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La face cachée du rêve moscovite

Moscou, ses rues arides et poussiéreuses l’été, enneigées et glaciales l’hiver… Comme toutes les mégalopoles du monde, la capitale russe a ses marginaux, ses laissés pour compte, ses sans-abris. Selon les chiffres officiels, ils seraient près de 30 000. Trois fois plus selon les ONG. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Reportage du site Coda.

En ce jeudi soir de la fin-mars, Katia arrive à l’avance sur le parking de la gare de Iaroslavl, à Moscou. À 20 heures, des bénévoles y distribueront repas chauds et médicaments. Katia a 28 ans, comme son mari Vitali. Ils sont sans-abris. Venus d’Ukraine pour travailler il y a trois ans, ils se sont fait arnaquer par leur « employeur », qui a disparu avec leurs papiers. Pendant quelque temps, le couple a vivoté en vendant du bric-à-brac dans les passages souterrains de la capitale. Avec leurs maigres gains, ils ont pu acheter une tente, des oreillers et une couverture.

« Nous nous sommes installés à Zavety Ilitcha, [à une vingtaine de kilomètres de Moscou, ndlr], explique Katia. Tous les soirs, nous rentrons par le dernier train pour éviter les contrôleurs. Le matin, nous faisons le trajet inverse. À la gare, nous demandons à des gens de nous acheter du thé et à manger. Le samedi, un habitant de Zavety Ilitcha nous laisse utiliser sa salle de bains. »

« Les SDF de Moscou sont majoritairement des hommes de 35 à 45 ans qui viennent de régions très touchées par le chômage. Poussés par la crise, la plupart ont laissé famille et logement dans l’espoir d’une vie meilleure. »

Se nourrir, se chauffer et rester propre sont des casse-tête quotidiens pour les 29 000 sans-abris que compte officiellement Moscou (les ONG évoquent le chiffre de 100 000). Ces marginaux ont fait éphémèrement la Une des journaux, l’été dernier, lorsque l’association pétersbourgeoise Notchlejka (« Asile de nuit »), qui aide les SDF depuis vingt ans, a annoncé vouloir ouvrir une laverie gratuite dans le nord de la capitale. Les habitants du quartier ont manifesté pendant près de deux mois contre le projet, qui a finalement été abandonné.

En quête d’une vie meilleure…

Chaque soir, entre 60 et 70 personnes – des hommes pour la plupart – viennent profiter des repas servis derrière la gare de Iaroslavl.

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Traduit par Maïlis Destrée

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