait pour atterrir ici, Bertrand ?

Bertrand Hedouin : Au départ, je me destinais à poursuivre des études d’économie, à Caen. Mais un beau jour, en vacances sur une plage, je me suis imaginé banquier – et j’ai pris peur. Des amis à moi apprenaient alors le russe et je me suis interrogé sur le fait que nous avions décidé, nous Occidentaux, d’ignorer un sixième de la planète – à l’époque, l’URSS. J’ai donc entamé des études de russe à l’INALCO, suivies d’un passage par les Hautes Études Internationales, qui préparent aux métiers de la diplomatie.

LCDR : Votre première fois en URSS ?

B.H. : J’ai étudié quelque temps en Lituanie, puis j’ai travaillé à l’ambassade de France à Vilnius dans les années 1990. En 1998, je suis arrivé en Russie et depuis, j’y passe 70% de mon temps.

LCDR : Que faisiez-vous alors ?

B.H. : J’aidais les entreprises françaises à se développer en Russie, comme un consultant. Je les contactais, je leur présentais un business plan et les persuadais de s’implanter.

La Russie demande que l’on se donne les moyens : elle exige du temps et de l’argent

LCDR : Comment faisiez-vous pour les persuader ?

B.H. : Je leur disais qu’ils allaient vendre et que j’allais tout gérer. Il fallait les rassurer. Ce qui enlevait d’ailleurs de l’intérêt à la discussion, mais tant pis. […]

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Propos recueillis par Nina Fasciaux

Dernières nouvelles de la Russie

International

Jean Malaurie : « Dans ces temps compliqués, il est essentiel que Paris reste unie fraternellement auprès de Moscou »

En perspective de la COP21 et à l’aube de ses 93 ans, le professeur Jean Malaurie a été élevé au grade de Grand officier de la Légion d’honneur par la République française, le 20 novembre dernier. Il en a profité pour honorer ses amis russes et annoncer la création de l’Institut arctique Jean Malaurie à Saint-Pétersbourg, pour lequel il a de grandes ambitions, avant de lancer un ultime appel pour la survie des peuples arctiques. « En cet élégant hôtel de Salm, palais de la Légion d’honneur, je veux particulièrement saluer Son Excellence Monsieur Alexandre Orlov, ambassadeur de la Fédération de Russie. Je m’honore de son amitié et, dans ces temps compliqués, il est essentiel que Paris reste unie fraternellement auprès de Moscou, comme si souvent dans l’histoire et très notamment durant la Seconde Guerre mondiale » : c’est ainsi que Jean Malaurie a décidé d’entamer son discours, avant d’exprimer son émotion face à la présence à la cérémonie d’une délégation d’Inuits du Groenland – dont douze jeunes adolescents, descendants de chasseurs inuits que l’explorateur a très bien connus. Ce dernier a en outre profité de la cérémonie pour faire entendre, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 décembre 2015
Des grenouilles dans la vodka

Germain Derobert : « La Russie est un pays où l’on est en proie à des rencontres qui bouleversent l’existence »

