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Curare, polonium, Novitchok : pharmacologie de l’empoisonnement politique

Curare, polonium, Novitchok
Pharmacologie de l’empoisonnement politique

La probable tentative d’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny – qui vient de sortir du coma dans lequel il était plongé depuis presque trois semaines – est loin d’être un cas isolé dans l’histoire russe. 

Dans les années 1530, la jeune veuve du grand-prince Vassili, Elena Glinskaïa, qui avait réussi à tenir les boyards à l’écart du pouvoir après la mort de son époux, meurt soudainement. Dans les couloirs du Kremlin, il se murmure qu’elle aurait été empoisonnée. Quatre siècles plus tard, l’analyse d’une mèche de cheveux de la jeune femme révèle un taux élevé de mercure qui semble confirmer cette hypothèse. Certains historiens en doutent néanmoins : le mercure était un des éléments les plus utilisés dans la confection de cosmétiques au XVIe siècle. La mère du futur Ivan IV (« le Terrible ») était peut-être très coquette… 

Quoi qu’il en soit, dans la Moscovie de l’époque – comme en Occident, d’ailleurs –, la mode est indéniablement aux empoisonnements. La tsarine et épouse du Terrible, Anastasia Romanova, en a probablement fait les frais, en 1560. Un demi-siècle plus tard, en plein Temps des Troubles, le tsar Vassili Chouïski écarte par ce moyen Mikhaïl Skopine, dont la popularité lui fait de l’ombre et menace son trône. 

Avec l’avènement de la dynastie Romanov, les officines sont au chômage technique. Elles ne reprendront du service qu’après la chute de l’Empire et la prise du pouvoir par les bolcheviks. 

Le laboratoire du NKVD 

Le 16 mars 1919, Iakov Sverdlov, une des figures de la révolution bolchevique, meurt à Moscou. Officiellement, la grippe espagnole, qui sévit dans le monde entier, a frappé. Quelques historiens soupçonnent toutefois un assassinat commandité par Lénine, qui aurait craint la concurrence de son jeune compagnon de lutte. Difficile de faire la part du fantasme d’historien, de la théorie du complot et de la vérité. C’est d’ailleurs l’« avantage » de l’empoisonnement pour l’assassin : cette arme est d’une redoutable discrétion. La dictature stalinienne en a d’ailleurs fait un usage massif. 

Les substances toxiques étaient testées sur les prisonniers du Goulag.

Dans la seconde moitié des années 1930,

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