Jean-Michel Cosnuau : de conseiller de Jack Lang à patron de boîte de nuit
Des grenouilles dans la vodka

Jean-Michel Cosnuau : de conseiller de Jack Lang à patron de boîte de nuit

On pourrait l’appeler le Roi de la nuit. Seulement il est bien plus que ça : maoïste étant jeune, puis publicitaire, bouddhiste et homme d’affaires converti à l’orthodoxie. Débarqué à Moscou en 1996, Jean-Michel Cosnuau a ouvert bon nombre de clubs branchés et sulfureux, tels le Safari ou le KM 19. Rencontre avec un homme libre.

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Le Courrier de Russie : Si je vous dis « ivresse » ?Jean-Michel Cosnuau : La Russie elle-même transpire l’ivresse : en arrivant ici, c’est comme si vous aviez été enfermé longtemps dans un espace confiné et que, d’un coup, vous respiriez : ce grand pays, cette liberté individuelle… c’est enivrant. Les Russes gèrent leur surmoi avec la vodka, tout ici est extrême. Le zapoï [pratique consistant à ne pas cesser de boire et d’être ivre pendant plusieurs jours, menant à un état second, ndlr], d’ailleurs, n’existe qu’ici : j’avais un partenaire qui me rendait fou, régulièrement, il partait boire pendant trois semaines. À certaines soirées d’entreprises dans l’un des clubs que j’avais, des mecs en costard-cravate finissaient la tête dans le potage, ou par se taper dessus… mais au moins, entre eux tout était clair.LCDR : Comment un sociologue finit-il patron de boîte de nuit à Moscou ?Jean Michel Cosnuau : J’ai un background politique et social, c’est vrai, j’ai notamment été conseiller de Jack Lang pendant deux ans… sans jamais être dans un parti. Je suis toujours resté borderline ! Ensuite, j’ai été directeur d’une agence de publicité à Paris. À une époque, j’ai commencé à développer en France et en Espagne des bars rock qui s’appelaient Chesterfield Café : je m’occupais alors du planning stratégique de Philip Morris et c’était un moyen de détourner les lois anti-tabac en faisant venir des groupes pour la promotion du bar. L’idée m’avait tellement plu que j’en ai monté plusieurs : et c’est comme ça que je suis arrivé à Moscou, pour ouvrir un autre Chesterfield Café. Je me suis associé avec le patron du Hungry Duck. Et je suis toujours là. Depuis, j’ai monté une quinzaine de bars, restaurants, clubs…LCDR : Qu’est-ce qui vous a décidé à rester ?Jean Michel Cosnuau : Ma femme,

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Propos recueillis par Nina Fasciaux

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