Mannequins russes à Paris :
Je t’aime, moi non plus

Lorsque l’on évoque les mannequins russes célèbres, des noms viennent immédiatement à l'esprit : Natalia Vodianova, Irina Shayk, Sacha Pivovarova… Mais si ces supernovas sont les plus brillantes, elles ne sont pas les seules à graviter dans l’univers de la mode parisienne. D'autres étoiles russes commencent en effet à scintiller au firmament de la capitale française...C'est au café Beaubourg que nous rencontrons Sofia Steinberg et Ksenia Petlura, alias Simona Kunst. Emmitouflées dans leurs doudounes, les deux jeunes filles, âgées de seize ans, sirotent du thé en cette fraîche soirée parisienne. Elles se sont rencontrées à l’agence russe Avant Models qui les a recrutées en 2016. Aujourd’hui, elles ont déjà presque trois ans de métier et affichent une assurance impressionnante.Originaire de Novossibirsk (Sibérie), Sofia a été remarquée par un recruteur sur le réseau social russe Vkontakte. Elle était alors en classe de troisième : « On m’a invitée à passer un casting en me disant que j’avais une carrure de mannequin. J’y suis allée et on m’a directement embauchée. Depuis, j’ai quitté l’école et je ne regrette rien. » Les années de scolarité ne sont pas vraiment pour elle de bons souvenirs : « À Moscou, j’avais du mal à parler aux gens, j’étais très timide. Tout a changé après mon déménagement à Stockholm et le début de ma carrière, à Paris. Ça m’a donné un nouveau regard sur le monde et j’ai commencé à m’ouvrir aux autres », poursuit Sofia.Bien que les agences laissent leurs modèles faire ce que bon leur semble pendant leur temps libre, elles leur fixent toutefois des règles strictes concernant leur apparence. Simona cite l’exemple d’un contrat refusé avec une marque qui souhaitait que toutes les filles de son défilé aient une frange. Mais tout dépend aussi de l'importance du client : pour la campagne d’Yves Saint-Laurent, Sofia s’est vu accorder l’autorisation de teindre ses cheveux en rose pâle. « On me dit que ça me va bien », dit-elle avec un sourire juvénile.

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Un reportage d' Alissa Uzbekov (Paris)