La diplomatie médicale
du docteur Novick

Le médecin américain William Novick réalise des opérations cardiaques complexes sur des enfants et des nouveau-nés à travers le monde. Grâce aux deux associations qu’il a créées, l’International Children’s Heart Foundation et la Cardiac Alliance, il a pu opérer en Libye, en Irak, en Iran ou encore dans Belgrade bombardée par l’aviation américaine, à la fin des années 1990. Depuis une dizaine d’années, ce spécialiste reconnu, fréquemment consulté par les instances de l’ONU, exerce aussi en Russie et en Ukraine.

Le Courrier de Russie : Docteur Novick, vous revenez de Russie. Quelle était la raison de ce séjour ?

Wlliam Novick : J’ai passé deux semaines à Voronej, où j’ai opéré onze enfants. Six d’entre eux avaient déjà subi une intervention pour une insuffisance cardiaque. Si, par le passé, j’étais le seul de la ville à réaliser ce genre d’opération, mes collègues russes commencent à prendre le relais. Cette fois, ce sont eux qui ont tout fait de A à Z, selon mes instructions.

LCDR : Depuis combien d’années opérez-vous en Russie ? 

B.N. : Depuis presque dix ans. Je me suis rendu en Russie pour la première fois en 2009 dans le cadre d’un projet à Kemerovo, en Sibérie. À cette époque, notre équipe était déjà connue dans le monde entier. Le chirurgien russo-américain Yakov Elgoudine nous a contactés à la fin de 2007 pour que nous l’aidions à développer un service de cardiologie pédiatrique dans son hôpital. Je me suis empressé d’accepter sa proposition, d’autant plus que j’ai des racines russes.

Il n’est jamais simple de récolter des fonds pour ce genre de déplacement : il nous a fallu près d’un an pour financer le voyage. Au total, nous nous sommes rendus onze fois à Kemerovo, et y avons opéré près de cent cinquante enfants, dont la plupart nécessitaient des interventions complexes. Je pense que nous avons réussi à poser d’excellentes bases : désormais, la cardiologie pédiatrique se développe là-bas, sans notre concours.

Aujourd’hui, nous poursuivons un autre projet à Nijni-Novgorod, où nous coopérons avec l’unité de soins intensifs d’un hôpital local. Nous nous y sommes déjà rendus cinq fois.

LCDR : Vous réalisez des opérations très complexes auxquelles ne se risqueraient pas tous les médecins, même les plus chevronnés. 90 % d’entre elles sont pourtant couronnées de succès. Comment expliquez-vous ce taux de réussite ?

B.N. : Notre équipe internationale se compose de bénévoles et de spécialistes sélectionnés parmi les médecins que nous avons formés au cours de nombreuses années.

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Propos recueillis par Dmitri Zlodorev, Washington

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