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Grands magasins Tsoum et Goum : la géopolitique moscovite du luxe

Grands magasins Tsoum et Goum
La géopolitique moscovite du luxe

La semaine séparant le Nouvel An du Noël orthodoxe (7 janvier), chômée par la plupart des Russes, est l’occasion pour certains de faire quelques emplettes et d’admirer les illuminations dans les grands magasins. Situés au cœur de Moscou à cinq cents mètres l’un de l’autre, le Goum et le Tsoum font partie des plus prestigieux. Ils ont pourtant peu de choses en commun.

Le Goum (pour Glavny Ouniversalny Magazin, « Magasin général principal ») borde la place Rouge et fait face au Kremlin. Il se compose de trois galeries, reproduites sur les deux étages supérieurs et recouvertes d’une verrière. Trois « passages », d’une longueur totale de 2,5 kilomètres, largement empruntés par les flâneurs du quartier. Le rez-de-chaussée accueille les boutiques les plus prestigieuses ainsi qu’un magasin d’alimentation, une fontaine et plusieurs kiosques où l’on peut acheter des glaces artisanales et des billets de spectacle. Au dernier étage, on trouve des restaurants, une cafétéria, un cinéma et des toilettes gratuites (pour ceux que rebuteraient les dorures et le prix – environ 3 euros – de celles installées à l’une des entrées).

Malgré sa proximité géographique avec le centre du pouvoir, le Goum apparaît comme un magasin largement plus « démocratique » que son concurrent, fréquemment taxé de « snobisme ».

À cinq cents mètres de là, près du théâtre Bolchoï, s’élève la haute façade grise et néogothique du Tsoum (Tsentralny Ouniversalny Magazin, « Magasin général central »). Inspiré des grands magasins européens de la fin du XIXe siècle, il se prête peu aux promenades, et il ne viendrait à l’idée d’aucun Moscovite de « couper » par le Tsoum, à moins d’avoir un faible pour le lèche-vitrine de luxe. D’ailleurs, selon le journaliste Iouri Soukhanov, les clients sont sommés de montrer patte blanche à l’entrée.

« J’ai fait une expérience, raconte-t-il : j’ai parcouru la ville en uniforme de livreur de plats cuisinés, et essayé de pénétrer dans divers établissements. Je n’ai eu aucun problème au Goum. En revanche, on ne m’a pas laissé entrer au Tsoum : le vigile m’a demandé où j’allais, et m’a conseillé de faire demi-tour. À ses yeux, je n’avais pas les moyens de faire mes emplettes dans le magasin et n’avais donc aucune raison de rester. »

Le Tsoum.

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