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Nadejda Ajguikhina : « Les médias sérieux restent un contre-pouvoir indispensable »

Nadejda Ajguikhina :
« Les médias sérieux restent un contre-pouvoir indispensable »

Le 22 janvier, à Lucerne, en Suisse, le jury des Fetisov Journalism Awards, un prix de journalisme fondé en 2018 et doté par l’homme d’affaires russe Gleb Fetissov d’une enveloppe record de près de 500 000 euros, a remis ses premières récompenses. Le Courrier de Russie s’est entretenu avec Nadejda Ajguikhina, membre du conseil d’experts du prix et ancienne vice-présidente de la Fédération européenne des journalistes.

Comment est née l’idée de ce nouveau prix de journalisme ?

Nadejda Ajguikhina : Au cours d’un séjour d’échange interprofessionnel aux États-Unis, en 2012, la journaliste et militante des droits de l’homme Eva Merkatcheva s’aperçoit, en discutant avec ses pairs, que la plupart des journalistes savent très peu de choses du travail de leurs collègues étrangers. Afin d’y remédier, elle a l’idée d’un nouveau prix international récompensant des enquêtes journalistiques de fond, qui serait à la fois une plate-forme de rencontre et de dialogue. Elle se tourne alors vers le milliardaire russe Gleb Fetissov.

Pourquoi lui ?

N. A. : En 2014, Gleb Fetissov a été accusé d’escroquerie, et Eva Merkatcheva a couvert son procès. Le milliardaire, qui venait de fonder un nouveau parti écologique, baptisé Alliance des Verts-Parti populaire, a toujours clamé son innocence. Il était persuadé – comme de nombreux observateurs – que ces poursuites judiciaires visaient à l’intimider et à l’empêcher de poursuivre en politique. Il a d’ailleurs finalement été lavé de tout soupçon.

Je suppose que cette affaire lui a fait prendre conscience de l’importance du rôle de la presse comme vecteur d’expression de la société civile. Ce sont les journaux qui ont attiré l’attention du grand public sur son procès. Et probablement a-t-il estimé que l’initiative d’Eva Merkatcheva, cette sorte de « Prix Nobel du journalisme », serait un bon moyen de rendre hommage à la profession.

"En Occident,

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Propos recueillis par Sergueï Chestak