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Coronavirus : chronique russe d’une psychose mondiale

Coronavirus : chronique russe d’une psychose mondiale

À ce jour, plus de 24 000 cas de contamination au coronavirus et près de 500 décès ont été recensés dans le monde (très majoritairement en Chine). Face à ces chiffres impressionnants (quoique très inférieurs à une épidémie de grippe), de nombreux Russes s’affolent.

« J’ai peur. Peur pour ma fille, peur pour moi… On entend parler de ce virus chinois partout, mais on ne sait toujours pas comment s’en protéger. Aux dernières nouvelles, il ne fallait plus serrer la main des gens et ne plus s’embrasser. Je ne suis pas sûre que ça serve à grand-chose… » Svetlana, pneumologue de 33 ans, est désemparée. Elle poursuit : « Je suis bien placée pour savoir qu’il n’existe ni vaccin ni traitement. Et nous n’avons aucune instruction particulière pour la prise en charge d’éventuels patients. »

L’ère du soupçon

Svetlana évoque l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), qui avait causé la mort de plus de trois cents personnes en Chine en 2002-2003. « À l’époque, on avait recensé cinq mille cas de contamination en huit mois. On en est déjà à plus de vingt mille en un mois et demi. Le nouveau virus est beaucoup plus dangereux, et nous sommes à peine informés », s’inquiète-t-elle.

Evgueni, journaliste de 47 ans spécialiste du Sud-Est asiatique, pense, quant à lui, que « les autorités chinoises taisent probablement l’étendue réelle du fléau », et qu’il ne faut pas compter sur les médias russes pour enquêter. « La Russie et la Chine entretiennent actuellement de très bonnes relations. De toute évidence, les médias pro-Kremlin évitent tout commentaire désagréable sur la manière dont Pékin gère la crise et distille l’information au compte-gouttes », affirme-t-il. Il souligne également le caractère contre-productif et anxiogène de cette prétendue « rétention d’information » : « Une grande majorité des internautes russes ont vu sur YouTube la vidéo d’une infirmière chinoise de Wuhan – épicentre du virus –, protégée des pieds à la tête, évoquant le chiffre de 90 000 personnes contaminées et déplorant le manque de matériel à la disposition des personnels soignants. »

Tout conspirationnisme mis à part, les dernières déclarations des autorités russes ne sont pas propres à rassurer la population. Le 4 février, lors d’une réunion d’urgence du comité Santé de la Douma, le vice-ministre Sergueï Kraïevoï a ainsi commencé par assurer qu’il ne disposait d’aucune information concernant la propagation du coronavirus dans le pays.

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30 septembre 2020