Le Courrier de Russie

Forbes Russie : Un rachat à quel prix politique ?

L’édition russe du magazine Forbes ‒ dont la rédaction est plongée dans la tourmente depuis quelques mois ‒ vient d’être rachetée. L’acquéreur, l’homme d’affaires Magomed Moussaïev, est originaire de la république du Daghestan, un des « sujets » les plus pauvres de la Fédération de Russie, également considéré comme l’un de ceux où la corruption règne en maître…

Depuis quelques mois, les ennuis pleuvent sur l’édition russe de Forbes : renvoi du rédacteur en chef Nikolaï Ouskov, poursuites engagées par l’imprimeur contre le magazine pour impayés, articles censurés, salaires non versés et, pour couronner le tout, dépôt d’une plainte de plusieurs journalistes contre le propriétaire, Alexandre Fedotov, pour « pressions exercées sur la rédaction ».
Face à cette série de scandales, le groupe américain Forbes Media LLC, propriétaire de la marque Forbes, risquait de refuser de renouveler la licence de l’édition russe, qui arrive à échéance en 2019. Cette licence ‒ qui permet aux diverses éditions mondiales d’utiliser la marque ‒ est en effet soumise au respect de toute une série de critères garantissant, notamment, l’indépendance de la rédaction.

« Le monde des médias russes n’excluait pas le rachat de la prestigieuse revue d’affaires. Il s’attendait à tous les candidats, sauf au gendre de l’ex-président du Daghestan. »

Ainsi, l’avenir s’annonçait sombre pour le magazine, qui constitue depuis près de quinze ans LE media économique de référence en Russie. Mais, le 29 août dernier, l’affaire prend un tournant inattendu : « Forbes Russie est racheté par Magomed Moussaïev », annonce le quotidien économique RBC. L’information fait l’effet d’une bombe : si le monde des médias russes n’excluait pas le rachat de la prestigieuse revue d’affaires, il s’attendait à tous les candidats, sauf au gendre de l’ex-président du Daghestan.

Un sauveur au CV étonnant…

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