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Mégaloparcs

Les Moscovites profitent pleinement des nouveaux espaces verts qui n’en finissent plus de fleurir dans leur mégapole.

Des sentiers sinueux, une lumière nocturne provenant des réverbères dissimulés par les arbres : le « Bois de bouleaux », au nord-ouest de Moscou, a quelque chose de la Cité des Elfes du Seigneur des anneaux. Ici, quelle que soit l’heure, les uns font leur jogging, les autres promènent leurs chiens, pendant que les amoureux se bécotent sur les bancs et que les enfants jouent dans les ruines de fortifications datant de la Seconde Guerre mondiale. Il n’est pas rare que les femmes dédaignent leurs habituels talons hauts pour des chaussures plus confortables : mode européenne ? féminisme ? Non, elles sont là pour se détendre, tout simplement.

Le jour, le parc est pris d’assaut par le troisième âge. « Je viens chaque jour arroser ce petit chêne, que j’ai planté au printemps dernier, raconte Alexandre Novikov, colonel à la retraite de 85 ans. Je veux que mes arrière-petits-enfants puissent venir jouer près de cet arbre, ce sera mon lien avec eux. »

Pour l’instant, le chêne ne mesure pas plus de soixante centimètres, mais il est bien protégé derrière sa triple rangée de pieux et de cordes. Un peu plus loin, un bel orme abrite plusieurs nichoirs, généreusement remplis de graines de tournesols par les grands-mères du quartier. Les mésanges et les moineaux sont aussi enchantés que les petits enfants qui, eux aussi, les nourrissent.

« Cette année, les habitants ont obtenu que la partie du parc la plus récente – qui accueillait des équipements militaires – soit éclairée de manière moins agressive la nuit, afin de ne pas perturber les oiseaux », se réjouit Alissa Golouïenko, conseillère municipale âgée de 20 ans.

Au début du XIXe siècle, Moscou ne disposait pas encore de parcs ouverts au public.

Le Bois de bouleaux fait partie de la dizaine de bois moscovites qui ont survécu à l’expansion que la ville a connue au XXe siècle. Tout naturellement, il est venu grossir les rangs des « parcs » de Moscou, une dénomination qui regroupe des lieux très divers : anciennes propriétés des tsars, jardins publics, parcs de la culture et des loisirs soviétiques, espaces verts sans noms ni attributions particulières.

Cette année, un reportage de la chaîne américaine CNN déclarait que plusieurs parcs moscovites (dont les résidences des tsars de Kolomenskoïé et de Tsaritsyno) offraient les plus beaux panoramas du monde pour les promenades et les séances de photos. […]

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Anton Razmakhnine

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Les musées, une passion russe

Les musées font partie des éléments incontournables du paysage urbain en Russie. En 2018, le pays en comptait près de 2 700, selon le ministère de la Culture. Si l’on ajoute les expositions permanentes abritées par les différents ministères et l’Académie des sciences, ainsi que les innombrables vitrines commémoratives aménagées dans les écoles, bases militaires et entreprises (publiques ou privées), on atteint aisément le nombre de 15 000.Les Russes ont la passion (la manie ?) des musées, et ça se voit : hiver comme été, une longue file d’attente s’étend le long du passage Lavrouchinski, dans le centre de Moscou. Enfants, adultes, personnes âgées peuvent attendre deux, quatre voire six heures avant de pénétrer dans la galerie Tretiakov, un des deux grands musées consacrés à la peinture russe (avec le bien nommé Musée russe de Saint-Pétersbourg). Cette queue étrange, religieusement patiente, fière et pleine d’espoir à l’idée des chefs d’œuvre qu’elle s’apprête consciencieusement à admirer, en rappelle une autre, celle qui s’étirait devant le mausolée de Lénine à l’époque soviétique.Cet hiver, la galerie consacrait une grande exposition à Arkhip Kouïndji, paysagiste du milieu du XIXe siècle célèbre pour son coloris étonnant. Kouïndji fait partie des vingt peintres russes les plus connus dans le pays et figure en bonne place dans les programmes scolaires. En janvier dernier, une de ses œuvres – qui représente le mont Aï-Petri en Crimée – a été dérobée en pleine journée, sans que ni les gardiens ni la foule ne remarquent le voleur. L’incident n’a fait qu’attiser l’intérêt des visiteurs, et l’exposition a battu tous les records de fréquentation.« J’ai voulu acheter un ticket électronique sur internet, mais ce n’est plus possible, raconte Vera Gromova, une Moscovite accompagnée de sa fille de dix ans. Seuls les guichets vendent des billets. Cela fait déjà deux heures que nous patientons. J’espère que nous pourrons visiter l’exposition avant la fin de la journée ! »La galerie Tretiakov a momentanément suspendu la vente de tickets sur son site internet. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

