Moscou :
la fin de l’automobiliste roi

Quinze millions de personnes vivent dans la capitale russe et au moins autant dans sa banlieue : Moscou souffre des embouteillages depuis vingt-cinq ans. La cause ? Son réseau routier hérité de l’URSS ‒ où la vente libre de voitures à des particuliers était impossible ‒ est saturé. Si, dans les années 2000, les autorités municipales sont parvenues à le décongestionner en construisant de nouveaux axes, elles souhaitent aujourd'hui que les habitants de la mégapole renoncent à la voiture.Andreï Rogovskoï, 63 ans, major de l’armée russe à la retraite, gare sa voiture devant sa datcha située à 94 kilomètres au sud de Moscou. Il va prendre le train pour se rendre dans le centre de la capitale. Chaque hiver, depuis cinq ans, c’est là qu’il laisse sa Volkswagen Passat de 1993. « Ma voiture ne me sert plus que lorsque je viens ici passer le week-end ou que je pars en voyage, explique l'ancien officier. À Moscou, il est devenu quasi impossible de rouler et de se garer. » Il y a vingt ans, il aurait été inimaginable pour un Moscovite de tenir de tels propos. Une voiture faisait la fierté de son propriétaire. Tous ceux qui pouvaient se le permettre en achetaient une. À la fin des années 2000, la situation a toutefois radicalement changé : posséder une voiture dans la capitale est devenu bien plus difficile et coûteux.

Des bâtons dans les roues

Depuis l’instauration du stationnement payant à Moscou en 2013 (entre 0,80 et 2,70 euros de l’heure),

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Anton Razmakhnine

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11 octobre 2018

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4 mai 2018