Telegram, décryptage à la carte

L’application de messagerie cryptée Telegram, officiellement bloquée en Russie depuis le mois d’avril dernier pour avoir refusé de transmettre aux services de sécurité (FSB) les clés permettant de déchiffrer les conversations de ses utilisateurs, vient d’adopter une nouvelle politique de confidentialité. Le service accepte de coopérer avec les services spéciaux mais, pour l’instant, seulement avec ceux des pays européens.

La décision de justice bloquant Telegram en Russie pour avoir refusé de fournir au FSB les clés permettant de lire les messages de ses utilisateurs date du 16 avril dernier. Or, aujourd’hui, près de cinq mois plus tard, l’application continue de résister vaillamment : elle reste largement utilisée dans le pays, malgré quelques perturbations.

Le 28 août, l’affaire connaît un nouveau rebondissement. Le site d’information IT Code Dourov révèle que Telegram, selon une nouvelle politique de confidentialité, pourrait, dans certains cas, accepter de fournir les adresses IP et les numéros de téléphone mobile de certains de ses utilisateurs aux autorités des pays qui les réclament. L’annonce ébranle la Toile russophone, et les médias russes multiplient les gros titres affirmant que Telegram « collabore » avec les services spéciaux.

Nouvelle politique de confidentialité

Lue en diagonale, la nouvelle peut en effet donner l’impression que le fondateur de la messagerie, Pavel Dourov, a finalement fait des concessions dans le conflit qui l’opposait au FSB.

En réalité, la « nouvelle politique de confidentialité » de Telegram ne concerne que les pays européens. La messagerie a en effet annoncé elle-même, dès la mi-août, son intention de se conformer au Règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur fin mai dans toute l’Union européenne. Ces nouvelles normes s’appliquent à toute entreprise qui stocke, […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

La Russie se rue vers l’or

Depuis dix ans, la Russie augmente ses réserves d’or. La dynamique s’est même accélérée ces derniers mois. Au troisième trimestre 2018, la Banque centrale russe était le premier acheteur du métal jaune au monde. Selon les calculs du Conseil mondial de l’or (WGC), la Russie a réalisé une acquisition record de 92,2 tonnes de métal précieux entre juin et septembre 2018 (une hausse de 50 % par rapport au troisième trimestre 2017). C’est presque trois fois plus que les investissements cumulés des deux autres acteurs majeurs du marché, la Turquie (18,5 t) et le Kazakhstan (14,4 t). Surtout, l’autorité monétaire russe pèse plus de la moitié des achats d’or effectués, sur la même période, par les banques centrales du monde entier (148,4 t). Grâce à ces acquisitions, les réserves d’or de Moscou dépassent les 2 000 tonnes pour la première fois de leur histoire (statistiques débutées en 1993). Elles représentent 17 % des réserves mondiales, pour une valeur supérieure à 78 milliards de dollars. Contrairement aux autres actifs libellés en devises ou aux titres en dépôt à l’étranger, l’or ne peut pas être gelé ni saisi. Surtout s’il est conservé en sécurité sur le sol national. Ces chiffres placent le pays au cinquième rang des détenteurs de métal jaune, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 novembre 2018
Économie

Le train du Grand Nord

Le train du Grand Nord est un projet de ligne ferroviaire qui, en traversant la péninsule de Iamal, relie l’Arctique russe au reste du pays. Évoquée dès les premières années de l’URSS, l’idée de construire un équivalent du Transsibérien dans l’extrême Nord avait finalement été abandonnée, pour ne resurgir qu’au début des années 2000. Et le Kremlin s’est lancé tout récemment dans la réalisation concrète de ce vieux rêve, à la conquête du royaume du permafrost. En août 2018, le Premier ministre Dmitri Medvedev annonce la signature d’un contrat de concession entre l’Agence fédérale russe chargée du transport ferroviaire, Rosjeldor, et la société SCK, créée pour l’occasion, portant sur la construction du tronçon central de la ligne ferroviaire Obskaïa-Salekhard-Nadym, dans la péninsule de Iamal. Aujourd’hui, la concurrence fait rage entre les investisseurs potentiels. Il est vrai que la proposition est alléchante : aux termes de cet accord, le concessionnaire pourra exploiter la ligne jusqu’en 2052, à des conditions extrêmement avantageuses, notamment sans avoir à payer de taxes à l’État. « Les banques publiques se battent pour un nouveau mégaprojet », « Gazprom et les chemins de fer russes pourraient construire la ligne ferroviaire la plus septentrionale du monde », « La Route morte reprend vie dans le Grand Nord russe », annonçaient récemment les grands journaux russes. Relier l’Oural à l’Arctique Les températures très froides qui règnent toute l’année dans l’extrême Nord de la Russie y rendent les grands projets de construction incomparablement plus complexes et plus coûteux qu’ailleurs. L’objectif n° 1 du Train du Grand Nord est justement de développer les infrastructures de transport dans l’Arctique russe. Un défi très ambitieux, inscrit depuis 2008 dans la Stratégie étatique de développement du transport ferroviaire en Russie à l’horizon 2030. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 novembre 2018
Société

Les Russes de plus en plus impliqués dans la vie politique et sociale de leur pays

Cette année, les conclusions du sondage « Responsabilité et influence », publiées le 31 octobre par le centre analytique Levada (la principale ONG russe indépendante de recherches sociologiques) réservent quelques surprises. Des citoyens plus responsables de ce qui se passe dans leur pays, plus impliqués dans leur quotidien : le cliché de Russes fatalistes et désabusés semble avoir fait long feu. Dans le détail, 28 % des personnes interrogées se sentent responsables de ce qui se passe en Russie, contre 9 % en 2007. Elles sont 32 % à se sentir concernées par la vie de leur ville (14 % l’année dernière). Quoique faible (10 %), la part des Russes qui se disent confiants dans leur capacité à influer sur la situation du pays a doublé en un an. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2018