L’or bleu du Baïkal
se refuse à la Chine

La justice russe a récemment fait stopper la construction d’une usine d’embouteillage d’eau, située sur les rives du lac Baïkal. Si l’argument écologique est principalement mis en avant par les opposants au projet, le ras-le-bol des Russes à l’égard des Chinois – qui en sont à l'initiative – n’est pas étranger à cette décision…

Au début de l’année 2019, à Koultouk, localité située au sud du lac Baïkal, d’imposants tuyaux apparaissent sur les rives enneigées de la plus importante réserve d’eau douce liquide du monde. Ce spectacle, qui tranche avec la majesté des lieux, réveille immédiatement habitants et protecteurs de l’environnement. Des manifestations sont organisées (jusqu’à trois mille personnes se rassemblent à Irkoutsk) et une pétition demandant l’arrêt des travaux est lancée sur internet.

« La construction de l'usine causera des dommages importants au lac Baïkal, un endroit unique au monde où nichent de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs », lit-on dans le document. Les opposants au projet affirment aussi que le permis de construire a été délivré illégalement.

Volte-face des autorités

Après la découverte de rejets pétroliers aux abords du chantier, la justice est saisie et, le 14 mars 2019, un tribunal d’Irkoutsk suspend les travaux (la décision est confirmée en appel au début d’avril), officiellement, pour « infraction à la législation environnementale ». Selon la presse locale, les autorités ont plié face à la soudaine opposition de la population. « Depuis son lancement en 2017, le projet n’avait soulevé l’objection d’aucune instance officielle », relève toutefois Egor Chtcherbakov, journaliste indépendant.

L’écologie est une source récurrente de conflit dans la région du Baïkal.

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Thibaut de Maistre et Hugo Estecahandy

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23 avril 2019