Maxime Mardoukhaev : « Ce n’est pas de Poutine dont j’ai peur, mais de la Russie, de ses ardeurs »

Maxime Mardoukhaev : « Ce n’est pas de Poutine dont j’ai peur, mais de la Russie, de ses ardeurs »

Maxime Mardoukhaev est à la fois un descendant de Léon Tolstoï et de Konstantin Stanislavski et le fils d’un Juif d’Azerbaïdjan. Il vit en France et réalise des documentaires – sur la Russie pour la plupart. Alors, grenouille dans la vodka ou l’inverse ? Homme de cœur ou de raison ? Russe blanc ou pur produit soviétique ? Démêlages.Le Courrier de Russie : Qui êtes-vous, Maxime ?Maxime Mardoukhaev : Je suis né à Moscou en 1960. Ma mère est née à Paris, ses parents s’appelaient Igor et Alexandra, ils avaient émigré en France. Alexandra était la petite-fille de Léon Tolstoï et Igor, le fils de Konstantin Stanislavski. Mais moi, je suis un pur produit soviétique : mon père est un juif d’Azerbaïdjan, issu d’une famille modeste de huit enfants. Il est né à Bakou. Avant l’URSS, il aurait était impensable que ma princesse de mère rencontre mon paysan de père ! Papa plaisantait toujours en disant : « Heureusement que je suis passé par là apporter un peu de sang neuf. »LCDR : Quand êtes-vous parti en France ?M.M. : Je suis allé à l’école à Moscou jusqu’à mes 13 ans. Ma mère n’était pas retournée en France depuis 1948, date à laquelle son père avait voulu rentrer en URSS – il répondait à l’appel de Staline. Il n’imaginait pas, alors, le sort qui était réservé aux émigrés : goulag, exécutions, etc. Pour tout dire, il a été sauvé par la troupe du Théâtre d’Art de Moscou. Puisqu’il était le fils du célébrissime metteur en scène, les artistes sont venus les récupérer lui et ma mère à leur arrivée à Odessa, empêchant leur arrestation. En 1973, ma mère a décidé de rentrer en France – il était prévu que mon père nous rejoigne ensuite. Quand je suis parti de Moscou, je pensais que c’était pour toujours : évidemment, je ne le voulais pas.LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, dans cet exil ?M. M : La première chose est que j’ai été très étonné par le fait qu’il n’y avait pas d’écoles mixtes. Alors que moi en URSS déjà, je fréquentais les filles à l’école ! J’étais très attristé. Et puis il y avait la peur,

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Nina Fasciaux

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