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Muriel Rousseau-Ovtchinnikov : « En Russie le ciel est plus grand »

Muriel Rousseau-Ovtchinnikov : « En Russie le ciel est plus grand »

читать по-русскииMuriel Rousseau-Ovtchinnikov est directrice générale de l’agence de création Lieu commun. Arrivée en Russie en 1993, elle est mariée à un Russe depuis 1988 et a, entre autres, participé à la création des incontournables bistrots Jean-Jacques et Mayak. Mais avant tout, Muriel aime raconter et concevoir des histoires. Rencontre au Club des dessinateurs, café moscovite insolite où l’heure est toujours à la fête.

Le Courrier de Russie : Qui êtes vous, Muriel ?

Muriel Rousseau-Ovtchinnikov : Je suis née à Paris, dans une famille d’artistes qui vivaient depuis 13 générations sous le même toit. J’ai fait mes premiers pas dans une boîte de communication tout en étudiant aux Beaux-Arts, quand je me suis rendue compte que les commerciaux dirigeaient mon travail, que je n’étais qu’une simple exécutante. Moi, j’avais envie de créer l’histoire dans son entier, alors j’ai suivi un MBA en marketing et j’ai rejoint une agence de communication spécialisée sur l’industrie.LCDR : Et la Russie dans tout ça ?M.R-O. : À 18 ans, j’ai passé une année chez les Jésuites, j’y avais un professeur, une Allemande, que j’appréciais particulièrement. Assez âgée, elle avait des amis russes de longue date à qui elle souhaitait dire adieu avant de mourir. Je l’ai poussée à le faire et l’ai accompagnée en Russie, c’était en 1984. Ce fut une révélation ! J’ai su que c’était là que je voulais vivre. Les amis de cette femme m’ont toujours réinvitée et j’ai commencé de me rendre en Russie très régulièrement, seule. J’apportais des médicaments et les Russes me confiaient des notes, des livres pour d’autres personnes, à l’Ouest.LCDR : Qu’est-ce qui vous a plu ?M.R-O. : Un autre rapport au temps ! Moi, en véritable parisienne, j’avais une hyper-conscience du temps. Alors qu’ici, on ne dormait pas, on se donnait le temps de faire les choses à fond, on discutait dans la cuisine jusqu’à 4h du matin… À vrai dire, je m’étais complètement trompée –puisqu’ici,

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Nina Fasciaux