L’Europe, une passion ruineuse pour les Russes

Ces dernières années, de nombreux Russes ont pris l’habitude de se se rendre dans les grandes villes européennes uniquement pour des spectacles, des concerts ou des expositions. En ces temps de crise économique, ils refusent de renoncer à ce plaisir de l’âme, quitte à se serrer la ceinture pendant des mois. À la fin des années 2000, les Russes découvrent, en même temps que les réseaux sociaux, la mode du « tourisme événementiel », qui consiste à se rendre à l’étranger – ou dans une autre ville de son propre pays – spécialement pour assister à un concert, un spectacle ou voir une exposition. À l’époque, ces voyages sont l’apanage de la classe moyenne supérieure et des très riches, qui adoptent naturellement ce nouveau « rituel mondain ». Près de vingt ans plus tard, malgré la chute du rouble, les trains de sanctions économiques occidentales qui se succèdent et une stagnation économique qui n'en finit pas, force est de constater que ces voyages ont réellement conquis le cœur des Russes. Les passionnés de théâtre, de peinture et de musique peuvent économiser des mois durant pour s’offrir un simple week-end en Europe – dont ils reviennent fauchés, mais heureux.

Anniversaire à l'opéra

« Un conseil : surtout, évitez de convertir systématiquement les euros en roubles dans votre tête. Vous verrez, tout devient aussitôt plus simple… », plaisante Daria Rebrova, Moscovite de 31 ans. Il y a quelques années, quand la devise européenne équivalait à 30 ou 40 roubles et que Daria gagnait bien sa vie en travaillant dans une grande entreprise, elle profitait de ses vacances pour courir les expositions et les spectacles dans les grandes capitales européennes. Plus que tout, elle aimait fêter ses anniversaires à l’opéra : il y a deux ans, par exemple, elle s’est offert la Roussalotchka (« La Petite Sirène ») d’Alexandre Dargomyjski à Vienne.
Le temps où les Russes avaient le sentiment que tout était moins cher en Europe est révolu. Aujourd’hui, beaucoup de choses sont meilleur marché en Russie,

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Anton Razmakhnine

Dernières nouvelles de la Russie

Zaporojets, la voiture qui valait mille bouteilles de vodka

À la fin du mois de novembre 1960, la première ZAZ 965 sortait de l’usine automobile Kommunar, dans la ville de Zaporojié, en Ukraine soviétique. Aujourd’hui pièce de collection, la « Zaporojets » devient rapidement le véhicule familial le plus vendu en URSS.

14 décembre 2018