Ceci est mon interview d’adieu à la Russie. Pour boucler la boucle, et puisque la vie l’a placé sur mon chemin, j’ai choisi de donner la parole à Germain Derobert, cofondateur du cabaret russe d’Avignon, Le Delirium, dont la fréquentation assidue a nourri dès mon plus jeune âge mon attirance pour la culture russe et ce monde que j’imaginais. Ayant posé pour la première fois le pied en Russie il y a quinze ans, dans d’improbables circonstances, Germain Derobert se rend désormais à Moscou une fois par mois, pour faire connaître aux Russes les vins du sud de la France. Le Courrier de Russie : Pourquoi la Russie, Germain ? Germain Derobert : Tout est parti du Café du commerce, à Avignon. LCDR : J’aime beaucoup les histoires qui commencent au Café du commerce… G.D. : Nous étions musiciens, mon frère Laurent et moi. Nous jouions au Café du commerce un répertoire russe avec Elena, une passionnée de Russie qui a appris le russe en chantant. Le patron du café était très radin, on jouait gratuitement, mais il ne nous laissait pas boire à volonté. Un jour, mon frère a craqué : Pas de vin, pas de musique !, a-t-il décrété, et nous nous sommes mis à casser des verres – en rythme. À la fin de la soirée, penauds, nous avons tout de même demandé au patron combien nous lui devions pour les verres brisés. Mais en fait, il était ravi : il avait trouvé ça fabuleux, et nous avons donc joué tous les mardis soirs – rémunérés en verres cassés, en nombre illimité. Un jour, des comédiens russes nous ont vus et, intrigués par les chansons russes et la foule en liesse qui cassait des verres, ont décidé de nous filmer. Un mois plus tard, nous recevions une invitation d’un grand théâtre de Saint-Pétersbourg. « Arrosez les plantes, et invitez des gens tous les soirs » LCDR : Et ? G.D. : On y est allé à l’hiver 2000 – j’avais 22 ans. L’affiche de notre spectacle, très soviétique, disait : Evgueni Dyatlov [acteur et chanteur pétersbourgeois, ndlr] et ses amis français. Nous jouions des chansons françaises et russes. LCDR : Quel souvenir gardes-tu de Saint-Pétersbourg ? G.D. : Nous étions logés dans ce qui était certainement le plus bel appartement de la ville, en face de la cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé. Nos hôtes nous ont juste donné les clés, à une condition : arroser les plantes, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 juillet 2015
Des grenouilles dans la vodka

Catherine Joffroy : « J’ai voulu prendre, à 18 ans, la nationalité soviétique »

Catherine Joffroy est avocate associée au sein du cabinet Dentons. Venue en Russie en 1978, alors qu’elle n’était qu’une adolescente, elle ne s’en est jamais détournée et y séjourne, depuis, plusieurs mois par an. Rencontre avec une férue de la Russie. Le Courrier de Russie : D’où venez-vous ? Catherine Joffroy : Je suis née dans l’est de la France, puis ai grandi à Toulouse. LCDR : Pourquoi la Russie ? C.J. : Mon père, professeur de médecine, voulait que j’apprenne le russe : en tant qu’anti-communiste, il pensait qu’il fallait connaître la langue de l’« ennemi ». Il disait : Si ton ennemi d’aujourd’hui devient ton ami de demain, ce que je te souhaite par-dessus tout, tu auras dix ans d’avance sur tout le monde. Ce qui était assez visionnaire ! Si ça a d’abord impliqué de changer de lycée, ça voulait dire aussi me rendre en URSS dès l’adolescence. Au départ, j’étais contre, évidemment, mais ensuite, je suis tombée totalement amoureuse de la langue russe : ça a été pour moi une véritable révélation, un coup de foudre. LCDR : À quand remonte votre premier séjour en Russie ? C.J. : À 1978 – j’avais 15 ans. Pour les mineurs, à l’époque, la seule possibilité de voyager en Union soviétique était de passer par l’association France-URSS, très engagée dans le combat pour le communisme. LCDR : Et ça vous a plu ? C.J. : À partir de cette année 1978, j’ai passé en URSS deux à trois mois par an tous les ans, soit la totalité des vacances scolaires – même l’hiver ! J’étais complètement accro ! Nous apprenions le russe et le marxisme-léninisme, et nous séjournions dans des camps de pionniers. Plus je découvrais le pays, plus ça me plaisait. « Rien dans les magasins, rien sur les étagères, mais tout sur la table » LCDR : Qu’est-ce qui vous plaisait ? C. J. : J’ai découvert des gens de tous horizons, de toutes cultures, ce furent des années vraiment fabuleuses. Ces années n’avaient rien à voir avec la Russie d’aujourd’hui. Les gens n’avaient rien, et moins ils possédaient, plus ils donnaient : rien dans les magasins, rien sur les étagères, mais tout sur la table. Il y avait une solidarité très spécifique, une entraide véritablement fraternelle qui, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 juillet 2015
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