1 mars 2019
Société

Krechtchénié : Les Russes boivent la tasse

Le 19 janvier, l’Église orthodoxe russe (qui suit le calendrier julien) fête le baptême du Christ par saint Jean-Baptiste dans le Jourdain (Krechtchénié). Bien que la liturgie officielle ne prévoie aucun rituel particulier à cette occasion, deux traditions populaires y sont associées : la bénédiction de l’eau (qui lui conférerait de nombreuses vertus) et, plus spectaculaire, la plongée en eau glaciale. Moskovski Komsomolets, extraits.Le parc Kouzminki (sud-est de Moscou), son étang endormi sous quarante centimètres de glace (et une belle épaisseur de neige). Des chiens et leurs maîtres se promènent nonchalamment. Un skieur passe. Sur la porte des « Morses de Kouzminki », le stand estival de location de barques, un écriteau a récemment fait son apparition : « Interdiction de se baigner nu ! Merci ». Depuis le quai, un escalier en bois s’enfonce dans la glace… d’où émerge soudain un courageux « morse », la peau écarlate et le visage rayonnant.Jusqu’en 1917, les baignades hivernales constituaient une tradition très répandue dans le peuple, mais exclusivement réservée aux hommes, un signe de courage et de santé. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

18 janvier 2019
Société

Le mois saint de Drabadan

Du solstice d’hiver (le 22 décembre) au Nouvel An du calendrier julien (le 13 janvier), la vie économique s’arrête en Russie. Les gens se retrouvent, en famille et entre amis, pour trinquer jusqu’à plus soif. « Allez, il faut que j’aille faire le plein pour le mois saint de Drabadan », concluait mon ami Ivan, début décembre, avant de raccrocher le téléphone. Une heure plus tard, je le retrouvais au supermarché du coin, son caddy rempli de boissons de toutes sortes en prévision des Fêtes. Le genre d’emplettes dont il vaut mieux s’occuper bien à l’avance, tant qu’on a de l’argent, afin de profiter des promotions et d’être sûr de ne pas se retrouver à sec (dans tous les sens du terme) au moment fatidique. « Le mois saint de Drabadan »… La formule, en usage quasi exclusivement auprès de la gent masculine, vient d’une expression familière, « piany v drabadan » – « rond comme un coing » – et doit beaucoup à l’homophonie (d’une providentielle ironie) avec la période du jeûne chez les musulmans, Ramadan. Elle désigne un laps de temps d’une durée variable, entre la mi-décembre et la mi-janvier, au cours de laquelle il est de bon ton de ne pas faire preuve d’une sobriété trop sèche. « En URSS, les clients des magasins d’électroménager fuyaient comme la peste les biens fabriqués dans les derniers jours de l’année. » Si les dates exactes du début et la fin de Drabadan font l’objet de querelles parmi les spécialistes et les fêtards, certains signes ne sauraient tromper le béotien. « Je vous propose de nous recontacter après les Fêtes » : ce genre de suggestion, prononcée par une employée de l’administration ou par la secrétaire d’un partenaire économique, indique que les réjouissances ont officieusement commencé. La phrase signifie en substance : « Avec la meilleure volonté du monde, il est impossible d’organiser un rendez-vous avant le 9 ou le 10 janvier ». En effet, à partir de la troisième semaine de décembre, rares sont les responsables et autres directeurs à s’attarder dans les bureaux. La plupart se sont déjà envolés pour Paris, Berlin, Vienne ou New York, afin de fêter le Noël occidental. Questions de calendrier Les « vacances du Nouvel An » (le nom officiel de Drabadan) ont beau être profondément ancrées dans les habitudes calendaires des Russes, elles constituent en réalité une tradition toute récente. Un long processus social a été nécessaire avant que ne s’établissent les conditions favorables à l’apparition de ces semaines de beuverie nationale. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

24 décembre 2018

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