D’où vient l’argent du football russe ?

L’affaire Kokorine-Mamaïev, qui agite les médias russes depuis deux semaines, place au cœur des débats la question de l’argent dans le football. Pour la saison 2017-2018, le budget cumulé des seize clubs de la Première Ligue russe atteignait 49 milliards de roubles (environ 726 millions d’euros). Une somme comparable au PIB d’un petit État comme les îles Samoa. Comment un championnat, dont l’intérêt reste limité à l’intérieur de ses frontières, peut-il mobiliser plus de fonds que les championnats de Belgique et des Pays-Bas réunis ?De manière directe ou indirecte, le football russe est principalement financé par l’État. Certains sponsors prétendument privés, comme la fondation Akhmat Kadyrov, qui finance l’Akhmat Grozny, le club de la capitale tchétchène, puisent largement dans les deniers publics (en l’occurrence, le budget de la Tchétchénie). D'autres clubs, entièrement privés, existent aussi. C’est le cas du Spartak de Moscou, du Rubin Kazan, de l’Anji Makhatchkala ou du FC Krasnodar. Le Rubin Kazan a ainsi récemment réduit son train de vie afin de ne plus dépendre des dotations de la république du Tatarstan. De son côté, le FC Krasnodar est très largement financé par son président, le milliardaire Sergueï Galitski. Le club dispose d'un des meilleurs stades du pays (avec une affluence supérieure à la moyenne) et d’un centre de formation réputé.

Entre public et privé

Le Spartak Moscou (un des clubs les plus célèbres et les plus populaires de Russie) est financé pour l'essentiel par le pétrolier Lukoil et deux sociétés qui lui sont affiliées, le holding IFD Kapital et la banque Otkrytie… tombée dans l’escarcelle de l'État l’année dernière. Depuis la construction du nouveau stade (financée par le propriétaire du club et vice-président de Lukoil, Leonid Fedoun), le club attire un nombre record d’annonceurs lors de ses matchs à domicile. Toutefois, ses revenus annuels, qui s’élèvent à environ 40 millions d'euros, sont loin de couvrir ses dépenses (une soixantaine de millions d’euros), majoritairement liées aux transferts, aux salaires et aux primes de résultats versées aux joueurs. La différence est comblée par Leonid Fedoun.Tous les clubs russes ne peuvent pas compter sur de généreux mécènes.

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Sergueï Kabatski

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