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Vacances russes

En Russie, le mois d’août est, comme en France, celui qui enregistre le plus de départs en vacances. Malgré le marasme économique dans lequel est plongé le pays suite aux sanctions américaines et à la chute du rouble, les Russes n’économisent pas sur leurs congés estivaux et sont même prêts, cette année, à augmenter leur budget de vacances.

Selon un sondage mené au mois de mai par le Centre russe d’étude de l’opinion publique (VTsIOM), chaque Russe dépensera cette année plus de 44 000 roubles (environ 580 euros) pour ses vacances, soit une augmentation de 11 % par rapport à l’an dernier.

Andreï, originaire de Kline, ville de la région de Moscou connue pour la datcha qu’y possédait le compositeur Piotr Tchaïkovski, est l’un d’eux : il dit avoir dépensé « seulement 45 000 roubles » (590 euros) pour une semaine de vacances à la mer pour quatre personnes. « Je suis ravi. Je n’avais jamais été à la mer ! », explique l’entrepreneur dans le BTP, âgé de la quarantaine.

Pour cette somme peu élevée, Andreï a pu se reposer avec sa mère et ses deux filles à Ieïsk, station balnéaire située dans la région de Krasnodar, au sud de la Russie. Afin d’économiser sur les trajets, il a pris sa voiture et roulé pendant 14 heures jusqu’à Ieïsk en ne s’arrêtant qu’une fois pour dormir. La famille a loué un logement sur place auprès d’un particulier.

« Les citoyens soviétiques n’avaient pas le choix : il leur était interdit, à l’époque, de voyager dans des pays exotiques ou en Europe occidentale. »

À l’époque soviétique, où partir en vacances consistait généralement à séjourner une ou deux semaines dans une maison de repos d’État ou dans un centre de vacances grâce à des bons de séjour octroyés par les syndicats et les entreprises, nombreux étaient ceux qui, tel Andreï, passaient leurs congés à la mer où ils louaient une chambre chez l’habitant, ce qui leur avait valu le surnom de « sauvages ».

Ceux qui possédaient déjà une voiture la prenaient souvent pour aller dans le Sud du pays. Le trajet était long (les autoroutes telles qu’on les connaît aujourd’hui n’existaient pas en URSS), laborieux (les infrastructures touristiques étaient absentes, surtout à l’écart des grandes villes), mais sûr (la criminalité était plus faible en Union soviétique qu’en Russie). Quoi qu’il en soit, […]

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Alexandre Braterski

Dernières nouvelles de la Russie

International

Les îles Kouriles, éternelle monnaie d’échange

Certes, Vladimir Poutine n’a pas rencontré Donald Trump à l’occasion du dernier sommet du G20, qui vient de s’achever à Buenos Aires. En revanche, il est parvenu à s’entendre avec le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, pour progresser sur la signature d’un traité de paix entre les deux pays – jamais conclu, formellement, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale –, donc, sur la résolution du litige qui les oppose quant à la souveraineté des îles Kouriles du Sud. Manifestement, MM. Poutine et Abe s’apprécient. Ils se sont déjà rencontrés à vingt-quatre reprises et semblent partager une franche amitié. Cependant, ces derniers temps, ils ne peuvent se croiser sans faire la une des grands médias. Il faut dire que les deux dirigeants ont décidé de parvenir à signer – enfin – un traité de paix russo-japonais. En effet, bien que les deux pays soient unis par des liens solides, que la Russie possède une ambassade à Tokyo et le Japon, une représentation dans la capitale russe, la fin de la guerre de 1945 n’a jamais été fixée entre eux de jure. À l’époque, c’est Staline qui refuse de signer la paix, exigeant des concessions territoriales. Aujourd’hui, les exigences viennent de Tokyo. Le litige, jamais réglé, porte sur quatre îles du sud de la chaîne des Kouriles : Itouroup, Kounachir, Chikotan et Khabomaï. Tokyo n’a jamais voulu reconnaître la souveraineté soviétique ‒ une position partagée par toutes les couches de la société nippone, des libéraux aux communistes. Pour tout dire, la souveraineté du petit archipel des Kouriles faisait déjà l’objet d’un contentieux entre les deux empires il y a siècle et demi. Mais en 1855, le tsar, par la signature d’un traité d’amitié russo-japonais, avait fini par les céder à son voisin pour de longues années. Après la Seconde Guerre mondiale et la capitulation du Japon impérial face à l’URSS et aux États-Unis, alors alliés, ces îles – d’une superficie totale équivalente à celle de l’État du Qatar – repassent sous juridiction soviétique, rattachées à la région de l’île de Sakhaline (qui inspira à Anton Tchekhov un célèbre récit de voyage). Tokyo n’a, toutefois, jamais voulu reconnaître la souveraineté soviétique ‒ une position partagée par toutes les couches de la société nippone, des libéraux aux communistes. L’occasion manquée de 1956 Les choses bougent en 1956, avec l’arrivée de Nikita Khrouchtchev à la tête du Parti communiste d’URSS et sa politique de « Dégel », qui s’étend aussi aux relations internationales. Le successeur de Staline entame un dialogue avec le Japon sur la conclusion d’un traité de paix ; […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 décembre 2018
International

