Didier Renard

Didier Renard : « Quand on revient en France, tout vous semble un peu mou »

Renardi est une fabrique de pâtisseries créée par Didier Renard, qui a posé son premier pied en Russie il y a quinze ans. Ancien chef pâtissier d’un des plus grands restaurants moscovites des années 90, il conte son parcours au Courrier de Russie, entre deux macarons. Rencontre gourmande en pleine effervescence d’avant les fêtes.

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Le Courrier de Russie : Votre premier contact avec la Russie ?Didier Renard : J’avais été envoyé par Potel et Chabot, pour qui je travaillais comme pâtissier. La première fois à Moscou, c’était pour la Kremlin Cup [tournoi de tennis professionnel, ndlr] au milieu des années 90. La deuxième fois, c’était pour un cocktail au musée Pouchkine : la façade de la Maison blanche était couverte de grandes taches noires cachées par du contreplaqué - les traces de l’attaque contre le parlement [lors de la crise constitutionnelle de 1993, ndlr]. Avant ça, je voyageais également à New York - pour former le personnel de notre filiale - ou à Prague, juste après l’ouverture des frontières : à l’époque, il y avait des peaux de banane partout en République tchèque - les gens ne mangeaient que ça !LCDR : Et en Russie ?D. R. : Au musée Pouchkine, les gens se jetaient sur les kiwis… Quand on venait à Moscou, nous, les cuisiniers, on emportait des longes de porc : vous savez ce que c’est ? un morceau très fin. On en prenait avec nous dans l’avion, sous vide. Il n’y avait rien ici, c’était dur… Lors de la Kremlin Cup, je n’avais plus d’œufs ni de chocolat pour mes gâteaux. C’est un pâtissier belge du Radisson qui m’a dépanné : avec les carrés de chocolat qu’on utilise pour servir le café !
"Ça sentait la démerde"
LCDR : Quand vous êtes-vous installé définitivement ?D. R. : J’étais revenu de Russie enthousiasmé : ça sentait la démerde, vraiment, l’aventure. J’y allais même parfois sans être payé, pour filer des coups de main, pour le plaisir. Alors quand on m’a proposé l’Eldorado,

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Propos recueillis par Nina Fasciaux

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