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Enseignement : les langues étrangères ratent le bac

Enseignement
Les langues étrangères ratent le bac

Cours d'anglais à l'internat international "Letovo School" de Moscou, le 4 septembre 2020. Photo : Alexander Shcherbak / TASS

Souvent excellent à l’université, l’enseignement des langues en Russie peine à se démocratiser. Le gouvernement vient d’ailleurs d’annuler l’instauration prochaine d’une épreuve obligatoire de langue vivante au baccalauréat : la piètre qualité de la formation scolaire risquait de faire échouer une majorité de candidats. Un problème aux racines anciennes.

Voulue il y a dix ans par l’ancien Premier ministre Dmitri Medvedev, l’épreuve devait voir le jour en 2022. Elle ne sera finalement pas imposée, et les langues vivantes demeureront des options. En cause : le manque de professeurs compétents en province, qui prive une majorité d’élèves d’un enseignement de qualité.

Selon un rapport du Centre régional des études linguistiques, on compte un professeur d’anglais pour 25 à 28 élèves en Russie (voire un pour 30 dans le Caucase)… « On ne peut pas enseigner efficacement une langue vivante à des groupes de trente, explique Vsevolod Loukhovitski, co-président du syndicat Outchitel. Il faudrait diviser toutes les classes par deux, mais nous manquons d’effectifs, parce que les professeurs sont sous-payés. Celui qui parle anglais gagnera toujours plus en faisant des traductions qu’en enseignant. »

L’académicien Viktor Bolotov, l’un des « pères » de l’Examen d’État unifié (EGE, le baccalauréat russe) dans les années 2000, admet que le niveau général des classes de langues risquait de faire échouer une majorité de lycéens. De fait, en 2019, seuls 5 % des Russes (dont 15 % des jeunes diplômés) parlaient couramment l’anglais, indique un sondage du Centre russe de l’opinion publique (VTsIOM). Pourtant, 63 % d’entre eux jugent « nécessaire » la maîtrise de cette langue dans le monde d’aujourd’hui.

Certains se félicitent néanmoins de l’abandon de l’épreuve. En juillet dernier, le Comité national des parents, association conservatrice, estimait dans une adresse au ministère de l’Enseignement que l’apprentissage obligatoire d’une langue vivante à l’école revenait à faire de la Russie une « colonie étrangère »... Le ministère affirme avoir pris sa décision après réception de ce courrier.

Quand la Russie parlait français…

L’enseignement des langues étrangères a toujours été une question éminemment politique. Jusqu’au XVIIIe siècle, il n’existe que deux écoles spécialisées en Russie : l’Académie Mohyla de Kiev et l’Académie gréco-latine de Moscou.

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