Moscou-New Delhi, une vieille histoire d’armes

En marge de la visite de Vladimir Poutine en Inde, la semaine dernière, un vaste contrat d’armement a été signé entre Moscou et Delhi, concluant plusieurs années de négociations : l’Inde recevra cinq systèmes de défense anti-aérienne S-400. Une transaction de 5 milliards de dollars. Le moment restera gravé dans les mémoires : le président russe Vladimir Poutine sort de sa luxueuse limousine noire et tombe dans les bras du Premier ministre indien, Narendra Modi. Une chaleureuse accolade qui n’est pas sans rappeler les relations d’amitié qu’entretenaient les dirigeants de l’URSS avec leurs homologues indiens, dans les années 1970. À l’époque, l’Inde, leader du mouvement des non-alignés, était dirigée par la charismatique Indira Gandhi. La Russie y construisait des usines ou bien participait à la mise sur pied de son industrie pharmaceutique. L’Inde, de son côté, vendait à l’URSS des médicaments, et confectionnait des jeans Milton et Avi pour les jeunes soviétiques, qui ne pouvaient pas se payer les Levi’s américains. C’est de cette époque dorée que date le slogan « Hindi-Roussi bhaï bhaï » (Indiens et Russes sont frères). Proclamée par Nikita Khrouchtchev lors d’un meeting à Bangalore en 1955, la phrase est, depuis, régulièrement reprise dans la communication officielle des deux pays. Et si la grande amitié indo-soviétique appartient désormais au passé, on parle aujourd’hui, à Delhi, du « partenariat stratégique » avec la Russie. « La vente des S-400 peut être considérée comme une tentative russe de devenir le premier fournisseur d’armes de l’Inde, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 octobre 2018
Politique

Une jeunesse sacrifiée : Au nom de quoi a-t-on brûlé la « Maison Blanche » ?

En ce mois d’octobre 2018, la Russie commémore le 25e anniversaire de la plus grave crise constitutionnelle de son histoire. En octobre 1993, l’opposition entre Boris Eltsine et le parlement dégénère en un conflit armé dans les rues de Moscou, qui fait plus de cent morts en quelques jours. La violence culmine lorsque le président russe ordonne à l’armée de faire feu sur le siège flambant neuf du parlement, connu sous le surnom de « Maison Blanche ». De nombreux représentants des deux camps s’accordent aujourd’hui à dire que, derrière les oppositions idéologiques, les ambitions personnelles des uns et des autres ont joué pour beaucoup dans ce déchaînement de violence. Alexandre Braterski, jeune reporter à l’époque, a assisté à ces événements tragiques. Il s’interroge, pour Gazeta.ru, sur les enseignements que nous devons en tirer. Il y a quelques années, une collègue, plus jeune que moi, est arrivée à la rédaction, vêtue d’un T-shirt représentant la « Maison Blanche » à demi-noire de suie, avec ces mots « Une jeunesse sacrifiée ». Je n’ai pas eu besoin de lui demander ce que cela signifiait, je le savais : c’est ma jeunesse à moi qui a été sacrifiée. J’avais dix-huit ans lorsque les chars de l’armée régulière russe ont tiré sur ce bâtiment, qui abritait alors le Congrès des députés du peuple, et aujourd’hui le gouvernement. Je me revois à l’époque, journaliste débutant, courant comme un fou dans tout Moscou afin d’informer l’agence pour laquelle je travaillais des événements qui étaient en train de se dérouler. Je l’en ai informée, mais je ne les comprenais pas moi-même. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : RIAN5 octobre 2018
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