Génération Joukov

À 21 ans, le blogueur Egor Joukov, élève à l'École des hautes études en sciences économiques de Moscou, fait partie des personnalités les plus citées sur les réseaux sociaux russes. Son placement en détention provisoire, début août, à la suite de sa participation à une manifestation non autorisée, a suscité un mouvement de soutien sans précédent. Si la justice semble aujourd’hui faire marche arrière, Egor Joukov est d'ores et déjà l'une des icônes politiques de la jeunesse russe.

Arrêté et placé en détention provisoire (pour deux mois), après une perquisition menée la nuit à son domicile le 2 août dernier, Egor Joukov est accusé, avec sept autres jeunes gens, de « troubles massifs » à l'ordre public – qualification pour laquelle il risque de trois à huit ans de prison. En cause, la manifestation du 27 juillet, à Moscou, « pour des élections justes », à l’issue de laquelle la police a procédé à 1 373 interpellations.

Dès l’annonce de son arrestation, l'ensemble de l'École des hautes études en sciences économiques de Moscou (EHESE) où Joukov étudie les sciences politiques, se mobilise. Brandissant des pancartes réclamant la libération de leur camarade, les étudiants se relaient pour organiser des piquets individuels de soutien – la loi russe exige une autorisation préalable de la mairie pour les « rassemblements de deux personnes et plus » – devant l’entrée principale de leur université, rue Miasnitskaïa, et le siège du commissariat central de la capitale, rue Petrovka.

Manifestation en soutien à Egor Joukov le 10 août 2019 à Moscou. Crédit : EPA/YURI KOCHETKOV Des manifestants à Moscou, début août, réclament la libération d'Egor Joukov.

De leur côté, plus de trois cents enseignants de l’école – considérée comme l’université la plus libérale de Russie –, dénoncent, dans une lettre ouverte adressée au Comité d’enquête de la Fédération de Russie (l'équivalent du Parquet en France) et au Tribunal municipal central de Moscou, une arrestation « illégale ». « Egor Joukov est poursuivi pour avoir participé à une marche pacifique, un droit pourtant garanti aux Russes par l’article 31 de notre Constitution, rappelle le texte de la pétition. Vingt-sept membres du Conseil russe pour les droits de l’homme, qui ont observé les événements de la journée du 27 juillet, sont prêts à témoigner qu’il n’y a pas eu de troubles massifs à l’ordre public lors de cette manifestation. »

« Si tu ne t’occupes pas de politique,

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Par Sergueï Chestak

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