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Une coopération scientifique sous haute surveillance

Une coopération scientifique sous haute surveillance

Le ministère russe de la Recherche et de l'Enseignement supérieur vient de fixer une série de restrictions et d’interdits concernant les contacts entre chercheurs russes et étrangers, sous prétexte de « systématiser et uniformiser » la coopération universitaire. La communauté scientifique dénonce un « retour à l’époque du Rideau de fer ».

Le décret ministériel controversé porte un titre interminable : « Sur l’adoption de recommandations destinées aux instituts et organismes sous tutelle du ministère russe de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, concernant les relations avec les institutions publiques étrangères et les organisations internationales et étrangères, ainsi que l’accueil des étrangers en leur sein ». Signé par le ministre Mikhaïl Kotioukov dès février 2019, il n’a été diffusé dans les établissements – sous la forme d’une « note de service » – qu’au mois de juillet, et vient seulement d’être rendu public.

Le document prévoit que les services administratifs des instituts de recherche soient informés au moins cinq jours à l’avance de la tenue de toute rencontre entre universitaires russes et étrangers. En outre, au moins deux chercheurs russes devront être présents lors de ce type de réunions. La liste précise de tous les participants sera également transmise au ministère. Les rendez-vous informels, « prévus en-dehors des heures de travail », devront également obtenir l’aval préalable de la direction de l’université, puis faire l’objet d’un rapport « présentant un bref résumé de la conversation, accompagné du scan des passeports des chercheurs présents ».

« Les décrets de ce genre, absurdes et irréalistes, n’amélioreront pas la sécurité de notre pays. Ils ne feront que l’isoler d’avantage. »

Le texte interdit aussi aux universitaires étrangers en visite dans des établissements russes de faire usage d’« appareils électroniques permettant de copier ou d’enregistrer des informations », à l’exception « des cas prévus par les accords internationaux signés par la Fédération de Russie ». Le décret ne fournit pas plus de précisions sur lesdits « cas et accords » ; les étrangers sont apparemment censés se renseigner par eux-mêmes. Ces exigences s’appliquent aussi aux chercheurs de nationalité russe en poste à l’étranger et revenant en Russie dans le cadre de leur travail.

Il incombe aux responsables d’établissements de « faire appliquer » ces dispositions, notamment en les intégrant à leur règlement interne.

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