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Coronascepticisme, l’autre fléau

Coronascepticisme
L’autre fléau

Tandis que la mairie de Moscou met en place un système de laissez-passer pour contraindre la population à rester chez elle, nombre de Russes continuent de nier la réalité de l’épidémie de Covid-19.

À partir de ce 15 avril, tout déplacement en voiture, à vélo, en trottinette électrique ou en transport en commun dans Moscou et sa région doit faire l’objet d’une demande préalable d’autorisation par SMS, sur le site internet officiel de la mairie ou par téléphone. Un numéro composé de seize chiffres et un code QR sont alors envoyés au demandeur, permettant à la police, en cas de contrôle, de l’identifier automatiquement ainsi que de préciser le motif de son déplacement. Pour l’heure, les trajets à pied, autorisés en cas d’urgence ou pour se rendre au supermarché du coin, ne font toujours l’objet d’aucun contrôle. Une décision jugée « illogique » par certains internautes : après tout, un automobiliste est confiné dans son véhicule, alors qu’un piéton risque à chaque instant d’en bousculer un autre et de lui transmettre le virus... 

"J’ai une amie médecin en France. Elle me l’a dit franchement : ne crois pas tout ce qu’on raconte ! On nous ment !"

Pour d’autres, ce sont les tergiversations de la mairie au sujet du système de laissez-passer qui sont suspectes. L’idée fuite en effet dans la presse dès la première quinzaine de mars. À ce moment-là, la Russie ne compte, semble-t-il, que quelques dizaines de cas de contamination, et aucun « scénario catastrophe » n’est encore envisagé. Pourquoi la mairie penserait-elle déjà à tracer ses habitants ? Sur les réseaux sociaux, Moscou est décrite comme un futur « camp de concentration numérique »… 

L’exécutif municipal décrète finalement le confinement de la population le 30 mars, mais les autorisations électroniques ne sont pas mises en place. La police elle-même, pourtant fondée à verbaliser les promeneurs récalcitrants, se contente de leur rappeler la nécessité de rester à la maison.

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