La vieillesse, ennemie du peuple

Le niveau de vie des personnes âgées dans la capitale russe reste deux à trois fois inférieur à celui des actifs. Pour autant, l’ancienne génération refuse de se plaindre de son sort. Autant par dignité que par atavisme soviétique, les vieux Russes se contentent de ce que le gouvernement veut bien leur accorder, dans une grande indifférence sociale.Boris Lvovitch accueille les visiteurs avec un grand sourire, dans son deux-pièces situé au septième étage d’un grand immeuble préfabriqué de la périphérie de Moscou. Malgré ses quatre-vingt-onze ans, l'ancien ingénieur passe allègrement d’une pièce à l’autre pour un rapide tour du propriétaire : ici le salon, la table de travail, l’ordinateur et la bibliothèque ; là, la chambre à coucher, le vélo d’appartement, les photographies de famille (enfants et petits-enfants, sa femme décédée il y a sept ans) ; et, pour finir, la cuisine : « Prenez place, voulez-vous un café ? » Les yeux du vieil homme pétillent, sa bonne humeur est communicative.« J’ai de la chance, estime Boris Lvovitch. Tout le monde n’a pas le bonheur d'être propriétaire à Moscou. Pour les personnes âgées dont ce n’est pas le cas, il n’y a le choix qu’entre la vie en appartement communautaire ou la maison de retraite. Pour moi, la maison de retraite, c’est inenvisageable. Je ne veux y aller sous aucun prétexte. On y est mal traité. »« Le grand âge est toujours stigmatisé en Russie, reconnaît Oksana Siniavskaïa, directrice adjointe de l’Institut de politique sociale de la Haute École d’Économie de Moscou.  Les structures de soins sont mal adaptées aux seniors, et l’accueil qu’ils y reçoivent est souvent déplorable. » Les Russes n'envisagent les maisons de retraite qu’en tout dernier ressort, lorsque aucune autre solution n’est possible.
« De nombreux jeunes adultes s’efforcent de faire déménager leurs parents à Moscou où les aides sociales améliorent leurs conditions de vie. »
« En théorie, avec une ordonnance d’un médecin, tous les médicaments sont gratuits pour les retraités. Mais dans les faits, il est souvent impossible de les trouver en pharmacie, et les équivalents [non pris en charge par la caisse des retraites, ndlr] sont inabordables », explique Boris Lvovitch. L'État n’alloue que huit cents roubles par mois (moins de dix euros) et par personne à l'achat de médicaments.

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Un reportage de Léo Vidal-Giraud

Dernières nouvelles de la Russie

Le cinéma fait sa politique

La polémique entourant le film Prazdnik (« la Fête »), interdit en raison d’un traitement trop léger de la Seconde Guerre mondiale et sorti sur internet au début de l’année, témoigne de l'emprise exercée par les autorités russes sur le monde de l’art, selon le réalisateur Alexeï Krassovski.

 

20 février 2019

La culture bouriate en quête d’un avenir

Les Bouriates – l’une des trois grandes ethnies mongoles – sont intégrés à la Russie depuis le XVIe siècle. Mise en péril par des décennies de persécutions et de politique assimilatoire, mal protégée par la législation russe, leur culture est aujourd’hui en danger. Quelques personnes, comme Solbon Sanjiev, chef du Corps des volontaires du Baïkal, une association de pompiers volontaires luttant contre les incendies de forêt, tentent d'enrayer son déclin.

 

10 janvier 2019

Paul Whelan, pion ou espion ?

L’arrestation, survenue le 28 décembre dernier à Moscou, de Paul Whelan, citoyen américain accusé d’espionnage par les autorités russes, vient clôturer une année 2018 riche en affaires semblables entre la Russie et les pays occidentaux.

 

8 janvier 2019